‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 67 sur 83 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

cane demeurera encore longtemps le culte établi de Fïrlande. La constitution britannique, dirent-ils, dont le principe fondamental est anglican, cesserait d'être, si FÉglise d'Irlande était abolie. Lps rois d'Angleterre , dont le droit à la couronne est un droit protestant, ne pourraient détruire en Irlande la suprématie de l'Église sans manquer k Içur propre serment. Enfin, les catholiques irlandais eux-mêmes, qui, en 1829, ont reçu l'émancipation parlementaire sous là condition de respecter l'Église et son étabKssement, se montrent parjures lorsqu'ils en demandent la. ruine.

On se trompe étrangement sî l'on pense qije les puissances qui travaillent en' Irlande au renversement de l'Église anglicane s'arrêteront devant de pareils obstacles. Lacon^itution anglaise s'opposâtèlle à cette rtiine, je crois que l'Église d'Irlande n'en tomberait pas moins; mais il n'est pas vrai de dire que la constitution bpîlannique n'existe qu'à la condition du maintien^ en Irlande, de FÉglise anglicane. C'est uù des grands avantagés de cette constitution, que, n'étant point écrite, elle ne saurait jamais être violée: On peut ainsi, sans l'offensçr, faire dans les lois du pays tous' les (changements qu'exigent les opinions et les m'beuFS, Voilà comment YÉcosse a pu devenir presbytérienne, et le Canada demeurer catholique sous le sceptre de i'Angletert'e, sans que la constitution aifglaise ça reçut aucune atteinte. De pareils changements dans la constitution , loin de la détruire , sont peutêtre les seuls moyens de la conserver. Et çoihment s'arrêter aux r^roches ée parjure adressés aux ca-

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tholiques d'Irlande qui, ayant obtenu' des réformes sous la condition de s'en contenter, en demandent encore de nouvelles? Si les catholiques • d'Irlande ont, en 1829, promis de s'en Xexàv à tout jamais à l'émancipation parlementaire, ils ont certainement pris l'engagement le plus insensé qu'on puisse imaginer ; ce serait comme s'ils avaient jure au'ils ne lutteraient plus dès qu'ils auraient une 'arme de combat. Et les législateurs, qui, par nécessité et non

Î)ar justice, auraient accordé l'émancipation cathoique à une telle condition , n'auraient pas moins manqué de sens; car c'eût été comme s'ils avaient dit aux catholique^ d'Irlande : Vous êtes déjà tellement fqrt§ , que nous sommes obi jgés de vous cbncéder ce quq'nous ne vous qonnerions point librement; en conséquence, nous allons accroître votre puissance, à la condition que de ce joupvous renoncerez à en faire usage. Ces engagements, qit^il eût été aussi absurde d'offrir que dTaccepter, eussent-ils été raisonnables et sérieusement consentis, ce serait chimère que d'y chercher quelque réalité. Les serments que prête un, homme ont quelquefois de la, valieur; ceux qu'oij impose à un parti n'en ont jamais. * * " . •

Si rien ne peuÇ arrêter la réforme dé l'Église d'Irlande, la réforme de l'aristocratie irlandaise s'avance d'un pas non moins sûr.' Les membres de cette aristocratie sont toujours des étrangers en Irlande ; ils agissent comme au temps où'leô. fconquérants anglais n'avaient devant eux, en Ii4and|, qiie quelques hordes barbares; et cependant ils* se trouvent aujourd'hui e^ présence d'un peuple bien discipliné,

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