‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 120 sur 333 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

oser souverainement de l'élection d'un certain nombre de lembres de la chambre des communes : ce privilège était

leurs yeux une fortune sacrée, et les en priver serait une poliation. Voici comment on fit taire leurs plaintes : on stima arbitrairement que chaque bourg pourri représenîit, pour celui qui en était le possesseur, une somme de 5,000 livres sterling (575,000 francs), et cette somme fut remise comme indemnité à tous ceux qui, par l'effet de acte d'union, perdraient leurs privilèges politiques. L'enagement pris envers eux fut tenu, et le total de l'indemnité "éleva à ol ,000,000 de francs (1 ,260,000 livres serling) ».

Ainsi s'accompht, imposé par la violence, aidé par la coruplion, l'acte destructif du p;>rlement irlandais, non sans oulever en Irlande tout ce qu'il y restait de passions natioales et de sentiments patriotiques.

Lorsque, après le vote du parlement, le vice-roi, lord Casereagh, fit dans la chambre des communes la motion d'uage, tendante à obtenir l'expédition du bill dans la forme rdinaire : « Et moi, s'écrie un membre de la chambre W. O'Donnell), je demande que le Mil soit brûlé! — Oui, joute un autre membre (M. Tighe), et brûlé par la main du ourreau -î »

Quel a été l'effet constitutionnel et politique de Vacte d'union?

Rien n'est plus fréquent que de méconnaître le caractère éritable de cette mesure, et l'erreur vient de ce qu'on prête u mot d^union tantôt un sens purement moral, tantôt un ens politique trop étendu.

Si par union il fallait entendre l'accord, la sympathie de eux peuples auparavant divisé?:, on devrait reconnaître que e terme convient peu pour exprimer l'acte dont il s'agit;

* Graltan Speeclies, t. IV, 9. — V. aussi Gordon, t. II. '^ Graltan, Speeclies, t. IV, 57.

car jamais peut-être Tlrlande et TAnglelerre ne furent pluj hostiles l'une à l'autre qu'après l'union de 1800.

Ce serait aussi commettre une autre erreur que de croin que l'acte de 1800 a eu pour efft^t de confondre llrlandc avec l'Angleterre, d'en faire une province de celle-ci, soumise en tous points au même gouvernement, à la mêm< police et aux mêmes lois.

Avant l'acte d'union , l'Irlande avait ses institutions propres après l'union, elle les a conservées toutes, moins une seule

Eu s'adjoigiiant le royaume d'Irlande, l'Angleterre n'j point décrété qu'à l'avenir l'Irlande serait gouvernée par le lois et les principes de la constitution anglaise : elle n'a riei fait et ne pouvait rien faire de pareil. La constitution an glaise n'est point une Charte en cent articles, qu'on expé die en toute hâte à la nation qui a urgence d'un gouverne ment. Elle se compose surtout de coutumes, de traditions de mœurs et d'une multitude de statuts, souvent liés eux mêmes à la coutume dont on ne saurait les dégager, soi qu'ils aient pour objet de la combattre, soit qu'ils lui vien nent en aide. Or, si on peut prescrire à un peuple l'obser vance d'une loi, on ne lui enjoint pas une coutume; un coutume est un fait complexe, le résultat de mille fait précédents; c'est une expérience répétée si souvent, qu d'usage elle devient loi; elle se consacre, mais ne s'impos pas, et fl^t-il possible d'en transporter les prescription chez un peuple où elle n'est point née, on ne pourrait lui e transmettre l'esprit. Qu'a donc fait l'Angleterre quand ell a proclamé l'union de l'Irlande? elle a déclaré qu'à l'aveni toutes les lois nécessaires aux deux pays seraient faites pa un parlement commun, où chacun enverrait ses représen tanls; mais, en disposant pour l'avenir, elle a laissée intac le passé; et l'Irlande, unie à l'Angleterre, est demeurée e possession de ses coutumes et de ses lois, hors celle qi lui attribuait un parlement spécial*.

* Ce sont les termes exprès de l'article 8 de l'acte d'union : — « Toute

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