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glicane comme culte dominant constitue un signe incessant de prosélytisme et une cause permanente d'agitation. ^ Voilà ce qu'il faudrait que TAngleterre vît d'abord et re-^ connût. Toutes les difficultés ne seraient pour cela résolues,! mais elles pourraient l'être; l'obstacle qui rend leur solu-s tion impossible ou inefficace serait écarté.
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COMMENT l/lRLANDR, ENCORE MALHEUREUSE ET AGITÉE, EST CEPENDANT EN PROGRÈS
Malgré les maux dont l'Irlande souffre encore et lesl ferments d'agitation qu'elle renferme dans son sein, j'ose dire que l'Irlande est en progrès et qu'un meilleur avenir ■ paraît s'ouvrir devant elle : non l'avenir d'un peuple indé-i pendant de l'Angleterre et séparé d'elle, mais d'un peuploj uni à l'Angleterre, libre avec elle et par elle.
Il ne manque pas de gens en France qui croient qu'il suffirait d'une descente militaire en Irlande pour voir le drapeau de la verte Erinn se venir grouper autour du drapeau étranger, dont les Irlandais attendaient leur délivrance. J'ai dit ailleurs* qu'à mes yeux c'était là une pureillusion; je continue à le penser ; j'inclinerais plutôt à croire que la présence de l'étranger sur le sol de l'Irlande aurait pour première conséquence de rallier sous le sceptre britannique un grand nombre d'Irlandais aujourd'hui peu affectionnés à l'An-' gleterre. Mais, ce qui, en tout cas, me paraît hors dô|i doute, c'est que, si cette intervention se réalisait et réussissait, et si, par une rare destinée, le pays envahi, en
* Voir Appendice, à la siiilo du second volume.
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écliappanl à un lien politique, ne tombait pas sous le joug de son auxiliaire, l'Irlande, devenue maîtresse d'elle-nuMue, mais abandonnée à sa propre faiblesse et à ses divisions intérieures, aurait moins de chances d'un heureux avenir qu'elle n'en possède en demeurant une dépendance de l'empire britannique.
Il est vrai que l'union entre les deux pays n'a jamais été complète. La dissidence religieuse qui les divise n'est peutêtre pas ce qui s'oppose le plus à leur fusion. La grande cause de séparation, c'est l'orgueil : l'orgueil anglais, le même qui, il y a cinq ans, a révolté l'Inde contre la puissance anglaise. Les différences de culte engendrent la controverse qui irrite et la passion qui éclate. L'orgueil crée 1'^ ressentiment qui s'amasse, se cache et s'accumule. Depuis quelque temps cependant, on remarque chez les Anglais comme symptôme nouveau une disposition plus équitable envers l'Irlande, qui prouve sinon que l'Angleterre est devenue plus bienveillante de cœur envers elle, du moins «jue l'Irlande, par l'accroissement de ses lumières et de sa force, a acquis des droits à plus de respect. C'est là, à me^ yeux, un des premiers signes du progrès que je constate. Les haines de Tune ne cesseront qu'avec les mépris de l'autre.
Un nouvel indicje de ce progrès se trouve dans l'uniformité des sentiments et des principes qui désormais paraissent diriger tout ministère anglais dans l'administration de l'Irlande. La difficulté devient plus grande chaque jour d'apercevoir une différence notable entre le gouvernement des torys en Irlande et celui des whigs, entre la politique que suivait sir Robert Peel * et celle que pratique aujour-
* On sait l'accident fatal qui, en 1850, a privé l'Angleterre, je puis dii-e aussi l'Irlande, de cet éminent homme d'État. Son fils, qui, avec le même prénom, porte aussi le même titre, est en ce moment ministre secrétaire d'État pour l'Irlande. Collof,'ue des ministres wliigs, tels que lord John Ruisell, sir Connvall Lewis, lord Palmerston, etc., e:c., il croit suivre, et suit en effet la voie tracée par son illustre père.
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d'iiui lord John Russell. On peut prédire hardiment qu^jj toute administration qui ne serait pas hbérale et juste enverà l'frlande est désormais impossible en Angleterre. ■
S'il est vrai, d'ailleurs, comme on l'a montré plus haut, qu'en Irlande certaines améliorations soient plus apparentes que réelles, on doit dire aussi que quelques progrès sont en voie de s'accomplir dont l'effet encore peu visible n'est cependant pas douteux.
Parmi ces progrès, il n'en est peut-être pas qui méritelS plus notre examen que celui qu'accomplit en ce moment une institution nouvelle, destinée à opérer une nouvelle distribution de la propriété foncière en Irlande. Ceci est ui^ événement trop grave pour ne pas fixer un instant notr^ attention et celle du lecteur. >
Dans le cours du livre dont il donne ici une édition nou4 velle, l'auteur a dit le grand intérêt qu'il y aurait à ce qu^ l'Irlandais devînt propriétaire du soP; il a montré que lé principal obstacle se trouvait dans l'esprit aristocratique des lois qui, en Irlande, régissaient la transmission de Isl terre, et dans l'incertitude du titre de propriété qui, néj conférant que des droits litigieux, en rendait le commercé, à peu près impossible. . ';
On peut dire aujourd'hui que, grâce à la réforme quîj s'opère, cet obstacle n'existe plus, et que désormais la mu-j lation des propriétés devient aussi facile, aussi sûre et aussîj fréquente qu'elle était précaire et rare. |
Gomment, sous quelle forme s'accompht un changementj d'où naîtront de si graves conséquences? |
La pensée première de cette réforme, qui, mieux qu'une autre peut-être, va droit aux maux de l'Irlande, semblé, sortie de l'excès même de ses misères.
Le 25 janvier 1847, au moment où le parlement anglais,; écho du sentiment public en Angleterre et dans le mond(
* m» partie, di. iv.
SUR L'ETAT PRESENT DE L'IRLANDE. lv
entier, frémissait en quelque sorte sous l'impression des cris douloureux que la famine arrachait à l'Irlande, un membre du gouvernement, lord Jolm Russell, prononçait dans le parlement ces paroles graves :
« On estime qu'il y a en Irlande 4,600,000 acres de terres vaines qui seraient susceptibles d'être mises en culture. Nous vous proposons de consacrer un million sterling (25 millions de francs) à cet objet ; et nous demandons que si le propriétaire n'exécute pas lui-même les améliorations à faire sur sa terre, et s'il refuse de la vendre, le gouvernement ail le droit d'en prendre possession. Nous voudrions qu'après avoir été amendée, la terre fût divisée en lots d'une certaine étendue restreinte, soit de 25 à 50 acres, et que ces lots fussent vendus ou affermés à la condition d'être finalement mis en vente. J'avoue que j'attends de grands avantages de l'exécution de ce plan, si vous l'adoptez. Je crois qu'un grand nombre d'individus qui jusqu'ici ont été précipités dans le désespoir, et quelques-uns dans le crime par l'extrême concurrence dont la terre est l'objet, pourront trouver dans ces nouvelles possessions (holdings) les moyens d'existence qui leur manquaient. Je crois que nous parviendrons ainsi à créer une classe de petits propriétaires qui, par leur travail et leur indépendance, formeront comme une ère nouvelle dans la condition sociale et future de l'Irlande*. »
Lord John Russell annonçait par ces paroles deux cho^ ses : d'abord l'intention du gouvernement anglais de créer en Irlande une classe de petits propriétaires : c'était le but à atteindre ; puis l'expropriation pour cause d'utilité pubHque des propriétaires irlandais : c'était le moyen, moyen tout révolutionnaire, dont la proposition faite au sein d'une assemblée de riches propriétaires anglais, atteste dans quel
* Hansard, Débals parlementaires, cliamlire des communes, 1847, p. 426.