‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 195 sur 333 · V. Thom's dictionary, p. C, note de la 7« édition · texte numérisé non relu

V. Thom's dictionary, p. C, note de la 7« édition

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(1) Vicaires ou suppléants appelés curâtes, autrement dit le clergé iccupé [the working clergy), par opposition, aux ministres titulaires, Jont les emplois sont des sinécures.

(2) Pour juger les revenus exacts de l'Église, V. Statistical account ie M. Culloch, t. II, p. 434. — Ecclesiastical commission, first report 1855, p. 7, 45 et 212. — Second report on tithes Ireland, 1852. Lords. Srilfith, p. 15-150. — Toutes les fois qu'on veut indiquer l'enquête in- :itulée Ecclesiastical revenue and Patronage in Ireland^ on ne la désigne que sous le nom d' ecclesiastical commission.

(5) A Glebe-House.

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(1) Ces 19,942,755 fr. l'ont aidée à construire, depuis 4800 jusqu'à :e jour, quatre cent soixante-quatorze églises, et quatre cent quatrevingts presbytères. V. Ecclesiastical commission, troisième et quatrième rapport, 1836 et 4837.

[2) Sou revenu exact est de '520,555 livres sterling, ou u 8,168,491 fr., etc.

(5) 510,104 francs, ou 12,159 livres sterling. — Ibid. Voir aus enquête des lords sur les dîmes, tithes 1832, t. II, p. 60, Blake.

(4) 14,494 liv. st., c'est-à-dire 509,597 fr.

(5) 3,710 liv. st., ou 94,60ê fr.

(6) Inglis, 1. 1, p. 112. — A Journey throughout Ireland in 1854 (7j 0,508 liv. st., ou 161,164 fr.

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1] .\ vTai dire, ils sont moins de cinq sur cent. Le chiffre exac de quatre et demi sur cent ; ils ne sont que trois et demi sur cen dans la province de Tuam; dans les trois diocèses d'Emly, de Kille nora et de Kilmaduac, les protestants anglicans forment moins de deu: sur cent. V. First report of the commissioners of public instruction 1855. >

Note de la septième éditton (1862). — On peut par le tableau suivant qui montre le revenu afférent aujourd'hui à chacun des archevê ques et évoques protestants d'Irlande, juger que ces levenus sont toujours énormes malgré la réduction qu'ils ont subie en vertu de la lo de 1855. J'emprunte ce tableau au dictionnaire de Tom, 1801 [Statistics of Ireland. p. 670) :

L'arclicvêque d'Armagli. . U,634 liv. st. 574,000 fr.

L'évoque de Mealh. . . . 2,644 05.000

L'évêque de Darry. . . . 9,892 155,000

L'évèque de Down. , . . . 5,017 95,000

L'évêque de Kilmnre. . . 5,748 155,000

L'archevêque de Tuam. . 2,742 99,000

L'arclievèque de Dublin. . 7,036 194,000

L'évêque dOssory 5,874 98,000

L'évêque de Cas^hel. . . . 4.691 119.000

L'évêque de Cork 2,510 fiS.OllO

L'évêque de Killaloe. . . 5,510 84,000

L'évêque de Limerick. . . 3.987 101,000

Total. . . (15,000 liv. st. 1 ,600.000 fr. Moyenne pour chacun. . . 5,250 155,000

En 1858 la dîme a été abolie, en ce sens qu'elle n'est plus perçue ei nature pai' le clergé anglican ; mais cer clergé a conservé son droit dont la lorme seule a changé, et s'exerce au moyen d'un impôt dan; lequel la dîme a été convertie sous le nom de tithe rent charge. U montant de cet impôt, qui se paye à diverses personnes ecclésiastiques toutes protestantes, évoques, doyens, chapitres, titulaires de bénéfices, etc., s'élève à la somme de 401 ,000 liv. sterl.. 10,225,000 fr.

Lu conséquence de la loi de 1835, les archevêchés de Cashel et de Tuam ont été converMs en simples évêchés ; plusieurs évêchés ont été

supprimés, ainsi que beaucoup de bënétices dont les tulélaircs n'avaient . absolument rien à faire. Les propriétés appartenant aux sièges et aux bénéfices abolis ont été confiées à une commission ecclésiastique, qui les met en vent«\ et au moyen du prix qu'elle en retire a formé un tond dont elle emploie l'intérêt à la réparation des églises et à l'érection de nouveaux temples protestants.. On estime que le produit total de ces ventes, quand elles seront toutes accomplies, sera de 1,200,000 liv, st. (50 millions de francs). Par l'effet de cette réforme, l'Église anglicane d'Irlande a moins de dignitaires et de sinécures. Mais en somme elle est plus riche, et son culte est mieux doté qu'il ne l'a jamais été.

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(1) Justices of the peace ou magistrats. Il est vrai qu'après le coul'onnement de la reine Victoria, en 1858, beaucoup de ministres protestants d'Irlande, qui étaient investis de la commission de paix, n'ont point reçu l'institution nouvelle qui leur était nécessaire pour contiluicr leurs fonctions sous le nouveau règne, de sorte que le mal signalé ici a en partie disparu. Cependant quelques-uns d'entre eux ont été confirmés dans leur office de magistrats. Le cliilTre exact de ce qui en reste ne se trouve nulle part. Ce n'est pas le nombre qui importe le plus, le fait est bien moins grave que le principe.

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(1) Le premier acte de violence qui, en 1851, annonça la terrible rébellion contre la dîme, dont le mouvement dure encore de nos jours, fut en grande partie provoqué par la conduite d'un ecclésiasti(jue qui était aussi juge de paix, et qui s'était rendu odieux au peuple en cette double qualité. V. Enquête sur les dîmes, 1852. Tithes lords. 2« report, p. 78.

('2) Il est difficile de rien comprendre aux universités d'Angleterre, si d'abord l'on ne prend soin d'y distinguer deux choses : VUniversité proprement dite et les établissements appelés collèges, existants auprès d'elle, h' Université proprement dite date de plusieurs siècles : son objet originaire était d'offrir au public un enseignement général, sans distinction de classe, de religion, ni même de patrie. Elle était ouverte au monde entier. Cependant il se forma bientôt, à côté de l'Université, et tout à fait en dehors d'elle, des établissements particuliers, indépendants d'elle et dont elle n€ dépendait pas davantage. Ainsi, pour citer qtielques exemples, une personne bienfaisante, frappée des périls auxquels est exposée la jeunesse des écoles, abandonnée à elle-même au sein d'une grande ville, fonde un collège destint'- à recevoir un certain nombre d'étudiants, et confie aux gérants de ce collège le soin de faire un choix parmi les étudiants propres à y être admis. Une autre personne fonde un pareil établissement destiné, pour le présent et pour l'avenir, à rçccvoir tous les membres de ya famille. Une trd-

sièmc établit un collège de même nature, eu nicltaiit pour condition d'admission des élèves qu'ils soient nés dans son comté ou dans sa ville, etc. Tous les collèges existants auprès des universités auglaises ont eu une origine de ce genre. La fortune de ces établissements consiste, en général, en revenus de propriétés foncières, pour la possession et la transmission desquelles ils possèdent des chartes d'incorporation. Dans le principe, ces collèges n'avaient absolument rien de commun avec l'Université. Ils n'étaient, à viai dire, que des asiles de travail, dans lesquels les étudiants se tenaient à portée de la source de lumières à laquelle ils venaient puiser chaque jour, et où ils étaient soumis à une salutaire surveillance. Alors l'enseignement donné par l'Université était réellement le but des itudes et la cause de la présence des étudiants. Cependant les collèges sont devenus et sont encore aujourd'hui le principal, et l'Université n'esi plus que l'accessoire. Aujourd'hui l'enseignement est presque exclusivement dans les collèges, et l'Université se borne à conférer des degrés et des diplômes aux élèves que les collèges ont formés. C'est, à ce qu'il paraît, du règne de Henri VIII (jue date ce grand changement : il fut alors décidé que, pour être admis dans l'Université, il fallait d'abord être reçu dans l'un des collèges établis près d'elle. On voit tout de suite la portée d'un pareil décret; c'était substituer l'enseignement de quelques personnes à l'instruction de tous, et faire d'un établissement public de sa nature une institution privilégiée. Sous Elisabeth, l'œuvre de Henri "VIII fut complétée. Leicester, grand sénéchal de l'Université d'Oxford, établit expressément la règle que, pour être admis dans l'un des collèges, il faudrait appartenir à l'église anglicane, c'est-à-dire jurer les trente-neuf articles qui constituent les dogmes du culte angUcan. Ainsi, d'une part, il est décidé que, pour jouir de l'enseignement universitaire, il faut appartenir à l'un des collèges ; et de l'autre il est réglé que, pour entrer dans le collège, il faut être de la communion èpiscopale. Voilà comment un établissement destiné dans son principe à l'enseignement public n'exisie plus aujourd'hui que dans l'intérêt d'une classe et d'une secte. L'Université ayant passé dans les collèges, ce sont maintenant les collèges qui, de fait, distribuent l'instruclion aux étiidiants; et il n'y a pas d'autres, étudiants universitaires que les élèves de ces collèges. Ceci explique pourquoi les universités ont une infinité de chaires fondées depuis des siècles, et maintenant vacantes. Les titulaires existent bien, dotés de fort beaux traitements ; mais ils ne professent pas. Chaque collège a ses professeurs qui font leurs cours pour leurs élèves; l'Université n'a plus de cours, parce que ses professeurs n'ont plus de public. De là naissent forcément les sinécures dont le nombre dépasse toute croyance. L'Université ne conserve qu'une seule attribution intacte : c'est celle de conférer des grades. Elle ne donne pas l'instruction, elle la constate. Elle fait subir les examens. Elle exerce en réalité un pouvoir gouvernemental, en vérifiant la capacité de ceux qui rempliront un jour

dans la sociôlc des fonctions civiles et religieuses. H faudrait de plus longs dcveloppemenis (jue ne comporte la brièveté de cette note pour bien expliquer la nature des universités anglaises, le mode de leur administration, leurs privilèges, les rapports nuituels des collèges et de l'Université même, etc. L'aulenr a voulu seulement présenter quelques faits principaux et quelques idées générales propres à aider le lecteur dans l'intelligence de lune des institutions les plus compliquées de l'Angleterre.

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(1) Ceci ne doit pas être pris dans un sens absolu. Ainsi, par exemple, on [)eut à la rigueur, même en Angleterre, entrer au barreau sans avoir été dans une université, mais alors on est sujet à des conditions d'admission plus sévères. Ainsi, ceux qui ont été élevés dans les universités peuvent, au bout de trois ans passés à l'école de droit, obtenir leur diplôme d'avocat, tandisique pour tous autres, il en faut cinq. Il est vrai que cette condition est assez souvent éludée à. l'aide de moyens qu'il serait trop long d'expliquer ; mais,, alors même que le privilège des universités disparait de fait, il subsiste toujours en principe.

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(1) Les universités anglaises n'ont pas, dans le parlement, de plus intrépide et de plus constant adversaire que lord Kadnor, qui s'attache chaque année à signaler tout ce qu'il y a d'injuste dans leur monopole, et d'abus criants dans leur organisation actuelle. Ceux (pii voudraient approfondir ce sujet peuvent consulter une brochure publiée il y a deux ans en Angleterre, sous le titre suivant : Historical accouut ofthe University of Cambridge and Us collèges; in a lettcr lo the earl of Radnor; by Benjamin Dawn AValsli. M. A Ridgeivay. London, 1837.

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(1) Leland, t. II, p. 325 et 457.

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(1) Il y a cdnt trente -trois ofliccs qui dépendent directement d'elle, et dont elle nomme les titulaires.

* (2) Charter schools. Fondées en 1735 sous le titre de schools for the éducation of the popish and other poornatives. V. Education inquiry, 1825 First report, p. 5. — Ces écoles n'avaient en réalité d'autre objet en vue que la conversion des catholiques au protestantisme .c'est ce qui résulte assez clairement de la correspondance du primat Boulter qui, peu de temps avant la fondation de ces établissements, écrit au duc de New-Castle : a Tbe number of papisis in ihis kingdom is so great, that it is of the utmost conséquence le the protestant inte-

rcst liei'cto bring tliein over by ail Christian mclhods to the C/iurc/i of Ireland. » (Boulter's letters, t. II, p. H.) Du reste, l'esprit de prosélytisme de ces écoles était patent, puisque c'était une des règles de rinstitution que tout enfant, garçon ou fille, élevé dans l'école, recevait en mariage une dot de 5 Hv. st., pourvu qu'il épousât un protestant. (V. Irish éducation inquiry. First report, p. 15/ Ces écoles Jie trouvèrent toutefois aucune sympathie parnu la })auvre population d'Irlande. En 4769, c'est-à-dire près de quarante ans après leur fondation, il en existait cinquante-deux, dans lesquelles il ne se trouvait que 2,100 élèves (Y. id., p. 0). Ceux qui les dirigeaient ne négligèrent cependant pas les moyens extraordinaires de succès. Le peu d'enfants (|ui vêtaient reçus et dont on s'efforçait de faire des protestants, avaient coul.unie de retourner -à la foi catholique dès qu'ils rentraient dans leurs familles. Pour affaiblir cette influence funeste des père et mère sur leurs enfants, l'établissement prit le parti de séparer entièrement, pendant tout le cours de leur éducation, les enfants de leurs familles; de sorte que les élèves n'avaient, pendant des années, ni père, ni mère, ni Irère, ni sœur. Cependant, en dépit de ces expédients, les résultats obtenus furent à peu près nuls. Depuis 1735 jusqu'en 1824, c'est-à-dire en quatie-vingt-di» ans, il n'est sorti de ces écoles que 12,745 enfants; et encore, sur ces 12,745 enfants élevés dans ces écoles, combien peul-on en compter qui y aient reçu l'instruction qu'on leur destinait?— Il est certain que, de 1805 à 1814, c'està-dire en onze* années, sur 2,519 élèves, 808 se sont évadés [Id.). Il est constaté aussi qu'en quatre-vingt-dix ans, 1,155 enfants seulement ont reçu la dot de 5 liv. st., pour avoir, en sortant de l'école, fait un mariage protestant [Id., p. 5J)). Cependant l'établissement a, pendant ces quatre-vingt-dix ans, coûté 35 millions de francs (1,012,100 liv. st.); d'où il résulte que l'éducation de 7,905 enfants a coûté tout juste 25 millions de fr. (1 million st.). Il paraît bien certain que, peu de temps après leur institution, ces écoles, fondées sous l'influence d'une passion religieuse, ont été exploitées uniquement par l'intérêt particulier. Les préposés à ces écoles ont vu dans les enfants confiés à leurs soins, non des élèves qu'il fallait instruire et élever, mais^dcs manœuvres dont ils pouvaient utiliser la force physique. En 1784, ces écoles lurent visitées par Howard, qui rend compte en ces termes de leur situation : « The children in gênerai, dit-il, vvere sickly, pale, and such misérable objects, that they were a disgrâce to ail Society; and tlieir reading had been uegiectedfor Ihe purpose ol making fhem work for the masters. » [Id., p. 7.)

Les abus existants dans ces écoles devinrent si scandaleux, qu'en 1820 quelques-unes sont abolies sur le fondement des fraudes et des malversations qui y abondent. En 1819, il est prouvé de nouveau que les midtres font travailler les enfants à leur profit [Id., p. 15 et 10). Les enfants y sont traités avec la plus insigne dureté; on les nourrit à peine [Id., p. 17); on les fouette jusqu'au sang [Id., p. 20). Aussi,

disent les commissaires de l'enquête de 1825, les enfants qui sortent de ces écoles font tout ce qu'ils peuvent pour que l'on n'en sache rien. C'est une honte éternelle que d'y avoir été élevé. (It is an opprobrium to hâve been educated in them; id., p, 27.) Le système des charter -schools a lait place en Irlande à un autre système, celui de Ja société de Kildare-Street, sur lequel la note suivante donne quelques détails.

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(1) On parle ici de la société d'éducation de Kildare-Street. — Le mauvais succès des charter-scltools avait prouvé le vice radical de l'institution. Ce vice, c'était l'esprit de prosélytisme qui l'animait et éloignait nécessairement d'elle une population profondément catiiolique. Ce qu'il y avait de défectueux dans l'institution commença à être compris par le gouvernement anglais vers l'an 1812. Cette année est le point de départ d'une véritable révolution dans le système du gouvernement, en ce qui concerne l'instruction publique en Irlande. On reconnaît qu'il faut abandonner le principe de prosélytisme, et qu'il ne peut exister d'écoles en Irlande que celles qui seront fondées sans aucun e;;prit de secte. (V, First report o!" tlie éducation inquiry, p. 38.; Le principe était bon; mais comment l'exécuter? On n'imagina point alors d'organiser un enseignement public, délini par rÉtat, établi sur teute la surlace du pays, et distribué au peuple par des agents du gouvernement central, nommés par celui-ci et dépendants de lui. On agit alors suivant les mœurs et les habitudes anglaises, et Ton confia à une administration particuhère le soin d'exécuter cette œuvre d'ordre public. Cette association, composée de protestants libéraux et de catholiques éclairés, tous charitables, tous animés d'un sincère amour pour le peuple, reçut du gouvernement le pouvoir d'administrer les propriétés qu'elle tenait de ses fondateurs, et d'ouvrir ses écoles aux enfants de toutes les sectes, sans exclusion d'aucun culte chrétien, et sans prédominance d'un culte sur un autre. [Id., p. 59.) Son succès fut d'abord très-giand. C'est en 1817 seulement qu'elle commença à exécuter le plan conçu cinq ans auparavant, et, en 182o, elle a 1,490 écoles organisées, et 100,000 élèves. En sept ans elle distribue 950,702 volumes aux élèves de ces écoles, (/d., p. 44.) Cependant, quelles que fussent les intentions de ceux qui dirigeaient ces écoles, il leur était bien difticile de ne pas témoigner une préférence pour leur propre culte. Or, quoiqu'il y eût (ies catholiques parmi les supérieurs et les instituteurs de ces établissements, la majorité en était protestante. Voici comment était 'jomposé le comité général : vingt et un protestants anglicans, quatre quakers, deux presbytériens, deux catholiques, en tout vingt-neuf membres. (V. id., p. 48.) Sur huit vice-présidents, il y avait six protestants anglicans et deux catholiques; sur six inspecteurs, deux étaient catholiques et quatre protestants; enfin, dans l'école normale des instilu-

tein-s, su.* 840 sujets, 401 étaient prolestants anglicans, et 510 catholiques. [Id., p. 42.) On voit que les protestants dominaient dans ces écoles, au moins par le nombre. On est toutefois fondé à croire que, dans l'origine, ils ne tentèrent point d'exercer sur les enfants des écoles une influence contraire à l'esprit de l'institution, et deux faits principaux autorisent cette opinion; le premier est que le clergé catholique fut d'abord favorable à ces écoles; le second, c'est que les grands dignitaires de l'Église anglicane en Irlande s'y montrèrent plutôt opposés. {Id., p. 49.) Cependant, soit changement involontaire dans leurs procédés, soit préjugé de la population catholique, celleci linit par croire que des établissements dans lesquels les protestants étaient numériqvement si supérieurs aux catholiques, ne pouvaient être exempts de prosélytisme religieux, et cette opinion, réelle ou imaginaire, fut suffisante pour vicier l'institution et porter les parents catholiques à en retirer leurs enfants. On verra plus loin quels moyens sont tentés aujourd'hui dans les écoles dites nationales, pour remédier à ces inconvénients.

(2) Loi du 15 août 1858.

(5) Rente foncière, Bent-charge.

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(1) Il y a moins d'un an, c'était encore devant la cour de l'évêque protestant (tlie bishop's court), que se jugeaient plusieurs difficultés

relatives au payement de la dîme; de sorte que,- pour avoir justice des exactions d'un ministre protestant, il fallait s'adresser à un autie ministre protestant. Il existe, à ce sujet, en Irlande, un proverbe populaire : « .\ttaquer un ecclésiastique en cour d'église, c'est aller en enfer pour plaider contre le diable. — To go into the ecclestial court to contend with a minister is going to law with the devil in a court held in hell. » — Lords Tithes, 1852, t. Il, p. 85.

(2) Ce sont les propres termes de la délibération d'un meeting tenu en 1851 dans Queen's County. — Resolved that the tilhe syslem is peculiarly obnoxious to the people of this country, being compelled to support in luxury and idleness a class of men from whom they reçoive nolhing b,ut their marked contempt and hatred.' — V. Lords Tithes 1852, t. II, p. 151.

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(1) Ce récit n'est point une fiction; on vient de raconter fidèlement ce- qui arriva en 1851 à Knoktopher, dans le comté de Kilkenny, au commencement de la rébellion dont la dîme fut la cause ou le prétexte. Les enquêtes officielles constatent une infinité de scènes semblables de violence, provoquées par les mêmes causes. Du reste, les laits arrivés en 1851 ne furent que la reproduction de ce qui était arrivé en 1755 et 178G, deux époques de soulèvement général contre

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la dîme. V. les enquêtes intitulées : State of Ireland, 1832. — First report. Titbes Gommons; 1852, p. 55 et 36. — Id., p. 21.

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(1) Tithes Gommons, 1852, p. 196. 1*' report, id., p. 213. — Titlies Lords, 2« report, p. 216. — Voir notamment ce que dit à ce sujet lord Stanley, dans la Chambre des communes, le 19 décembre 1851.

Page 327.

(1) V. Enquête sur les dîmes de 1832. 1" report Home ofCommonSt p. "3, 188, 192, 194, 197, 198, 202, 208, 215, 222.

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(1) Des menaces de mort adressées aux collecteurs de dîmes et à ceux qui les payeraient de bon gré ; des attentats meurtriers et incendiaires; des moissons ravagées et détruites, les prairies bêchées, le bétail mutilé ; en un mot, toutes les violences qui caractérisent le vvhiteLoysrae ont paru dans ks rébellions de 1786 et de 1831 ; faut-il en conclure que le whitebofisme a présidé à ces rébellions?

Il faut à cet égard distinguer entre 1786 et 1831 : en 1786, les insurrections populaires eurent deux causes principales, le taux élevé des fermages et la dîme; la population des campagnes soutirait une excessive misère, et les malheureux qui se révoltèrent contre le payement de la rente duo aux propriétaires, s'insurgèrent en même temps contre la dîme; mais le taux élevé des rentes était leur principa grief; ils n'attaquèrent la dîme qu'accessoirement; leur rébellion était plus sociale que religieuse, et tenait moins à la passion qu'à une détresse extrême; ils eussent été aussi ennemis de la dîme que de la renie, si la première eût été une charge égale à la seconde. Il n'y avait pas alors un rebelle qui ne fût ou White-Bojj ou Rockiste (soldat du capitaine Rock).

En 1831, au contraire, la révolte a eu tout d'abord la dîme pour objet, et ne s'est pas étendue au delà ; jamais elle ne s'est portée jusque sur le loyer des terres. Elle était sans doute favorisée par l'indigence des habitants; cependant elle n'en venait pas directement, et toutes les conditions et tous les rangs, toutes les classes, les plus riches habitants de l'Irlande comme les plus pauvres, étaient associes dan^ la rébellion. La révolte était plus politique que sociale, et plutôt in spirée par la passion que par la misère. Le Whiteboysrae qui, en 1786faisait toute la rébellion, n'en a été, en 1831, qu'un accessoire; la, p3pulation était en masse étrangère aux violentes pratiques des White-Boys; sa résistance était légale, pure d'excès et d'attentats sanguinaires; elle conspirait au grand jour, ouvertement et paisiblement, au lieu de s'entourer, comme les rebelles de 1786, de ténèbres, de

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