‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 205 sur 333 · CHAPITRE VI ou l'on expose comment, a l'aide des libertés accordées ou · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI ou l'on expose comment, a l'aide des libertés accordées ou

CONQUISES, l'iRLANDE A RÉSISTÉ A L'OPPRESSION

Les Irlandais, réduits sous le joug, avaient reçu de leurs maîtres trop d'instruments de défense pour ne pas connbattre l'oppression.

Que l'on étudie l'organisation politique de l'Irlande, dès les temps qui ont suivi la conquête jusqu'à nos jours, on y trouvera constamment presque toutes les formes et presque tous les principes d'un gouvernement libre.

Il y a sans doute plus d'un mensonge dans cette organisation libérale, au sein de laquelle on entend résonner les fers de la servitude. El pourtant serait-il juste de ne voir

dans toutes les lois constitutionnelles données à l'Irlande qu'une odieuse hypocrisie des législateurs? Non, sans doute. On a vu précédemment comment ces institutions libérales étaient sérieuses au moins pour tous les Anglais protestants établis en Irlande, et qui obtinrent de l'Angleterre des droits ((ue celle-ci ne pouvait leur refuser. Ce fut déjà un grand avantage pour les Irlandais tenus sous le joug d'avoir au milieu d'eux une société d'hommes libres; car c'est un des plus beaux caractères de là liberté qu'elle ne puisse être vue sans être aimée, et que, pour la vouloir, il suffise delaconnaître.

Ajoutons, pour être tout à fait équitables, que ces protestants, qui sans doute voulaient d'abord pour eux une constitution libérale, osaient à peine la refuser tout entière au peuple dont le gouvernement leur était confié, et qu'ils conféraient à ce peuple quelques garanties politiques dans le temps même où, à cause de son culte reHgieux, ils lui faisaient subir une persécution cruelle. Il se trouve plus de bonne foi qu'on ne pense dans cet assemblage de libertés écrites et d'oppression réelle.

C'est un phénomène bien digne d'observation, qu'au plus fort de sa tyrannie, l'Anglais ne se départ point de certains principes libres qui tiennent à ses mœurs, à ses habitudes, à ses préjugés même, et que ne détruit pas toujours la logique de son intérêt. Il porte, contre les cathoHques d'Irlande, des lois pénales dont rien n'égale l'iniquité ; mais, en attaquant le catholicisme, il croit combattre le pouvoir absolu ; et, en persécutant, il se persuade qu'il défend la sainte cause de la liberté. Soyez donc sûrs que la même loi qui frappera le catholique respectera l'homme, et que le citoyen conservera des droits quand le dissident rehgieux en sera dépouillé.

Les lois du protestant anglais placent le catholique d'Irlande dans une condition sociale inférieure ; mais c'est que l'Anglais ne considère nullement comme liées l'tme à l'aulre

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