‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 230 sur 333 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

nent, et en quelque lieu qu'on les rencontre, une classe noyenne. Dans un pays où n'existerait aucune aristocratie I privilèges, ils seraient naturellement la classe supérieure, ;t l'on devrait alors chercher la classe moyenne dans une îouche sociale intermédiaire entre eux et la masse du peu- )le. Dans une société même dont une aristocratie hérélitaire occupe le sommet, Ils peuvent, s'ils s'unissent étroiement avec celle-ci, s'identifier tellement avec elle, que )0ur trouver une classe moyenne il faille descendre aulessous d'eux. Voyez l'Angleterre, où l'aristocratie titrée ;t celle qui ne l'est pas se confondent, formant une classe lupérieure, à laquelle aspire et peut prétendre tout ce qui îst riche et puissant ; dans ce pays, le haut négoce et la )anque, à cause de leurs grandes fortunes, la médecine et e barreau, à cause de leurs privilèges, pactisent si intimenent avec l'aristocratie, qu'ils s'absorbent en elle, et, aidés )ar sa nature malléable, ne forment avec elle qu'un seul et nême corps. Aussi peut-on dire qu'en Angleterre la classe noyenne, à proprement parler, ne commence qu'aux ferniers, aux petits marchands, aux rentiers médiocres, pour inir aux électeurs à dix livres sterling. Telle n'était point a classe moyenne, en France, avant i789. Alors tout ce qui l'était pas noble étant de droit inférieure la noblesse, dont l existait des signes certains, les plus éminents dans le commerce, dans l'industrie et dans les professions libérales, ppartenaient forcément à la classe moyenne, c'est-à-dire

celle qui, n'étant pas le bas peuple, n'est pas non plus la lasse supérieure.

i Les conditions de la classe moyenne ne sont, en Irlande,

i ce qu'elles étaient en France avant 1789, ni ce qu'elles ont de nos jours en Angleterre. A la vérité, pendant tout ; temps que durèrent les incapacités civiles des calho-

ques, les hautes professions industrielles et libérales, étant ' peu près le monopole des prolestants, furent en Irlande

omme en Angleterre, et plus encore qu'en Angleterre,

associées à l'arislocratie, vers laquelle les attirait invinc blement la sympathie d'un même culte, source de leur communs privilèges. Alors il était vraiment impossible qu toul ce qui, en Irlande, était protestant, grands seigneurs commerçants ou avocats, ne formât pas une phalange un que et serrée en face des cathohques que révoltait le me nopole protestant de la richesse, non moins que le mono pôle protestant du pouvoir. Il pouvait bien y avoir encore de rangs divers parmi les protestants; mais, vis-à-vis des cathc liques, c'est-à-dire vis-à-vis du peuple, les protestant semblaient ne former qu'une seule classe, toute supérieure entre laquelle et le peuple il n'existait aucun intermédiair

Mais, le jour où, en Irlande, les professions industrielle et libérales deviennent également accessibles aux cathc liques aussi bien qu'aux protestants, la scène changeât pré sente deux aspects divers qu'il importe de ne pas perdr de vue. Quand elles sont exercées par des protestants, ce professions continuent à fournir leur tribut à l'aristocrati protestante, avec laquelle elles s'allient d'autant plus étroi toment, qu'elles se sentent plus ennemies des catholique devenus des rivaux d'industrie en même temps que des ci toy'iifis libres. Au contraire, occupées par des cathohques elles se donnent bien de garde d'approcher de cette aristo cratie, dont l'intérêt politique les sépare et la passion reH gieuse les éloigne. De sorte que du même élément socia jaillissent à la fois comme deux sources différentes coulan en sens opposés, dont l'une va se jeter dans le sein de l'aristocratie où elle se perd et disparait, tandis que l'autri possède un cours qui lui est propre, et le conserve entr» le peuple dont elle est sortie et la classe supérieure à la quelle elle ne peut se mêler. Cette seconde source est véri lablement celle de la classe moyenne en Irlande. C'est elli qui, lorsqu'en Irlande aucune classe moyenne n'apparaissai encore, en contenait le germe et travaillait à le développer

Ce n'est qu'en 1776 que l'industrie agricole a été rendu(

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