‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 24 sur 333 · SI · texte numérisé non relu

SI

ic"

i^ PI

1 ;sii

re

en

Sî

Z: ro aj

Cl"

•.ta

o îP,

i, ftj

•1 zï

Vovez la lenis pend

l/Anglelc

et ays de Ga

NOTES. Lxxiii

on Irlande DO sur 100 dans le dépôt de mendicité, ti moins de 4 sur 100 à domicile;

'2° En Angleterre 40 habitants sur 1,000 sont assistés; en Irlande moins de 8 sur 1,000.

En résumé l'iiabitant de l'Irlande est cinq fois moins secouru que lliabitant de l'Angleterre; le pauvre irlandais est vingt lois moins asi^islé à domicile que le pauvre anglais; et en même temps que moins de pauvres sont assistés en Irlande, et le sont moins bien, chacun d'eux coûte à ceux qui en (»nt la charge, c'est-à-dire aux propriétaires irlandais, presque le double de ce que coûte en Angleterre le pauvre secouru généreusement et efficacement.

Page xxxui.

(1) Déjà dajis sa dernière session (1862), le parlement a aboli l'une des restrictions les plus rigoureuses et les plus iniques m'ses à l'assistance des pauvres en Irlande. Cette restriction était celle qui excluait absolument de tout secours soit à domicile, soit dans le Workhouse, quico::quc en Irlande, même à titre de simple location occupait une terre excédant en étendue \e quart d'un acre (environ 12 à 15 ares). Malheureusement la chambre des lords, en sanctionnant cette réforme y a mis la condition : que pour recevoir le secoui^s en pareil cas, le pauvre irlandais devrait entrer au Workhouse. C'est retirer d'une main le bienfait qu'on accorde de l'autre. Quel est en eftet le petit cultivateur dont l'indigence ne sera pas accrue, si, pour obtenir une assistance passagère, il doit abandonner le champ dont la culture fait le fond de sa \ie? Et quelle indigence cependant mérite plus d'intérêt et de ménagement que celle du pauvre, qui gagne presque ce qu'il lui faut pour soutenir son existence, et a besoin seulement d'un complément ? quoi de plus brutal que le système qui n'accorde de secours qu'à la ruine absolue?

Mais la (piestion se représentera : et la réforme du quarler acre sera sans (Joule obtenue sans la condition qui l'aniiulle. Cette réforme, il est vrai, sera de peu de prix, si en même temps que la loi permet de secourir les pauvres à domicile, les commissaires n'usent pas de ce pouvoir. Aujourd'hui presque tous les secours qu'ils seraient autorisés à donner à domicile, ils ne les accordent que dans le Workhouse. Mais pour suivre une autre pratique, il leur suffirait den avoir la volonté, et leur mode de procéder serait certainement autre, si le pouvoir exécutif supérieur leur recommandait de le changer. Ce chani;einent peut seul convertir en un bienfait pour l'Irlande la loi des pauvres qui jusque-là n'y est qu'un'fléau.

l'AGE XXXI V.

(l) l*''^ avril 1862. — Attentat contre la vie du colonel Knox (comté de Tipperary). Frappé d'un coup de feu, (jui n'a pas été mortel; il est I. e

Lxxiv >;OTES.

allaqué en plein jour par deux assassins armés, en présence de yens du pays, qui, appelés par lui, ne viennent pas à son secuurs. Un jeunt paysan du lieu, nommé Bohan, qui n'avait contre le colonel Kno) aucun motif de ressentiment, est désigné cependant par celui-c; comme l'un de ses agresseurs. Bolian est acquitté par le jury, au milieu d'une explosion d'applaudissements de la foule impossibles i décrire.

'28 avril 1862. — Assassinat de M. Thiébaut (comté de Tipperary) 11 avait donné congé à un de ses fermiers qui ne payait pas son fermage. Quelques mois après il est frappé au grand jour sur sa propriété, llalloran, l'un des membres de la famille expulsée de sî ferme, poursuivi à raison.de ce crime est acquitté (24 juin). Il i.vail tenu ce propos : « Autant tuer un liomme que de le chasser de s;i terre. » Il n'avait d'ailleurs contre lui aucun témoignage qui méritât la confiance; son acquittement lui vaut une véritable ovatioi populaire.

A quelques jours de là (toujours dans le comté de Tipperary) , un vieil lardde soixante et dix ans, Michel Maguire, se promenant à huit heure; du matin sur sa terre de Ballynacluna est assassiné. Il avait expulse des fermiers. Poursuites inutiles contre l'auteur présumé Kennedy.

16 mai 1862. — Assassinat de M. Fitzgerald (dans le comté de Lime rick). Marié depuis quelques mois seulement, M. Fitzgerald était venu à Kilmaloch pour montrer à sa jeune femme ses propriétés, Au mois de mars dernier, il avait donné congé à l'un de ses fermiers. Deu> mois après, il est assassiné sous les yeux de sa femme, en plein soleii par deux hommes armés; Beckam, l'un d'eux, reconnu par elle (et n'était point le fermier), est condamné à mort et pendu. C'est le seul qu'en 1862 la justice ait atteint ; c'est le seul aussi, il faut le reconnaître, contre lequel le débat ait été de nature à amener une conviction.complète. Son cNéciition n'en est pas moins le sujet d'un véritable deuil dans tout le pays.

51 juillet 1862. — Assassinat de M. Braddle. Le nommé Hayes, fermiei du colonel llare, devait être renvoyé de sa ferme dans la huitaine. Soi agent, M. Braddle, vient à Tipperary et là, en plein midi, en présence de deux témoins, il est assassiné par Hayes qui décharge sur lu quatre coups de feu. En dépit des témoins qui sont là mais resteni muets, et malgré le bruit des détonations qui semblent n'attirer l'attention de personne, le coupable s'évade, se mêle à la foule, disparaît et nulle voix ne s'élève pour mettre la justice sur sa trace. On It croit embarqué pour l'Amérique.

l'A CE XXXV II.

(1) On peut juger du nombre de crimes commis en Irlande, et doi les auteurs demeurent inconnus, par les paroles que prononçait

NOTES. Lxxv

mois de juillet dernier (1862), loi's des dernières assises du comté de Tyrone-, le président le baron de Fitzgerald, en ouvrant la session :

a Depuis les dernières assises il n'y a eu (jue 19 crimes nouveaux, ce qui n'est pas un nombre considérable ; mais j'appelle votre attention sur ce fait, que dans 4 cas seulement sur 19, les poursuites ont abouti à une mise en jugement (havebe en amenable to justice).»

A la même époque, le président des assises du comté de Doneg&l félicitait le grand jury, comme d'un événement beureux et rare, de ce que l'instruction des crimes avait, dans les deux-tiers des cas, mis la justice sur la trace des coupables août 1860). Enfin dans une statistique empruntée à un document officiel et publié en juillet dernier (1862), je trouve sur le nombre des crimes les plus graves conimis et poursuivis en Irlande de septembre 1860 à mars 1862, les cbiffrts suivants :

Crimes dont les auteurs présumés ont pu être poursuivis. 7,570 Crimes dont les auteurs sont demeurés inconnus. . . . 2,144 Quant à la proportion du nombre des individus poursuivis et acquittés, on en jugera par les tableaux suivants qui font voir aussi cette proportion en Angleterre et en Ecosse. En lisant ces tableaux on sera sans doute frappé du nombre extraoïdinaire des accui^és qui, en Irlande, sont acquittés par les cours de justice. Ces acquittements qui, en Angleterre, en Ecosse, sont dans la proportion de 24 pour 100, sont en Irlande dans la proportion énorme de près de 50 pour 100! La saine appréciation de ce chiflre n'est pas exempte de difficulté. Il semblerait, au premier abord, quon doive en induire l'équité et l'impartialité des jurés et des jurys en Irlande. Sans contester ni l'une ni l'autre, il est peut-être plus conforme à la vérité d'y voir la preuve de la facilité excessive avec laquelle surtout, dans ces derniers temps, on arrête en Irlande et l'on met en accusation sur les moindres indices, les individus soupçonnés d'un crime, et qui faute de toute preuve sont nécessairement acquittés. Ceci, au lieu de prouver la mansuétude de la justice criminelle en Irlande, en montrerait seulement sous une nouvelle face la rij^ueur et l'impuissance.

TABLEAUX STATISTIQUES MONTRANT I.E NOMBRE DES INDIVIDUS ARRÊTÉS l'Oini OUÏ- MES (cOMMITTED) , CONDAMNÉS ET ACQUITTÉS , EN ANfilETEIlRE , EN ECOSSE ET EN IRLANDE , DEPUIS 1845 JU?QUES ET Y COMPRIS 1859.

1° L'ANGLETERRE ET LE PAYS DE GALLtS.

ANNEES

Moyennes.

NOMBRE

PROPORTION

total

pour 100

arrêtés

Page 1