III
Un secours pour les pauvres.
Le parlement anglais a rendu, à quelques années d'intervalle, deux lois qui, seules, mettraient à même déjuger l'aristocratie d'Angleterre et celle d'Irlande.
En Angleterre, la charité publique avait été. pendant des siècles, pratiquée si généreusement et si imprudemment ^ par les classes supérieures; les taxes énormes qu'entraînait son exercice avaient fini par peser d'un tel poids sur la propriélé, qu'il a fallu un jour arrêter les abus de l'aumône légale, et forcer les riches à moins de bienfaisance envers les pauvres : tel a été l'un des objets principaux de la réforme accomplie en 1834 (1).
En Irlande, au contraire, le défaut absolu de charité publique ou de sympathie particuhère du riche pour le pauvre y a fait naître, d'année en année, de siècle en siècle, une accumulation si énorme de misères extrêmes, qu'on s'est vu obligé enfin d'introduire dans ce pays une partie du principe qu'on réformait en Angleterre, et de contraindre les riches à assister quelque peu le pauvre qu'en Angleterre ils secouraient trop; c'est l'objet qu'a eu en vue la loi adoptée par le parlement le 31 juillet 1838 (2). Cette loi prescrit la construction d'un certain nombre d'établissements de charité propres à recevoir les indigents, et met, dans chaque comté, les frais de leur entrelien à la charge des propriétaires. C'est cette loi de charité qui, à défaut de l'industrie et de l'émigration, pourra, dit-on, sauver l'Irlande.
On attend d'elle de nombreux bienfaits; envisagée sous le point de vue économique, elle fera vivre des millions de travailleurs inoccupés ; considérée dans sa portée pohlique, elle amortira les passions anarchiques qui prennent leur