‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 257 sur 333 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

AUTRES r.EMÊDES DISCUTÉS PAR l'aUTEUR. — IL FAUT ABOLIR LES PRIVILEGES CIVILS, POLITIQUES ET RELIGIEUX DK l'aRISTOCRATIE

On voit combien sont, douteux ces moyens extraordinaires de salut tentés ou proposés' pour l'Irlande ; beaucoup d'autres plans analogues pourraient être discutés ici, dont après un court examen on reconnaîtrait bientôt la vanité.

Que faire donc en présence de l'état douloureux elformidal)le de l'Irlande? Comment laisser sans remèdes de tels maux et de tels périls? Ce qui complique la difficulté, c'est qu'il ne suffit pas de trouver des moyens de salut bons en eux-mêmes ; il faut encore en rencontrer dont l'usage soit

possible. Ce n'est pas assez de découvrir le régime le plu? propre à l'élal de l'Irlande, il faut encore que ce régime soit du goût de l'Angleterre.

Ne convient-il pas cependant de rechercher d'abord ce que réclamerait l'intérêt abstrait de l'Irlande considérée isolément? sauf à examiner ensuite si l'intérêt de l'Angleterre permet d'exécuter ce que commanderait celui de l'Irlande.

On a vu, dans les chapitres qui précèdent, comment une aristocratie de conquérants restée hostile au pays conquis, et séparée de lui par la religion, on a vu, dis-je, comment cette aristocratie était une des causes principales et permanentes des maux de l'Irlande. Quelle est la conséquence logique à déduire de ces prémisses? C'est que, pour faire cesser les misères de l'Irlande, il faudrait réformer l'aristocratie de ce pays, comme pour abolir l'effet on supprime la cause.

D'où vient l'impuissance de tous les remèdes qu'on essaye ou qu'on propose? De ce qu'aucun système de guérison ne se prend à la cause première du mal.

Ainsi on cherche dans le travail des classes pauvres un moyen d'alléger leurs immenses misères, mais on voit bientôt que l'agitation du pays et les passions du peuple contre les riches rendent impossibles les progrès de l'industrie; c'est-à-dire que le remède au mal est rendu impossible par le mal lui-même.

On voudrait se délivrer par l'émigration de quelques millions de pauvres. Mais, outre que l'entreprise serait gigantesque, on reconnaît bientôt que des millions de pauvres fussent-ils enlevés comme par enchantement de la terre d'Irlande, celle-ci les verrait bientôt renaître de ses mstilutions : on reconnaît qu'agir ainsi, ce serait supprimer les effets tout en laissant la cause.

On pense que pour guérir les plaies les plus vives du pays il conviendrait de prescrire aux riches des obligations de charité envers les pauvres, mais ici on reconnaît encore l'im-

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