‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 262 sur 333 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

il faut que son gouvernement cesse complètement d'être irlandais; il faut qu'il soit entièrement, non pas anglais^ mais remis à des Anglais (1).

SECTIOIS II

Ce qu'il faut faire pour abolir en Irlande les privilèges civils de l'aristocratie. — lliliié de rendre le peuple propriétaire.

Ce serait peu que d'attaquer l'aristocratie irlandaise dans ses pouvoirs politiques ; c'est surtout à sa puissance sociale qu'il s'en faut prendre. Quelque révolution qui s'opère dans un pays, la société reste à peu près la même, si, dans le temps qu'on y altère les institutions politiques, on n'y modifie pas aussi les lois civiles. Les lois politiques changent avec les passions et la fortune des partis qui se succèdent au pouvoir. Les lois civiles, dans lequelles sont engagés une multitude d'intérêts, ne changent pas. Voyez les deux plus grandes révolutions qui, durant les derniers siècles, aient ébranlé le monde : 1649 en Angleterre, 1789 en France. Dans les deux pays, la foudre populaire gronde d'un bruit à peu prés égal; même enthousiasme des réformateurs, même passion de nivellement. Dans l'ordre politique, tout est renversé el foulé aux pieds. Ici et là on démolit le monde existant pour édifier sur ses ruines un monde nouveau, un monde idéal où la justice, la raison, la vérité, seront seules souveraines. Et les deux pays s'égarent à peu prés demême, l'un avec sa philosophie, l'autre avec sa rehgion. Ils semblent se copier mutuellement dans leurs élans, dans leurs illusions et dans leurs misères. Chacun offre son holocauste de sang royal; chacun a son anarchie et son despotisme, celui-ci son Napoléon, celui-là son Cromwell, et chacun revient à son passé, l'un vers ses Stuarts, l'autre vers ses Bourbons; la similitude semble parfaite entre les deux épo-

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