‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 287 sur 333 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

3nt point élus, et pour gouvernants des fonctionnaires l'elles n'ont point institués? Assurément : en conséquence ; corporations municipales d'Angleterre sont réformées

réorganisées sur un plan rationnel de gouvernement tre.

La même méthode logique atteint tous les abus; et elle

se prend pas seulement au monde politique : elle emasse tout le cercle de l'humanité. On abolit, dans une ile de cas, la peine de mort comme inutile et barbare; parce que l'esclavage est injuste, on rachète à grands ïis dans les colonies les nègres esclaves dont on décrète liberté.

Ainsi, et l'on ne saurait le nier, la démocratie a son cours

Angleterre ; son progrés est manifeste et constant ; et il ra peut-être moins difficile de détruire les privilèges de ristocratie que d'en être venu à les discuter (1). Mais, en même temps qu'on voit en Angleterre ce moument continu, ce progrès devenu plus rapide depuis 'il est logique, il faut reconnaître aussi que la démocra-

anglaise n'est encore en quelque sorte qu'à l'entrée de carrière. Si elle a fait déjà quelques conquêtes, elle i point encore établi son empire. Son adversaire, pour Dir eu un jour de défaite, est bien loin de s'avouer vaine, et à côté de tout ce qui pousse en avant le char de la :orme, il y a des puissances considérables qui le retiennent,

du moins s'efforcent de le modérer.

Toutes les existences magnifiques de l'aristocratie, le Bstige de ses grandes fortunes, l'éclat de ses grands ms, son immense palronage, la multitude de conditions rticulières qui dépendent d'elle, et toutes celles qui se rit arrangées sur la foi de sa durée ; la popularité des an- [ues familles investies des privilèges attaqués; les efforts odigieux de ceux qui, nouvellement possesseurs de ces 'iviléges, travaillent à garder un bien si précieux, si péniement conquis; les ambitions qui aspirent aux rangs

aristocratiques, et qui, sans avoir encore touché le but en sont si près, qu'elles le défendent avant même de l'avoi atteint; la foule énorme de capitalistes qui abondent dan la Grande-Bretagne, dont la seule pensée est d'accroîtr leurs richesses, et qui, ayant besoin de paix pour suivr leurs desseins, s'alarment de toute agitation dans l'État soit que le mouvement se fasse en avant ou en arrière; tou cela forme une masse extraordinaire d'influences, de pas sions et d'intérêts qui, ouvertement ou tacitement, conspi rent à ralentir, sinon à entraver les allures de la réforni. démocratique.

Un des grands obstacles à la démocratie en Angleterre c'est que l'égalité philosophique y soit à peu près incon nue. Quelques esprits supérieurs la comprennent; un peli nombre l'aime peut-être; nul n'en a la passion; et panr le peuple on n'en a ni le goût ni Tidée. Les mœurs de c pays sont tellement imprégnées d'aristocratie, que le prc létaire lui-même en subit l'iiifluencc: et, dans ses effort les plus laborieux, ce n'est pas l'égalité, c'est l'inégalit qu'il poursuit. Ce qui l'excite au travail, c'est bien moin la condition de ceux dont il sera l'égal, que de tous ceu dont il voudrait devenir le supérieur. Il poursuit, du reste son but avec loyauté. Ce n'est point en abaissant les autre qu'il aspire à se grandir, mais bien en s'élevant lui-même et, s'il échoue, il se soumet sans murmure aux fortune plus heureuses que la sienne, qui ont conquis le privilège objet de ses propres efforts. Aussi longtemps que ce senti ment prévaudra parmi les classes inférieures, l'aristocratie conservera une grande puissance.

Mais la démocratie,' en Angleterre, a un ennemi plu; redoutable encore et plus visible à tous les yeux : c'es l'Église.

Il y a dans la longue existence et dans les souvenir de l'Église d'Angleterre quelque chose qui plaît à l'es prit national de ce pays. Le peuple voit en elle la traditioi

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