QUATRIÈME PARTIE
îonstituer dans le pays, comme deux zones distinctes, dans chacune desquelles ils mettent en vigueur un principe différent de gouvernement, aussi démocratique pour l'une qu'aristocratique pour l'autre. Comme s'il n'existait aucun lien intime entre le gouvernement d'un peuple et ses mœurs, ils ne paraissent pas soupçonner que la doctrine d'égalité admise dans l'État puisse jamais entrer dans la famille ; et ils semblent croire que la propriété restera le monopole d'un petit nombre après que les droits politiques seront devenus le partage de tous. Ce n'est point ici le lieu d'examiner jusqu'à quel point un pareil système est logique, et si cette séparation artificielle de l'homme et du citoyen pourrait être durable ; mais il importait de constater cette théorie qui résume le système des whigs les plus avancés, parce qu'on y trouve quelque prémisse pour la solution de a question posée plus haut.
iNe voit-on pas en effet que, par la nature même de cette rloctrine, les whigs anglais répugneraient à abolir les privilèges civils de l'aristocratie irlandaise, c'est-à-dire réformer les lois qui maintiennent entre les mains de celle-ci sresque tout le sol de l'Irlande^? Et ne résulte-t-il pas aussi ie cette théorie que, si, à raison de leurs propres principes, les whigs ne peuvent réformer les privilèges civils ie l'aristocratie irlandaise , ils peuvent être conduits par nés mêmes principes à abolir ses privilèges poHtiques? Voyons donc quels changements les whigs pourraient introduire dans la société politique en Irlande, et quels privilèges politiques de l'aristocratie ils pourraient réformer.
* Les whigs ont, en celte matière, fait beaucoup plus que l'auteur n'espérait d'eux en 1838. La loi qui met la terre dans le commerce fait sortir le sol des mains de raristocratie irlandaise. — Voir, dans e § 7 de la notice placée en tête du premier volume, ce qui est dit le la Landed Estâtes court.
[Note de la septième édition, 1862-63.)
tl6 L'IRLANDE.
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Réformes politiquos spéciales à l'Irlande, qiie peuvent faire les whigs dans la paroisse et dans les cor|K)rations inunicijtalrs
F^es réformes que les whigs font ou peuvent iaWo il les pouvoirs politiques de raristocratie ont nécessaireintiu pour objet les privilèges appartenant à celle-ci, soit dans 1 Ëtat, soit dans le comté, dans les villes municipales ou dans les paroisses.
Lorsqu'en 1855 les whigs ont aboli les taxes de fabrique (1) que la population protestante imposait pour les besoins de son culte à la population catholique, ils ont, par cet acte, détruit un privilège tout à la fois religieux et politi(|ue qu'exerçait Taristocratie anglicane dans la paroisse irlandaise.
L'on peut ajouter qu'ils n'ont aucune autre réforme à v faire; car la paroisse irlandaise, dont presque toute la \ était un abus, n'existe pour ainsi dire plus depuis qml'abus est aboli (!2).
Les whigs voudraient opérer dans les corporations municipales d'Irlande une réforme non moins profonde, et qui serait plus complète ; car ici ils ne se borneraient pas à démolir, ils entreprendraient de réédifier.
Ils voudraient détruire le monopole anglican et aristocratique de ces corporations, et sur leurs ruines construire une organisation municipale démocratique et libre. Ils voudraient établir en principe que tout individu, catholique ou protestant, anglican ou presbytérien, payant une taxe et domicilié dans l'enceinte de la cité, est par ce seul lait un citoyen actif, et à ce titre investi de droits qu'il exerce, soit directement, soit par les représentants qu'il a élus.