‹ L'irréligion de l'avenirChapitre 92 sur 104 · A. Fouillée, la Liberté et le Udlcrminisme, 2* édilioa · texte numérisé non relu

A. Fouillée, la Liberté et le Udlcrminisme, 2* édilioa

LE NATURALISME IDÉALISIB. 429

idéale est le terme de l'évolution des choses et que la volonté qui y tend en est le principe '.

On a objecté à cet évolutionisme idéaliste que, « si le progrès a un but et des principes, l'évolution n'en a pas^. » — Mais la doctrine en question a précisément pour objet de donner un « but » et des principes à l'évolution, d'étendre le « progrès » au monde entier. On a encore objecté à cette hypothèse d'un naturalisme en quelque sorte pnnthéliste, selon lequel tout est volonté (OéXcç), que, « si on place de la liberté partout, cela revient à n'en mettre nulle part '.» Cette objection n'est pas exacte, car il faudrait dire alors, dans la sphère économique, qu'en aug-menlant le bien-être de tous on n'augmente celui de personne, ou qu'en appauvrissant tout le monde également, on enrichirait tout le monde. Autre chose est d'universaliser une notion, autre chose de la supprimer. On ne peut plus séparer aujourd'hui la conception du monde de celle de l'homme, elles sont solidaires. Mettez-vous, par exemple, un libre arbitre indifférent dans l'iiomme, Epicure aura alors raison de mettre l'indéterminisme au fond de toutes choses*. De même, supposez-vous qu'il existe dans l'bomme une « bonne volonté radicale, très distincte du libre arbitre, mais qui n'en constitue pas moins une sorte de liberté morale envoie de formation* » ; on devra alors retrouver le germe de cette volonté dans le monde entier, sous une forme plus ou moins inconsciente. Pour que réellement l'esprit humain enfante (juelque chose, il faut que tout l'univers soit comme lui en travail. Les partisans de la « bonne volontés» comme fond de la moralité humaine sont donc logiques en la plaçant, plus ou moins dégradée, dans la nature entière, chez tous les êtres où point déjà l'intelligence; et, en même temps que la bonne volonté, il faudra imaginer dans ces êtres un obscur commencement de responsabilité, de mérite ou de démérite implicite, revenir enfin à la

1. « La catégorie de Vexislence réelle ne semV>l3 point convenir à l'idée de la liberté; celle-ci ne peut être conçue par nous, en sa perfection, que sous la catégorie de l'idéol, en son impeifection, que sous celle du devni/r «. A. Fouillée, la Liberté et le Déterminisme, conclusion.

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