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A. Fouillée, la Liberté et le Dterminisme, a* édition

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théorie hindoue, bien interprétée, selon laquelle tous les degrés de la nature sont au fond des degrés dans la moralité.

Hypothèses fingo , c'est la devise delà métaphysique. L'idéalisme moral, tel que nous venons de le résumer d'après un auteur contemporain, n'est assurément qu'une hypothèse, et une hypothèse contestable; mais c'est pourtant, semble-t-il, la forme de naturalisme idéaliste la moins incompatible avec la théorie de l'évolution et avec les faits de l'histoire naturelle ou de l'histoire humaine '. De plus, elle est un des meilleurs refuges du sentiment religieux dégagé de ses formes mystiques, comme de sa transcendance, et ramené dans les sphères de la nature. L'activité inconnue qui est au fond de la nature même en étant venue à produire dans l'homme la conscience et le désir réfléchi du mieux, il y a là un motif d'espérer, un motif de croire que le mot de l'énigme des choses n'est pas, au point de vue métaphysique et moral : « Il n'y a rien. »

Nous avons plusieurs fois cité la définition de la religion donnée par Schleiermacher : sentiment de notre absolue dépendance par rapport à l'univers et à son principe. Quand le sentiment religieux se transforme en idéalisme moral, il tend vers une formule qui, sous certains rapports, est l'inverse de la précédente : — sentiment de la dépendance de l'univers par rapport à la volonté du bien que nous constatons en nous et que nous supposons être ou pouvoir devenir le principe directeur de l'évolution universelle. La pensée de l'idéal moral et social, r« idée de liberté », au lieu d'être dans l'univers un simple accident de surface, serait alors la révélation et la conscience progressive de ses lois les plus fondamentales, de son moteur le plus intime, de la vraie «essence des choses », la même chez tous les êtres à des degrés divers et en des combinaisons diverses. La nature entière est comme une ascension éternelle vers un idéal qu'elle conçoit de mieux en mieux, mais qui la domine toujours. Quand on monte sur un sommet pour contempler une chaîne de montagnes, on voit, à mesure qu'on s'élève, surgir et se ranger tout le long de l'horizon les cîmes blanches de neige ; debout, l'une à côté de l'autre.

l. Cette forme d'idéalisme est également compatible avec le m: nisme qui tend à dominer de nos jours; elle finit même par se confondre avec 1& monisme, notamment chez M. Fouillée. (Voir plus loin.)

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éteincelantes sous leurs glaciers, elles montent en silence dans la lumière : il semble qu'un immense effort soulève ces masses énormes et les porte en haut, il semble que leur immobilité ne soit qu'apparente ; on croit se sentir emporté avec elles vers le zénith. Ainsi les héros de la légende indienne, quand ils sont fatigués de la vie et de la terre, réunissent leurs dernières forces, gravissent, la main dans la main, la haute montagne, l'Himalaya; la montag-ne les porte dans la nue. Pour tous les anciens peuples, la montagne était la transition entre la terre et le ciel; c'était là que les âmes, profitant de l'élan que la terre s'était impri-mé à cdle-mème, prenaient plus librement leur essor : la montagne était une voie vers les cieux ouverte par la nature même. Peut-être y a-t-il quelque chose de profond dans ces idées naïves qui prêtent à la nature des aspirations plutôt humaines : n'exisle-t-il pas en elle de g-randes voies tracées, de grandes lig^nes, de grandes ébauches? Elle a fait tout cela sans le savoir, comme les blocs de pierre se sont soulevés lentement vers les étoiles sans savoir où ils allaient. A l'homme de mettre un sens à son œuvre, de se servir de ses efforts, d'employer les siècles passés comme des matériaux sur lesquels s'élèvera l'avenir : en gravissant la nature, il aura gra\i le ciel.

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