‹ L'irrésolu: comédie en un acte et en versChapitre 16 sur 42 · DUBIA.NGE · texte numérisé non relu

DUBIA.NGE

Pour me laisser lier par un nœud raisonnable , Car lamour , à notre âge....

LA TA.NTE.

Est encor pardonnable.

Si vous me demandez mon âge....

DUBIANGB.

Nullement!

Je n'expose jamais une femme....

LA TANTE

Pourtant , Sur ma sincérité....

DUBIANGE.

J'en ai plus d'une preuve.

( A part. )

Je ne la mettrai point pourtant à cette épreuve.

( Haut. )

D'ailleurs , dix ou quinze ans de plus , que fait cela ? Des traits, un teint, des yeux, ces bagatelles-là

Devraient-elles toucher un homme raisonnable ?

( A Éliante. )

Cependant.... Ah! combien je suis inexcusable! En TOUS -voyant, peut-on rabaisser la beauté!

( Se retournant avec embarras vers la tante qui s'impatiente. )

Madame , j'aime en vous cette maturité Qui vous rend....

(Ban à Éliante. )

Je sens trop à quoi mon cœur s'expose*

( A la tante. )

Cette maturité....

li A TAN T fi , lui fermant la bouche.

Paix ! parlons d*autre chose.

Au choix de quelque état êtes«-vous arrêté ?

DVBIANGE.

Mais.... non ; depuis dix ans pourtant j'ai médité Cent fois sur tous ; aucun n emporte la balance. Tour à tour le barreau ^ les armes, la finance, Se partagent mes goûts , sans fixer mon destin , Et mon esprit toujours flotte plus incertain.

LA TAIYTB.

Vous aimiez le commerce ?

Oui, certe; et quand je pense Qu'il peut de mon pays accroître la puissance , La splendeur, je me dis : l'homme dont les travaux Versent partout l'aisance en tarissant nos maux , Est grand, il fait le bien; et sa noble industrie Le rend dans tous les temps l'homme de la patrie. Cet honorable état m'aurait déjà fixé.

iLIANTS,

Et qui donc vous retient encore embarrassé ?

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