SCÈNE XVI
D1TBIANGB.
Mon frère , tu t*abuses , Ou bien ton amitié me cherche des excuses.
FRONTIN
Mais nullement, monsieur.
DUBIANGE, s*eii allant.
Je vais tout réparer.
FRONTIN, à part.
( Haut. )
Âhi ! ce n'est pas tous qui la faites pleurer, Monsieur.
DUBIANGE, s'arrétant.
Ce n'est pas moi ? qui donc ?
FROITTIN, regardant Eugène qui lui fait signe de se taire.
, Mais c'est....
DUBIANGE,
Sa tante?
FRONTIN, vivement.
Sa tante, justement! Cette madame Orsante
( Se reprenant. •)
Est la femme!... je dis une femme de bien,
Car je ne voudrais pas.... Vous concevez fort bien
Que son argent.... son cœur.,., enfin la...» sympathie....
DUBIANGE.
Que viens-tu me conter? Mais la tante est sortie»
FRONTIN
( Regardant Eugène. )
Précisément, monsieur, elle va revenir.
( A part. )
Nous voilà dans la crise , il s*agit d'en sortir.
( Il t'en va à pas de loup au fond du théâtre. )
4a L'IRRÉSOLU,
DUBIANGB.
Quel que soit le sujet des .larmes d'Eliante,
Elles ont achevé dans mon âme flottante
De ranimer des feux étouffés trop long-temps.
Mon frère, à les avis, c'en est fait, je me rends;
Je vois qu'à me fixer aujourd'hui tout m'engage...»
Tiens, dans un livre, hier, je lisais ce passage:
« Ne prendre aucun parti, remettre au lendemain ,
C'est imiter ce fou qui trouvant en chemin
Une large rivière , attend , quand tout le presse ,
Que l'eau soit écoulée : elle coule sans cesse ,
Sans cesse coulera sans arrêter son cours ;
Le temps fuit avec elle , et l'homme attend toujours. »
FRONTIN, accourant, bas à Eugène. ^
La tante est rentrée !
s U 6 È N £ , avec efïroi.
Ah!
BUBIANGE* à lui-même.
Loin d'une erreur commune. , Je vais donc préférer l'amour à la fortune !
EUGÈNE
Une fois en ta vie ainsi tu te résous ,
Et c'est pour m'accabler des plus sensibles coups.
OUBIANGE, étonné.
Comment !
EUGENE
Vois ton rival , mais vois aussi ton frère ; Ce que tantôt j'ai fait , ne pourras- tu le faire ? Je te sacrifiais mon amour , mon bonheur , Et j'assurais le tien ; parle, ouvre-moi ton cœur: Aimes-tu?
* Frontin , Ellg^ne , Dubiange.