EUGÈNE, ÉLIANTE, DUBIANGE, FRONTIN
LA TANTE
FRONTIN) à Dubiange.
Monsieur, Meinheer Yanbrousk, suivi de son notaire.
( Bas. )
Il vient vous enlever la tante après la terre.
DUBIANGE.
Lui ! morbleu nous verrons ! il n'a qu*à revenir.
LA TANTE
Eh bien ! monsieur , eh bien ! voulez-vous en finir ? Qui vous retient? ^
DUBIANGE, «près avoir jeté les yeux sur son frère.
£h mais !... si c'était vous , madame ?
(Mouvement de tous les personnages. Frontin passe à la gauche de la tante.)
liA TANTE, à Dubiange.
Que veut dire cela.»*
FRONTIN, basàla tante.
Qu'il brûle au fond de Tâme.
De moi n'espérez point faire votre jouet.
DUBIANGE.
Qui ! moi , j'aurais , madame , un semblable projet ! Je vous respecte trop sans doute, et ma constance....
LA TANTE
Je m'en vais l'éprouver en cette circonstance.
DUBIANGE.
Parlez.
LA TANTE
Vous prétendez m'épouser.^
DUBIANGE.
Je prétends!...
5o riRRÊSOLU,
Si vous y consentes , madame.
liÀ TANTE.
J'y consens.
Oui , je consens , monsieur , d'unir mon sort au vôtre. Signez.
. ( EUfi tire Vautre contrat , et le lui présente. ) FROWTIN, à part.
Le voilà pris !
DUBIANGB9 reculant.
En voilà bien d'une autre !
Encore un contrat! mais quelle précaution !
Elle en avait donc fait une provision.
C'est un vrai guet-apens !
(Tous le pressent par leurs gestes de signer; Frontin prend à la table une
plume et la lui passe dans les doigts. )
LA TANTEj après avoir tenu les contrats braqués sur lui.
Vous balancez, je pense ?
DUBIAN6E, très-agité.
Eh non point!... ce n'est pas.... parce que je balance; Mais ces deux coups sur moi tirés à bout portant, M'étourdissent un peu , sans me changer pourtant ; Et pour délibérer dans de telles affaires....
LA TANTE
Depuis plus de deux ans , traiti'e , tu délibères ,
Et sans nulle pitié tu nous ravis, hélas!
Ce temps si précieux , qu'on ne retrouve pas.
Mais nous n'en perdrons plus , point de vaines excuses ;
Tu crois continuer sur ce pied , tu t'abuses ;
Notre heure est arrivée enfin ; proftonce-toi ,
Perfide, à l'instant même, entre ma nièce et moi.
DU BI ANGE, à lui-même.
Mais quel acharnement! Jamais, je le confesse....