CHAPITRE X
L'IslAm officiel : notre clergé mnsDlman algérien ; l'eaieignement supérieur musulmBD
Cest naturellement clans les documeuts officiels qu il faudra chercher des indications sur les matières qui se rapportent à ce chapitre : on consultera donc la Statistique triennale deV Algérie, l'Exposé du Conseil supérieur, le rapport sur le budget de l'Algérie... On lira aussi un chapitre de Rinn, Marabouts et khouân, sur le clergé ot^ciel. Des renseignements sur les médersas se trouvent dans le rapport déposé par M. Combes au sujet de la réorganisation de ces établissements en 1894 (Sénat, annexe au procès-verbal de la séance du 2 février 1894). Un chapitre des Questions algérieunes et musulmanes de Colin (1899) est consacré aussi aux médersas. Enfin le livre de Delphin sur Fâs, L'Université et l'enseignement supérieur musulman (1888) a été jusqu'ici considéré comme fondamental. Le rapport de H. Moulièras, ({ui a été chargé par H. le Ministre de l'Instruction publique d'aller étudier les Universités de Fez sur place, nous fixera définitivement sur ce sujet intéressant.
Des indications bibliographiques plus étendues peuvent se cueillir dans VOrientaliscIte Bibliographie ( liemestriel) ; la Revue de l'histoire des Heliyions donne des compte s- rendus de la plupart des ouvrages importants sur l'islâin et, tous les ans, une revue critique, par René Basseï, des travaux parus dans les périodiques sur les questions musulmanes. Enfin nous avons inauguré l'année dernière, la publication d'un Bulletin biblio-
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graphique de l'Isldm maghribin. sans doute uDcore bien impar* fait, mais que nous espérons améliorer en le cootinuaDt urmuellemeot.
Note sur la doctrine khftredjite
Nous avoDS déjà dit qu'il était indispensable, pour compléter te très court ex|>osé que nous avons donné, p. 33 de celle brochure, des docirioes kliâredjites, de recourir à l'excetlent mémoire de Sactiau, Ueber die religiàsen Anschauungeii der IbadiUieken Sfuhammedaner in Oman und Ostafrika. Alin de préciser les idées du lecteur sur cet important sujet, nous extrayons de ce travail les quelques notes qui suivent.
A la base du khâredjisme sont les deux principes suivants :
1* 'Otsmâne, 'Ali et ses fîis, Mo'âwia et ses successeurs sont indignes du khalifat, comme s'élant écartés de la loi divine. Or, Dieu, dans son Livre, c'est-à-dire dans le Coran, distingue entre les bons et mécliaols(7;li-jJI J^t et jL-Jt J^l). Celte distinction est absolue. Cependant les orthodoxes (ou du moins les musulmans qui se prétendent lelsi qui ont laissé tuer 'Otsmân honorent également ce khalife et son meurtrier ; ils honorent également H'oséin et Yezîd, qui fit luer ce dernier. Cette contradiction ne saurait admise. 'Otsmân, 'AU, ses tils, Ho'âwia et ses successeurs n'ayant pas rempli les exigences imposées au khalife ont également mérité la mort.
2" La communauté doit être gouvernée par un imÂm ; mais on ne saurait comprendre indistinctement dans cette communauté tous ceux qui suivent, il est vrai, les rites de l'Islam, mais qui par ailleurs sont des pécheurs ou des criminels. La communauté ne saurait s'entendre que de ceux qui possèdent la vérité et mènent une vie exemplaire, c'est-à-dire des pieux docteurs. C'est donc parmi ceux-ci que l'imâm doit être choisi.
Les kliâredjites sont, du reste, en désaccord avec les ortho-
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doses sur un grand nombre d'autres points ; on trouvera eu particulier, dans te mémoire de Sachau, des renseignements sur leur doctrine touchant les peines entre la mort et le jugement dernier, la vue de Dieu dans l'autre monde, l'intercession, la Balance et le Cirât' |1), la question de savoir si l'on peut être sauvé sans repentir et la question de l'éternité de la peine de l'Enfer.
Il n'est pas tout à fait exact de dire, comme nous l'avons fait d'après Hasqueray, que les khâredjites n'admettent aucune intercession. Ils pensent seulement que l'intercession ne pourra avoir lieu que de la part des hommes d'une grande piété pour ceux qui auront été moins sages. Mais ui le Prophète, ni les saints ne pourront intercéder pour un criminel, non plus que pour tous ceux qui auront commis des péchés graves. La limite de l'intercession est ainsi fort étroite ; quiconque admet une plus large intercession est un hérétique, comme, par exemple, les prétendus orthodoxes actuels qui affirment qu'un criminel ne cesse pas d'être considéré comme un croyant et que l'intercession peut s'exercer en sa faveur.
Les sept pécliés considérés comme mortels dans l'Islam orthodoxe sont : le polythéisme, le meurtre, le fait de diffamer unefemme mariée, la dilapidation des biens d'un pupille, l'usure, la fuite devant l'appel à la guerre et la désobéissance aux parents. Les six derniers, peuveht être pardonné par Dieu, mais le polythéisme ne peut obtenir de pardon. Lorsqu'un homme meurt en état de péché mortel sans s'être repenti (exception faite pour le polythéisme). Dieu, disent les orthodoxes, peut à son gré lui pardonner ou le punir en le précipitant pour im temp^ dans l'enfer. Au contraire, les khâredjites disent : quiconque meurt en état de péché mortel, sans s'être repenti, ne peut plus être considéré comme un croyant, et dès lors Dieu le punit de la peine éternelle de l'Enfer, à moins qu'il ne se repente ; et cela qu'il soit monothéiste ou polythéiste.
(I) Le Cirdl' est une sorte île iiont. lin coniinc un elieveu et tpanchant cnuime un î^abru. sur lequel lus eroyants devront jmsser pour aller au Ciel ajirès le jugejuent. Naturellement ceux uul auront été condamnés ne pourront s'y maintenir et seront [irécipites ilans l'Enfer. Le Cirât', d'après les kbiredjjtes, n'est qu'une expression métaptiorliue du Coran.
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Les sciences musulmanes dans les médersas algériennes
Les programmes (les médersas algériennes ne sont encore que provisoires ; la pratique ne tardera pas sans doiite à ;'évéler les améliora tioa s qu'il pourrait être utile d'y apporter. Nous avons cependant pensé qu'il était intéressant do reproduire littéralement ici les programmes oITiciels de théologie, de droit musulman et de langue arabe, pour montrer comment le Gouvernement français enseigne auit indigènes les scieuces musulmanes.
Théologie (3 beures par semaine pour les 4 années)
a) PARTIE DOGMATIQUE
De l'existence de Dieu. —Des attributs de Dieu.— Nature de ces attributs. — De l'Unité de Dieu. — De son essence propre.
— De son éternité. — De son immutabilité. — De sa toutepuissance. — De son immensité. — De sa science, etc...
De la mission prophétique de Mohammed (I). — De la création, — Des Prophètes. — Du Koran et des livres révélés. — De la résurrection. — Du jugement dernier. — Des récompenses et des peines.
De la Providence. — De la prédestination et de la réprobation. — .De la foi etdes œuvres.
b) PARTIE RITUELLE
Des purifications. — De la prière. — De la dîme aumôniëre.
— Du jeûne. — Du pèlerinage. — Des aliments permis ou défendu?. — De la manière légale d'égorger les animaux
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0) PARTIE UORALE
Des venus morales : la probité; la cbarilé; la chasteté ; la pudeur; la sobriété, etc.. .
Devoirs envers le prochain. — Devoirs envers les parenls et leseafants. — Devoirs envei-s les serviteurs. — Devoirs de bienséance, de tenue et de propreté.
Droit musulman
i" ANNÉE
Le droit musulman. — Les sources: le Koran. la sounna, ridjmaà. le Kias. — Les gualre rites orthodoxes. — Les jurisconsultes musulrrans, — Le rite mslékite et le rite banaflte.
Dm mariage : Généralités. — Conditions de validité du contrat. — Du consentement. — Ou ouali, — Des témoins. De la dot. — Des empéchf menis à mariage. — DifTércDce entre les rites malékite et lianaflte. — Eudda et istibra. — Des con. testalions en matière de mariage.
Applications : Etude et rédaction des actes correspondant ans matières du cours.