I. De Lanessan. Revue scientifique
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On voit donc qu'en Asie même^ dans les pays,. où ayant subi de profondes atteintes doctrinaires, l'Islam semblait devoir acquérir une malléabilité plus grande, il dénonce, au contraire, son réveil par des convulsions sociales et religieuses d'une extrême gravité.
Il resterait, pour, compléter l'esquisse de cette évolution, à indiquer comment se poursuit, dans l'Extrême-Orient, la seconde partie du programme de la réforme, comment s*y effectue la propagande de la foi musulmane.
On sait que cette propagande est très active, que ses progrès sont chaque jour plus, rapides.
Elle s'étend à la Chine, à THindoustan, aux îles malaises.
Les guerres dont Sumatra est devenue le théâtre, ont eu pour corrélation de nombreuses conversions chez les Boudhistes de Tile. Dans l'Imamat de Siak, ceux ci ont presque complètement disparu. Ce n'est qu'au sud, dans le Palem-
bang, qu'ils se trouvent encore en majorité.
Bornéo compte maintenant 400,000 M u' sulmans, Malais ou Hindous. Plus au nord, dans les Philippines, les Espapagnols ont eu eux, aussi, à combattre tout récemment la guerre sainte, contre les musulman du Soulou ; et à Mindanao, les Tagal de PEst, fuyant le joug abhorré de leurs maîtres catholiques, se groupent chaque jour davantage autour des chefs des dynasties nationales. Plus de 360,000 sectateurs du Coran y reconnaissent un sultan indépendant ^ Aux jésuites chassés de Pile, aux représentants du culte officiel, se substituent comme maîtres religieux et éducateurs de la population, les missionnaires musulmans de la Chine et de rinde, qui rénovent ainsi la propagande, commencée par les invasions arabes.
Aux Indes anglaises, malgré les réseaux de chemins de fer qui couvrent mainte-