‹ L'islamisme d'après le Coran l'enseignement doctrinal et la pratiqueChapitre 100 sur 112 · JEUNE SURÉROGATOIRE · texte numérisé non relu

JEUNE SURÉROGATOIRE

* Les musulmans parlent beaucoup de l’excellence du mois de Rajab. Ceux d’entre eux qui observent le jeûne de trois mois le commencent à l’apparition de la nouvelle lune de celui-ci. I)e ce que ce jeune a été

et aussi différents beaux édifices, monastères et mosquées. Ensuite, lui ayant donné le nom de Fath-pur (ville de la victoire), fl en fit sa capitale (c’est-à-dire le lieu de sa résidence)... > (Araisc/i-i ma/ifil, p. 74.)

(1) Hamilton, East-Jndia Gazetl., I, 553.

(2) Tippu signifie tigre en langue canara, ou peut-être lion, car en hindoustani on confond un peu ces deux animaux. Scher , en effet, signifie tigre et lion, et s’emploie dans ce dernier sens comme nom propre, aussi bien que singh, qui ne signifie que lion.

(3) Le tombeau de ce saint personnage, élevé à Arcate, est actuellement même un lieu fréquenté de pèlerinage. (Hamilton, East- India Gazett., 11. 271.)

observé mille fois dans le monde musulman, on le nomme Hazdri (1). Comme il est très-méritoire, beaucoup de gens l’accomplissent exactement. Pendant ce temps, la plupart des fidèles font chaque vendredi des distributions de riz préparé de différentes manières et placé sur des plats de bois. Les oblations se font au nom du Saïyid Jalâl Bukharî, saint très-célèbre dans les horizons (2). »

Les anciens Arabes considéraient aussi ce mois comme sacré et le consacraient au jeûne. Il était défendu de faire la guerre durant son cours, aussi bien qu’en Moharram, Zi-cada et Zi-hijja (8). Les trois mois du jeûne surérogaloire sont Rajab, Scka’bdn et Bamazân. Ce jeûne dure jusqu’au 7 de Schawâl : les sept derniers jours se nomment blancs. On rompt néanmoins le jeûne le 1 er Schawâl, jour du ’hl-fitr dont il sera parlé plus loin.

Les musulmans de l’Inde jeûnent aussi le 10 muharram, dont il a déjà été question, et même le 10 de Zihijja, qui est le jour de la fête nommée ’Id duhâ ou ’ld-curbân, quoiqu’on lise dans M. d’Ohsson (4) que le jeûne est interdit ce jour-là.

Le Saïyid Jalàl ou pour mieux dire Jalùl-uddin Bukliàri, qui a aussi le titre de schaïkh, était fils de Mahmoud et petit-fils de Jalàl. On le nomme le seigneur des créatures, Makhdûm-i jahâniyân. Afsos nous apprend (5) qu’il naquit dans la nuit nommée Darât, qui est consa-

(t) De hazâr, mille.

(2) Bàrah Mâpa, p. 59.

(3) Sale, Observations historiques et critiques sur le mahométisme.

(4) Tableau de l’empire ottoman,’ t. III, p. 10, édit.»in-8°.

(5) Ardisch-i mahfil. p. Ifilî.

crée à la mémoire des morts (1), c’est-à-dire le 14schaban 707 de l’hégire (8 février 1307). Quoiqu’il fût disciple de son père, qui était lui-mème un saint personnage, et qu’il ait été son successeur spirituel, toutefois il retira de très-grands avantages religieux du schaïkh Rukn-uddin Abou’lfath Surhawardi (2). Étant venu à Delhi, il protita aussi des instructions du schaïkh Naciruddin, surnommé lampe ileDehli (3). Il mourut un mercredi, jour du ’Id-curban(û) de l’année 775(24 mai 1374). 11 est enseveli à Utch, ville de Multan (5).

Les faquirs nommés Jalâliya (0) et hlalang sont les disciples ou sectateurs de Jalâl Bukhâri. Les seconds vont tout nus, s’il faut en croire l’auteur du Khulûçat ut-tawarîkh.

Mois de Scha’ ban (7).

SCHAB-I EtAllAT OU FÊTE DES TRÉPASSÉS (S).

t Une grande fête des musulmans a lieu le 14 du mois de Scha' ban; on la nomme Schab-i barât ou nuit de la délivrance. En ce jour solennel, les fidèles s’étant

(t) Voyez l’article suivant.

(2) Il sera parlé de ce saint personnage à l’article surZakariya.

(3) Voyez l’article sur Nizam-uddin.

( t) Voyez l’article sur le mois de Zi-hijja.

(5) Araïsch-i mahfil, p. 160.

(6) Shakespear, Dut., p. 209.

(7) On nomme ce mois Düdh ka mahinn, « mois du lait, » parce que les offrandes aux morts consistent généralement en lait. (Shakespear, Ilind. Dirt.; M rs Mir Hazan Ali, Observ. on the musulm. of India , 1 , 300.)

(8) Cette fêle, qui précède le ramazan de quinze jours, est aussi célébrée en Turquie, et on l’y nomme Candil guijéci, « la nuit des lumières. »

réunis, font, au nom de tous ceux dont le séjour est le royaume de l’éternité, des oblations considérées comme inviolables (1); elles consistent en pains, en Halwa (2) et en vases pleins d’eau (3). »

Concurremment avec ces oblations, on allume des lampes et on récite le fatiha suivant, nommé fatiha des lampes ( Fatiha chirâgân ):

« 0 notre Dieu, par les mérites de la lumière de l’apostolat, N. S. Mahomet, fais que les lampes que nous tenons allumées en cette sainte nuit soient pour les trépassés un gage de la lumière éternelle que nous te prions de faire luire sur eux. 0 notre Dieu, daigne les admettre dans le séjour de l’inaltérable félicité.

* Le fidèle dira dans cette intention la première et la cent deuxième surate du Coran (4). »

Le fatiha ordinaire pour les trépassés diffère de celuici ; en voici la traduction :

« Par les mérites du prophète saint et intègre Mohammed Mustafa (que Dieu lui soit propice et lui accorde le salut), par son nom pur et son esprit éclairé qui remet les fautes, et par l’âme pure du défunt N., que Dieu daigne faire luire sur son tombeau le jour de sa miséricorde et de sa faveur ; qu’il daigne arroser de la pluie de sa grâce la terre qui couvre son corps, et lui accorder le paradis pour demeure. Et que le mérite de cette oblation s’applique aussi à ceux qui ont quelque

(1) Achûtà, qu’on ne doit pas toucher : épithète consacrée aux comestibles offerts aux trépassés.

(2) Sorte de pâtisserie douce, faite avec de la farine, du ghi (beurre clarifié) et du sucre.

(3) Bùrah Mura , p. 05.

( t) Ifidagnl ul-islam, p. 272.

droit à la protection de N.; par les âmes pures de tous les trépassés qui ont vivifié leurs mérites par l’espoir en Dieu, et de tous ceux, en un mot, qui ont vécu et sont morts dans le sein de l’islamisme.

« Dire la première et la cent deuxième surate du Coran (1(. »

Cette fête est aussi célébrée en Perse ; voici comment en parle le célèbre voyageur protestant Chardin (2) :

* Les Persans disent que cette nuit-là Dieu délivre, par l’intercession de Mohammed et d’Ali, grand nombre d’âmes de gens de leur religion hors de l’enfer (3), les en faisant tirer par l’ange Gabriel. . . 11s enseignent qu’il y a un grand mérite à aller ce jour-là prier sur les sépulcres des morts et à faire beaucoup d’aumônes. Cette fête est une des mieux observées. Elle dure trois jours, qu’ils appellent jours de charité et de bonnes œuvres... La dévotion consiste à s’asseoir sur les sépulcres, à parler chacun à ses parents et à ses bons amis trépassés, à les appeler, à se lamenter, à prier, et puis on fume, et après on mange ce que chacun a apporté, fruits, gâteaux et confitures, dont on fait part largement aux pauvres gens, à l’intention des morts »

Mois de Ramazan.

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