XII INTRODUCTION
plement bouillis dans Teau, sans aucun goût et sans la moindre variété. '
Mais qu'importe? vous n'en ressentirez que plus vivement le légitime orgueil d'appartenir au peuple qui fournit les meilleurs cuisiniers du monde entier, et outre cela, durant le voyage, faut-il vous le prédire? la mer sera suffisamment houleuse pour ne pas trop vous faire regretter les oignons d'Egypte, je veux dire les beaux et bons fruits de France.
Le Camoens est peut-être plus confortable sous le rapport des cabines et marche un peu plus vite : en général il met cinq jours pour atteindre Reykjavik.
Les bateaux à vapeur danois en mettent six quand ils brûlent les Fserœer, car s'ils touchent à Thorshavn, capitale de ces îles, et s'ils ne vont à Reykjavik qu'en contournant les côtes sud, est et nord de l'Islande, le voyage dure vingt jours. Au touriste de décider si en passant il désire voir l'archipel des Faerœer (Fasr, moutons; œer, îles) ou s'il préfère aller directement à la Terre de Glace.
Généralement, les vaisseaux danois exécutent dix ou onze voyages chaque année, et le Camoens trois ou quatre. Gomme les départs varient, il faut demander par lettre la feuille imprimée du Camoens à MM. R. et D. Slimon, Leith (Ecosse), ou celle de l'United steam ship Gompany (danois) à Geo. V. TurnbùU an4 G°, Leith et Granton (Ecosse).
Quand vous aurez reçu ces deux indications, vous pourrez organiser votre départ au gré de vos désirs et mettre à la voile directement pour Reykjavik ou, au contraire, visiter, chemin faisant, tous les ports situés autour de l'île.
Toutefois il est bon de faire observer que, comme il
INTRODUCTION Xlil
m'advint en 1887, on peut toujours être bloqué dans un J5ord par des glaçons détachés de la banquise, si Ton se décide pour le trajet circulaire; le voyage direct s'effectue au contraire avec une précision presque mathématique. Lors de ma première exploration, je me décidai pour le Camoens.
Puis, quand on est de la sorte bien renseigné sur le mode de transport, il n'est pas rare que l'on se préoccupe immédiatement de la situation, de la topographie, de la population, du climat, de la géologie même du pays à visiter. On éprouve ensuite plus d'intérêt, plus de plaisir, à lire les descriptions détaillées de l'ouvrage que Ton a pris pour guide à travers une région inconnue. C'est dans le but de répondre à ce deuxième désir que je vais en quelques lignes donner un léger aperçu géographique, topographique et géologique de la grande île.
L'Islande, l'une des plus grandes îles d'Europe, émerge directement sous le cercle polaire au milieu du large canal qui sépare la péninsule Scandinave du Groenland, et est exactement située entre le 16® et le 21^ degré de longitude ouest de Paris, le 63° 30' et le 66° 42' de latitude septentrionale. Son terrritoire est cinq fois plus petit que celui de la France. Elle a, en chiffres ronds, 500 kilomètres dans sa plus grande longueur et 300 de largeur du nord au sud. Un bras de mer d'environ 195 kilomètres la sépare du Grœnland ; à l'est, pareille distance conduirait aux Faerœer. Un simple coup d'œil jeté sur la carte * qui la représente montre qu'il serait très facile de l'inscrire dans un carré, comme on dit en géométrie, et que Marmier
{. Voir à la fin du volume ma carte d'Islande.