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A'ictimes, le pilote Petitgrew, tombaut du haut du pont dans la cale de son naTire à St Alphonse du Saguenay, et y perdait subitement la vie. Probe, honnête, religieux aimaut à faire le bien sans ostentation, aimé de tout le monde, Edouard Petitgrew fut pleuré sincèrement et regretté de tous ceux-là qui l'ont connu pour l'apprécier à sa juste valeur. C'était un vieillard et il avait gardé du bon vieux temps ce cachet de distinction qui tend à disparaître à mesure que le flot démocratique des idées modernes monte avec les années menaçant de tout ensevelir.

Le Révd. Monsieur Winter ne resta que huit ans curé de la paroisse de TIsle-Yerte. Durant cet espace de temps, il trouva moyen de porter secours aux canadiens exilés aux Etats-Unis, soif par sa parole ardente, — car il était orateur dans le vrai sens du mot, — soit par ses conseils privés et son aide charitable à la vue d'un malheur ou d'une misère réelle. Fils de rhonorable juge "Win ter, de laG-aspésie, il fit de brillantes études au collège de Ste Anne. Parlant également bien les deux langues angolaise et française, il était en position de reiidre des services signalés à no&

compatriotes de Fautre côté des lignes. Il profita de ses missions aux Etats-Unis pour prêcher l'œuvre du Séminaire de Rimouski, ce séminaire qu'il aimait tant et qu'un incendie est venu trop tôt détruire de fond en comble.

C'était un homme de mérite ré .4, une de ces âmes d'apôtre qui savent cultiver avec douceur et discernement la vigne du Seigneur. Aussi Mgr Langevin reconnaissant son zèle et ses capacités, l'appela à faire partie du chapitre de Eimouski et le créa chanoine, titre qu'il conserva jusqu'à son départ de l'Isle-Yerte en 1882, pour aller se fixer au Sable, dans le Michigau, continuant au milieu des canadiens-français expatriés l'œuvre à laquelle il a voué sa vie : suivre les nôtres et les rendre meilleurs en leur parlant de Dieu, de leurs devoirs et de la patrie absente.

Le diocèse de Rimouski, privé des secours de ce prêtre capible et dévoué, ressentit comme un vide diflB.cile à combler. Mais la Providence veille à tout et ne permet pas que le troupeau catholique demeure seul, sans gardien vigilant et digne, sans pasteur dévoué et plein de mérite. La longue chaîne

des prêtres, comme celle merveilleus'j de la succession des Pontifes d? Rome, n'est pa& encore brisée Chaqua anué? qui s'en va tomber dans le gouffre d? l'éternité, vient aj Juter un anneau à la chaîne qui se continuera ainsi sans fin tant que le monde sera monde et que Dieu n'aura pas envoyé aux quatre vents du ciel les ang.^s du jugement dernier.

Le Rcv. L. J. Langis, Chanoine (188:^) Curé actuel de risle-Verle

Mous. L. J. Lan gis arrivait à l'isle- Verte précédé d'une réputation enviable et possédant des titres réals à la confiance et à l'admiration de tous.

Quoi qu'appartenant au Diocèse de Rimouski^ il resta longtemps sous Mgr Taschereau, aujourd'hui notre premier cardinal canadien, occupant successivement des char-^ ges très importantes, soit au Collège de Lévis, soit au séminaire de Québec, soit à l'Université-Laval. Revenu sous les ordres de Mgr Langevin, M. Langis soutint sa réputation d'hommes énergiques, entreprenant et plein de zèle. Aussi Mgr Langevin qui se connaît

en homme ne tarda i)as à le créer chanoine du chapitre de la cathédrale et à le placer à la tête du Séminaire de Rimouski, ce séminaire l'œuvre de Mg'r Langevin.

Démissionnaire en 1881 — M. Langis conserva son titre de chanoine et vint remplacer à risle-Yerte le regretté M. Winter.

Depuis le Rév. Père Charmont, la chaire de risle-Yerte n'avait pi»s encore retenti d'une voix plus forte, plus vibrante, x^lus autorisée. Son éloquence entraînante, persuasive, ne s'arrête pas en chemin ; elle s'insinue au plus profond des âmes, " Vir bonus descendi péri tas.'' Erudit et savant, il ne laisse rien dans l'ombre. Il examine tout à la lumière des faits et prononceun jugement définitif que ne réprouve jamais la morale même la plus sévère. D'une activité sans pareille, activité qui rendit de mauvais services à sa santé qui s'améliore cependant, il voit à tout et travaille pour l'avancement matériel et spirituel de la Paroisse. Déjà, d'importantes réparations pour plus de dix mille piastres vont être faites à l'église et à la sacristie et le presbytère a revêtu une toilette nouvelle qui en fait une résidence digne du Pasteur d'une paroisse.

En Î887, le Kév. M. Liugis avait ia pénible mission d'annoncer à Mad. Jos3pli L?vesqiie, dont le mari avait péri en plein fleuve, alors que M. Winter était à la tête de la paroisse de l'Isle-Yerte, que son fils aîné TV^ilbrod venait de se noyer accidentellement à Bass Lake, Ontario, alors qu'il traversait une rivière en canot. Famille bien éprouvée que celle-là. Le grand père du jeune Levesque disparut un jour dans la forêt : on le crut dévoré par les ours qui abondaient alors. Plus tard, le père se noie sous les yeux mêmes de ses matelots impuissants à aller Itû porter secom's ; son oncle David S3 tue accidentellement sur le pont de glace qui relie rile à la terre ferme en hiver, et lui-même rinfortuué jeune homme, exilé loin des siens, trouve la mort dans les eaux d'une rivière tandis que son compagnon se sauve, et son frère Arthur,^ dernier soutien de sa mère^ vient de se faire mutiler dans la collision de- Kimouski (mars- 1889.) Il était serre-freins, sur les chars.

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