‹ L'Isle-verteChapitre 7 sur 17 · GS · texte numérisé non relu

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C'osl-à-dire quo le roi leur concédait moitié par moitié la lisière de terrains qui se trouvait à séparer leurs concessions respectives. Le Sieur d'Artigny se trouvait donc Seigneur de trois lieues de seigneurie — deux lieues à l'est de la Rivière-Verte et une lieue à l'ouest.— C'est cette étendue de terrain qui forme la Seigneurie de l'Isle-Yerte.

Plus tard un brevet de Sa Majesté signé "Louis " et plus bas " Colbert " ratifiait et confirmait les concessions faites aux Sieurs de la Cordonnière et d'Artigny en leur donnant le droit de haute et basse justice dans leur domaine et les exemptant de toute indemnité ni au Eoi Louis XIT, ni à aucun de ses successeurs. Donc les Sieurs de la Cordonnière et d'Artigny sont les premiers du fîef de l'Isle-Yerte comme nous venons de le voir d'après les titres de concession.

L- premier mai nOl, Monsieur d'Artigny vendit à Sieur Pierre Deniort Lanoraie, tous les droits qu'il pouvait avoir dans les trois lieues de la Seigneurie de Tlsle- \erte et ce, par acte notarié devant Mtre Chambalon, Notaire, de Québec. Monsieur de Lanoraie se trouve, par là même, à être le

sacond Seigneur de i'Ile-Yerte. Il ne garda pas longtemps ses droits, car en 1711, il bailla la seigneurie à Sr Charapigny, puis l'échangea ensuite, dans le cours de la même annéô, avec .T. Bapi iste Côté, pour deux terres que ce dernier avait dans l'Ile d'Orléans.

A proprement parler J. B. Coté se trouve le troisième seigneur de l'Isle-Verte. Plus heureuse que Fraserville qui tomba entre les mains de seigneurs protestants, la seigneurie de risle-Yerte ne désertait des mains françaises que pour tomber au pouvoir d'un des nôtres, canadien-français sans préjugé, ni haîne de sectaire.

Oui c'est heureux pour l'Isle-Verte qui commençait pour ainsi dire à essayer ses ailes, quelle ne tomba pas entre les mains de seigneurs protestants. Partout où les pré. jugés de race, de secte et de religion ont passé, l'arbitraire a poussé de profondes racines et n'a produit que desf ruits bâtards.

Mais la providence veillait sur ce petit peuple qui commençait à asseoir les bases de 1 edifi.ce magnifique que l'avenir glorieux est venu courronneT dans la suite. Elle ne permit pas qu^ son extention et sa vitalité s'arrê-

tassent eu chemin. S'ils parut à certain^ heure des obstacles sérieux c'était pour fortifier les courages eu ne leur laissant pas le temps de s'énerver et de s'amoindrir dans un repos fatal, Jean Côté succéda à son père qui était le premier Sv3igneur résidant àl'Isle- Verte au manoir seigneurial bâti près de la rivière, et en 1773, Jean Côté abandonna à ses frères et sœurs, la partie ouest de la Seigneurie de l'Isle-Yerte, connue sous le nom de "Vil le rate.''

Régis G-aron au moyen de titres multiples de ventes, Baux ou échanges, devint, à son tour, seigneur pour cette partie seigneuriale de risle-Yerte et rendait " loi et hommage au Roi " en 1818 à Québec. Deux ans plus tard, François Blanchet, Docteur en médecine de la cité de Québec, faisait vendre les droits de Régis Garou par le Shérif qui était alors M. Philippe Aubert de Gaspé, dont le nom était bien connu. — h'^ fief, mis aux enchères, fut acheté par Louis Gauvreau, ex-député et mar.haad de Québec,, pour la somme d? quartorz^ cent dix piastres, (|1 410.)

En 1822, Louis Gauvreau mourait au faubourg St-Jean à Québ 'c, laiî^sant à Louis

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et Olivier G-aiivrean, ses deux eiifauts, le fief à l'ouest de la rivière, comprenant une étendue de terre de plus d'une lieue. Aujourd'hui, Louis Narcisse Gauvreau, ex-membre du conseil d'agriculture et greffier de la Cour de Circuit de l'Isle-Yerte se trouve à être seigneur pour la partie achetée par son père on 1820.

Quand aux deux lieues à l'est de la rivièrv* la partie la plus importante, elles devinrent la propriété de Barthélémy Côté, succédant à Jean Côté l'héritier du seigneur primitif résidant au manoir. Louis Bertrand, ex-député, bailla la seigneurie de Barthélémy Côté, et aujourd'hui Charles Bertrand, de la société commerciale " Charles Bertrand & Cie " se trouve seigneur, par succession, de la seigneurie propre de TIsle-Yerte, c'est-à-dire des deux lieues à l'est de la Rivière- Verte.

Voilà l'histoire, toute l'histoire passablement confuse de la " tenure seigneuriale '' en la paroisse de l'Isle-Yerte.

Le renouvellement d'hommes résumant en leurs personnes toute l'autorité sur les concessions de terres et devenant, par la même, le point de départ, la cause première de

tout progTès, de tout encouragement et de toute force, ce renouvellement d'hommes, disons-nous, n'était pas de nature à développer avec plus de vigueur le mouvement généreux qui s'était emparé des colons pour défricher le sol, et avancer l'agriculture sur les terres. Au contraire, il dut enrayer toiit progrès marquant et retarder d'autant l'avancement de l'agriculture sur les bords du fleuve.

Hélas ! tous ne comprirent pas leur d'voir en pareille occurence ; tous ne surent pas rester à la hauteur de leur position sociale en n'accomplissant pas ce qiv" le Canada était en droit d'attendre de leur vaillance, de leur esprit d'initiative et de ieur cœur.

Nous ne voulons pas croire que le découragement fut pour quelque chose clans cet oubli des premi'.^rs devoirs que leur imposait leur charte. Non : car le patriotisme seul, à ces heures de pénible oubli, aurait été de nature à remonter leur courage et leur mettre plus avant, dans le cœur l'immense désir de travailler à l'accroissemenT, à l'ag andissement d" leur patrie d'adoption, la Nouvelle-France !

— os --

Mais qui sait ? Leur âme ardonle de ehevaliers ue s'attachait p.-ut-ètre pas à c;^ sol ingrat qui demandait tant de sueurs, de peines, d'énergie et de moyens, pour donner quelque espérance d'avenir au moins dès le début.

Heureusement pour l'Isle-Yt'rte, les seigneurs de cette partie du pays ne lurent pas trop oubli'Hix des devoirs que It-ur imposait leur charge. Ils ne vinrent pas s'établir ici, L'ux-mêmes depuis 1G84 jusqu'à 1711, mais ils surent du moins conserver leur domaine en faisant tenir dès l'origine, " feu et lieu " sur leurs concessions de terrains, comme nous le Vf^rrons plus loin.

L' hfe-Vt^rte et les missionnaires. — Les Pères Henri NoiiveL Arnhroise Rttuillanl et de Li Brosse.

Ce chapitre, duii^ importance capital ', est une introduction à celui qui va suivre et où nous traiterons de l'œuvre des colons ; car on ne peut raisonnablement séparer ce qui est aussi étroitement uni dans les annales d.* notre histi^ire ; !.•§ missionnaires et 1 *s

premiers habitaiits du sol <'n Canada. 11 y a plus de deux siècles, l'église du Cauada était eucore à sou berceau ; mais comme il u'y avait pas sur ce sol libre d'Amérique, d'empereurs romains pour la forcer à descendre aux catacombes, elle se développa avec une force et une vitalité dont on ne peut trouver le secret que dans la divinité de son origine et de son établissement icibas.

Néanmoins que d'obstacles ne se dressèrent pas de partout commes des barrières infranchissables ? Les pauvres missionnaires voyaient s'élever devant eux des difficultés énormes à soulever, des obstacles impossibles en apparence, à contourner. Pas de communication, si ce n'-st pas la voie dangereuse du fleuve , incertitudes dans leurs recherches à travers les forêts poursuivant la conquête des âmes au risque même de leur propre vie ; mille et un dangers à courir dans ces vastes solitudes, livrés à toutes les intempéries des saisons, à la maladies, aux misères, à la famine, à la mort.

Combien de fois ne se virent-ils pas abandonnés à leurs propres forces, seuls.

privés de tout secours, n'ayant plus qu'à

mourir.

La clameur se déroule au fond des solitudoià.

Et le missiounaire écoute, soucieux!

Ls grand cris de la vie épaudu sous les deux !

Mais qu'importaient aux missionnaires ces obstacles multiples semés sur leur voie et qui devaient se fondre devant leur zèle et leur amour pour les âmes comme ces brouillards du matin que les chauds royons du soleil ne tardent pas à dissiper en les absorbant. Les missionnaires ne voyaient qu'une chose : des âmes à sauver î Que leur importaient, après cela, les mille et un fantômes se dressant devant eux tels que le froid, les privations, les misères, l'éloignement, la solitude, les tortures et la mort même î

L?s missionnaires toujours à la recherche des sauvages ont, les premiers parmi les blancs foulé le sol historique de l'Isle-Verte , les premiers, ils ont fait retentir les forêts qui s'étendaient d'abord jusqu'au bords du fleuve, des joyeux cris de reconnaissance au Seigneur pour la plus gTande gloire duquel ils se dévouaient, sslon le magnifique dévise " Ad magnant Dei glwiam " que tous nous connaissons.

Etjoutous le barde eau adieu — dans sou hymne " Religion et Patrie " que nous trouvons à la page 51 d.-,' " Au Fo/jer de mon prèsbyUfe "

A tr.ivers rOeéau soa zèle ici l'eutraiue; A peine il a touché notre plag'e lointaine, Que soa cœur paternel se révèle au colon.

Gloire, oh 1 gloire à ce prêtre ! il fallait du courago. Pour évangiliser le Canada sauvage !

Mais l'héroique apôtre aspirait au martyre. Sur son lit de sapin voué l'eussiez vu sourire Comme un juste qui dort sous le regard de Dieu. Par la marche brisé, pauvre missionnaire. Sous sa tête pesante il plaçait son bréviaire. Et jusqu'au jour dormait un peu-,- Loin dans le nord, malgré cette double barrière Qui paraît l'isoler du reste de la terre, L'enfant de Tadoussac a pu baiser sa croix, Et le noir Saguenay, qui donne un frisson vague Au bouleau qui se penche au-dessus de sa vague - A pu tressaillir à sa voix Héroïque vieillard lorsque sur tes raquettes, Aventurier qui marché (l'étranges conséqueneas— Tu parcourais nos bois de frimas panachés— Pour consoler ton âme et lui donner des ailes, Voyais-tu sur tes pas, dans ces forêts si belles— Taillir des milliers de clochers?— Au feu d'un soir d'été, dans le lointain des âges, Voyais-tu resplendir ces cités, ces villages, Où l'on chante aujourd'hui l'éternel hosanua?

Ce que l'abbé Appoliuaire Gringras dit de Mgr Laval dans son poème couro-nné par

r Université de Québec, nous pouvons l'appliquer avec autant de justesse et d'à propos à tous les missionnaires venus de France sur les bords de notre grand fleuve. Ils venaient jeter en terre la semance du bon grain, comme ils devaient revenir dans la suite voir à ce que l'ivraie ne se mêlât pas à la moisson qu'ils attendaient et surveillaient avec amour parmi les sauvages. Puis ils viendront aussi lorsque les blancs s'empareront du sol, et feront reculer la foret qui gémira sous les coups répétés de la hache fière et hardie '

Disons ici, avec une joie toute chrétienne et toute patriotique : les missionnaires, ce sont les premiers colons, car ce sont eux qui ont ouvert la route aux défricheurs, s'avançant les premiers dans les bois. Sans eux, sans leur valeureux courage, que serionsnous ? Où en serait la colonisation et l'agriculture qui font le bonheur d'un peuple ainsi que la richesse matérielle et morale d'un pays ?— A l'état de lettre morte. —Combien de paroisses, aujourd'hui, seraient érigées sur les rives du fleuve, si les misionnaires n'eussent été là pour aider, soutenir et fortifier à toute heure et à tout moment le courage

laiblissaiit di's pr.nniors pionniers :* Bien p-u assurément.

Nos ancêtres désertèrent le beau ciel de la Normandie et de la Bretagne pour Avenir ici, au bord du fleuve, remplacer les épaisses forêts par des campagnes riches et florissantes, les missionnaires ne les quittèi-ent pas de loin : ce fut là le secret de l'extension vivace que prirent alors partout l'agriculture et le défrichement de ces vastes domaines concédés aux s-igneurs. Oh ! qu'ils seraient étonné, nos bons missionnaires d'alors, s'il leur était permis de venir contempler, en personne, les résultats de leurs travaux apostoliques, de leurs sueurs, de leurs misères et de leurs souffrances. Ce grain de sénevé, ils l'ont pour ainsi dire mis en terre ; ils l'ont arrosé de leurs su nirs et de leur sang, eux les continuateurs de l'œuvre du martyre du Jardin des Oliviers ; ils ont veillé avec un soin jaloux à sa naissance, soutenant ses premiers rameaux, travaillant à lui infuser une j sève toujours nouvelle et toujours neuve. Et j lorsque l'arbre commença à prendre des pro- I portions magnifiques, ayant réalisé déjà de i fortes et belles espérances, les missionnaires

disparurent, couchés dans la tomb^, laissant la place à d^iutres zélateurs de l'œuvre dévouée et bien commencée. Aujourdbui l'arbre est devenu puissant et les haines d^s siè.-les pas plus que les fureurs de Tenf^'r ne réussiront à le déraciner du sol où il est implanté à jamais

Voyons, maintenant, quels sont les missionnaires de risle-Vert^, ceux qui, les premiers, visitèrent ces endroits de peu d'importance à l'orio^ine mais destinés à croire ^n irrandir sous ï étendard de la croix et l.drapeau national. Nous avons vu que bien avant 1663, (vers 1650 paut-être,) le père Gabriel était renu sur l'île Verte en mission parmi les sauvages, puisque le père Henry Nouvel V rencontra une jeune fille sauvage, baptisé -par lui que la mort emporta le jour même du départ du missionnaire.

Ce serait donc là, dans une humble chapelle bâtie à la hâte, que les Malé:-hiteî^ auraient commencé leur conversion que devaient finir plus tard les pères missionnaires envovés à la suite du Père Henri Nouvel le long de la côte sud et nord du fieuve. Là,

ils se seraient iuitiés aux graudes. douces et consolantes vérités qui font les individus heureux et les peuples prospères, les saintes vérités de la religion catholique ? Oh î quelle abnégation de la part de ces luissionnaires ! Qudle énergie indomptable, quelle volonté d^ fer pour amener à genoux aux pieds des autels du Dieu Vivant, ces sauvages enfants des bois dont Tintelligence bornée demande des prodiges pour s'ouvrir à la lumière des connaissances mêmes rudimentaires.

Plus tard, en 1670, le Père Albanei en mission à Tadoussac, se rendait à l'Ile Verte pour y confesser et faire communier bon nombre de sauvages que des traiiants français y avaient trouvés décimés par une épidémie très rageus?, très violente. Ecoutons, le raconter lui-même son voyage à l'île Verte, ses impressions en voyant ces pauvres malh3ureux que consumaient la maladie et la fièvre.

•' Je n'y vis que des squelettes animés des corps défigurés qui avaient passé quatre jours sans manger, sans avoir de quoi se nourrir. Je commençai mes fonctions par la-

prièr.% sur l^ soir j^ préparai du shériagu-. L3 leiidimaiii tous s? '^oii Lassèrent et je doQuai à coiumuiiier à ceax qui étaient capables.

De 1670 jusqu'à 1713, aucune trace, aucune preuve palpable, ni dans les archives ni dans les documents connus, au moins dans aucun de ceux que nous avons consu tés, que les missionnaires soient venus à risle-Yerte. Mais nous savons qu^ Tlsle- Verte est en face de Tadoussa-, et que Thistoire de es doux Paroisses se tient pour ainsi dire par la main. Il y a donc toute probabilité oue l^s Pères De Crepieul, Boucher, Morain, Silvy, Dalmas. Favre, André, Marest et Chardon, tous missionnaires desservant Tadoussac jusqu'en 1701, vinrent à l'Isle- Yerte, comme leurs prédécesseurs pour y rencontrer les sauvages et les quelques blancs qui pouvaient s'y trouver à cette époque.

Eli 1711, J. B. Côté, le seigneur primitif résidant à TIsle-Yerte dans le manoir seigneurial bâti tout près de la Rivière-Yerte— sur sa rive du côté est— se mit en tête de la colonisation et du défrichement. La population blanche, sê trouvant en nombre assez consi-

derablc pour un commeucemeiit de colonie «entit le besoin d'avoir plus réaulièrement les secours de la religion. Dès 1713, on voit qu'un M. Auclair visite i'Lsie- Verte et y fait la mission ponctuellement jusqu'en "17-99 alors que le Père Ambroise Rouillard vint le remplacer.

Le père Ambroise ! Inclinons-nous comme devant une grande image qui a survé -u au passe et reste pour l'avenir. L-' père Ambroise qui ne signait jamais qu'avec la plus grande humilité sur les registres des missions qu'il visitait : " Frère Ambroise" était récollet du nom de Rouillard qui f„t longtemps missionnaire de Eiuiouski où sou nom rit encore dans la mémoire des gens. Ou peut dire cependant que l'étendue de sa mi.ssion était depuis Kamouraska jusquàladaspésie. C'est lui qui. le 30 janvier 1767, recevait le dernier soupir de l'hermite de nie St Barnabe, Toussaint Cartier •e leuue homme arrivé seul à Rimouski mm refusant de répondre aux qu9.stions qu'on ui posait au sujet de sa naissance, de sou says et de sa condition.

Qui de nous n'a pas admiré ce jrune

HomB^o dans la lorce de Tâ-e, dans toute sa 'sève, si nous poxivons nous eïpr.mev ainsi, disant adieu à toutes les ^o^-rs de la vie en famille pour s'isoler sur lUe & .B^™^be ^n larn-e do Rimouski, s'y ensevelir Mvant pourini^ux pratiquer les a-térités des ^.achorèt... Qui nous dira le secret ^Z^";' cette existence misérable sur une ^^^J'^^^H': loin des siens, loin de son pays s ob^inant a rester humble et inconnu ? Qm evera le voile épais dérobant à tous lesyeiix 1 étrange niystère dont s'entorrra soign. us-meiit ce i.une homme admirable.

' Son secret, il l'a emporté dans la tombe avec lui, et le mystère plane toujours sur cett. vie incomprise sans pouvoir jamais être : expliqué, ni dévoilé. H ne sera pas mêle a a class-' ass.z restreinte Dieu merci ? d. s PoullU et des Coton, de ridicule mémoire et dont le souvenir est abhorré la ou il a ete donné à «s tristes sires d'exercer leur religion de contrebande. Il y a des promiscu e qui sont criminelles ! EUes humilient elk. rapetissent! Il y aurait de l'infamie a acco lei le nom de Toussaint Cartier a cdui dr vula-aire Coton d-s monta-nes de ht Fasclia

que tout le moude roimait ot dont l'histoiiv est une preuve de la perversité de ces îrens qui ont levé le masque, de même qu^dle atteste la bonté d'âme et la charité de nos populations qui ne savent rien refuser à celui qui demande au nom de Dieu et de la Sainte Viero-e.

L'' père Ambroise Rouillard fît beaucoup de bien à Eimouski, et dans toute ses courses sur la rive sud il laissa la réputation d'un grand saint. Il mourut plein de mérites devant Dieu et devant ses ouailles à Rimouski, dans l'été de 1769, et fut enterré dans la première chapdle de Rimouski avec René Lepage, premier Seigneur et ami d, cœur de Toussaint Cartier, a qui il avait rendu les derniers devoirs"— (iV/or Gmjy, Chronique de Rimouski.) Peut-on connaître l'étendue des mérites du Père Rouillard, cet homme de Dieu qui édifia pendant plus de trente-cinq ans les colons et les sauvages établis sur les bords du fleuve à partir de Québec jusqu'en bas de Rimouski ? Ce n'était qu'un homme, après tout, et que d obstacles de toutes espèces à surmonter pour atteindre ses missions, ses chères mis-

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sion. auxquelles il attacliait toute sa v.e . Que de force eu face des dangers si nombreux semés sur sa toute pénible et que dabuégation de soi-même pour se faire ml a tous comme St Paul !

Yovez-le au sàn de la tempête qui soulève les" eaux de notre grand fleuve aux jours dautonine . vovez-le encore perdu dans les bois à la recherche des sauvages ; voyez-le exténué de fatigues, brisé, i'-^^P^^le d avancer tous ses membres brisés lui refusant leur service, l'empêchant d'alU-r plus loin, ba fio-ure chau2e-t-elle ? Jamais.

" On voit toujours le même sourire errer «uv ses lèvres, le sourire du martyr content de son sort et fier de montrer ses blessures toujours le même rayonnement sur ce Iron bien fait pour porter la couronne Oh . oui la couronne du Diviu-Crucifié ! toujours le même éclair dans ces yeux purs, vrai miroir de lame qui reste aussi blanche quelk est

o;«p Vi le cœur ? H battait dans touiours sareme. iit le cœur . •■

sa poitrine à runisson de celui qui lui traça la route des souffrances en parcourant la voie douloureuse de la Passion.

C> que nous dsr. s du Pè'.'» .Xmbrr.s-

Rouillard, nous pouvons le dire de tous ces humbles enfants de Dieu qui vinrent sur nos bords porter la foi et la civilisation pour le plus grand bien de notre pays et de ses habitants. Ab uno disce omnes !

Cet esprit de l'apostolat, ces désirs d'immolation, de sacrifices, et d'abnégation pour les âmes , ces aspirations au martyre, aux souffrances de toutes sortes pour la plus grande gloire de Dieu et de son Eglise, ont-ils diminué de nos jours, dans ce siècle de progrès et de lumière où tout marche avec une rapidité qui tient du vertige ? Interrogez l'histoire moderne elle vous dira : Non, f*es désirs d'immolation sont éternels comme celui qui en est la récompense. Ici encore notre clergé est fort, vicace, et animé de la grande charité apostolique qui a conquis le monde. Nous avons encore des missionnaires qui, à l'instar des Pères Rouillard et de LaBrosse, vont à la conquête de âmes ou veillent sur les ouailles confié 3s à leur sollicitude toute pastorale.

Après le père Ambrois^, l'Isle-Verte reçoit la vis'te du Père Chs. Birb3l depuis 1736

jusqu à 1T3S, époque où la Père Luc le remplace pour continuer la mission jusqu'en

De 1746 à 1758, le Père Ambroise Eouillard revient de nouveau visiter ses ouailles de risle-Y.Tte et en 1759 il est remplacé par M. Cks. G-enest aumônier d 'S vaisseaux de Sa Majesté. Ce titre " d'aumônier du roi " nous rappelle toule l'histoir.* héroïque de la domination français?, en même temps qu'il fait surgir devant nos yeux Le hideux tableau de la tyrannie systématique et arbitraire de nos ennemis après la conquête.

M. Chs. G-enest, retiré du service s'était consacré aux missions en bas de Québec, à celles qui demandaient le plus de zèle, de courage et d'abnégation. Conservant son titre d'aumônier des vaisseaux du roi, il ne désertait donc pas son poste de confiance pour st- consacrer ainsi aux missions. Il avait compris peut-être que le sort des armes françaises était scellé d'avance en face d'une lutte inégale où l'ennemi puissant, bien renseigné et soutenu de toute part, devait inévitablement l'emporter.

1759 ! Quelle dat^ doulournis^ dans

l'histoire de notre pays ! Quel retentissement dû avoir sur les bords du fleuve St Laurent la pénible nouvelle de la reddition de Québec. Ce fut comme un glas funèbre qui plana longuement sur le pays tout entier.

liln 1Y60, M. Trutaut est à l'Isle- Verte. Le Père Ambroise le remplace et reste missionnaire de la côte sud jusqu'en 1769, date de sa mort à Eimouski. De 1Y70 à 1774, M. Trutaut est chargé de la mission de l'Isle- Verte.

Ici nous ouA^rons une parenthèse pour faire remaquer qu'en 1713, l'Isle-Yerte u'était encore qu'à l'état embryonnaire, mais possédant tout ce qui constitue les principes de vie. L'Isle-Yerte devait vivre, elle devait grandir et voir les colons se grouper autour du clocher de l'humble .*hax)elle de la mission Il n'était pas encore permis aux pionniers de l'Isle-Yerte d'espérer avoir au milieu d'eux le missionnaire qui console, encourage et fortifie : le nombre d'habitant n'était pas assrz considérable pour pouvoir payer une dîme capable de faire vivre un prêtre. Aussi jusqu'en 1775, l'année qui vit Québ c assiégé par l'-R généraux américaij's Monigomery et

d' Arnold, ce sont en grande partie les cnrés de Kamouraska qui desservent llsle-Yerte dont raccroissement rapide étonne les voisins et donne de grandes espérances. En 1777, le Père LaBrosse parait pour la première fois sur la scène de l'Isle-Yerte. Missionnaire alors à Tadoussac, il est venu constater par lui-même les progrès de la petite colonie, en face de sa mission, dont il n'était séparé que par six lieues de fleuve.

Arrêions-nous un instant devant cette grande figure apostolique du Père LaBrosse Elle demande plus d'un coup plume, plus qu'une simple mention, il faut une étude à part ; elle exige un travail spécial devant lequel nous ne reculons pas. Le nom du Père LaBrosse est trop identifié avec celui de la paroisse de l'Isle-Yerte pour que nous n'essayions pas de lui faire un cadre particulier, de lui donner une place convenable dans cette histoire où il se trouvera bien à Taise comme parmi les siens.

Le Kéverend Père de LaBrosse

(1754—1782) Il y a de ces figures étranges et fulgurantes qui se détachent du commun desmor-

tels et brillent d'un éclat radieux qu'on retrouve à toutes les époques de l'histoire ; et quand ces figures sont celle d'un Périclès, d'un Auguste, d'un Charlemagne, d'un Saint Louis, d'un François 1er, d'un Louis XIY, elles résument à elles seules tout un siècle de civilisation, de gloire et de progrès de tout genre. Mais tout est relatif en ce monde et selon les théâtres sur lesquels ils apparaissent, il y a de ces personnages qui " brillant au second rang s'éclipseraient au premier. ' En ont-ils moins de mérite pour tout cela ? Assurément non !

On voit des hommes qui passent ici-bas ne laissant après eux qu'un monceau de ruines, pareils à ces iieuYes débordés qu^ ravagent tout ; d'autres ne font pour ainsi dire que paraître sur la scène du monde et déjà leur gloire toute humaine, toute terreste, remplit tout un siècle : les peuples jaloux se disputent leur berceau et s'en font des demi-dieux. D'autres, enfin, sur des théâtres moins vastes, i>assent en faisant le bien comme le divin crucifié de la Montagne Sainte , ils ne laissent pas leur nom au siècle qui les voit naître, travailler, souffrir et

mourir, mais ils gagnent des âmes à Dien en se faisant aimer de tous et cela vaut infiniment mieux ! Ce sont parfois des hommes d'une simplicité étonnante, — " mais, dirons-nous avec Donoso Cortès, qui a mis sur leurs lèvres ces saintes harmonies et cette mâle éloquence et ces terribles imprécations et ces prophétiques menaces, et ces accents de brûlante charité qui jettent l'épouvante dans la conscience des pêcheurs et ravissent jusqu'à l'extase les âmes pures des justes V" Nous répondrons : leur simplicité virginale et leur parfaite sainteté encore i^lus que la grandeur de leur cause , car ces deux vertus seules, peut-être, ont la force de jeter l'épouvante dans la conscience des pêcheurs et de ravir l'âme des justes jusqu'à l'extase.

Ecoutez la grande voix de celui que nous pleurons encore, ce géant de la plume et de la pensée, Louis Yeuillot: " C'est par la prière, par la prédication, par toute la vie de la parole humaine, par tout ce qui sort des yeux et du cœur dun apôtre, par cette grâce divine que les œuvres de foi font surabonder dans l'âme des saints missionnaires et qu'ils répandent sur leurs auditeurs ; c'est par là que les

indifférents sont émus, 1-^s incrédules convertis. La vois d'un bon prêtre produira en quelques jours des miracles que tous les livres et tous les journaux du monde n'opéreront jamais. C 'ux-là seuls i3euvent vraim?nt convertir qui peuvent absoudre ayant reçu tout ensemble comme prix de leur existence vouée à Dieu — le devoir d'instruire et le pouvoir de j^ardonner. "

Le K. P. de LaBrosse est du nombre de ces âmes d'élite à qui Dieu donna tout ensemble, le devoir d'instruire et le pouvoir de pardonner. Il résume en lui-même toute une époque ignorée de gloire pour l'église du Canada, dans cette partie du pays qui s'étend d.^puis Tadoussac jusqu'à la Graspésie. Sa réputation de sainteté est universelle parmi ceux qui habitent le bas du fleuvf^, et son nom ne se prononce jamais qu'avec les plus grands signes de n spect et de vénération parmi le peuple, parmi nous. 11 mérite bien ce tribut de respect et de vénération, ce grand serviteur de Dieu qui, pendant plus de trente ans, fit l'admiration du peuple canadien échelonné sur les rives du fleuve en bas de Québec.

Jean Baptiste de LaBrosse naquit eu 1712 de parents chrétiens habitants de Trémouille. Sa jeunesse est inconnue et son histoire, pour nous, commence avec son arrivé? à Québec en 1754. Membre de la Compagnie de Jésus, il venait rejoindre ceux de ses frères qui l'avaient devancé et dont tout un siècle disait hautement la sainteté, le courage, le zèle, le dévouement, l'abnégation et surtout l'ardent amour pour faire prospérer et fleurir, sur ce sol du Canada, l'église catholique dont ils étaient les fiers et sublimes champions, les colonnes vivantes !

De 1754 à 1766, le Révd Père est chargé des différentes paroisses aux alentours de Québec. C'était une initiation aux rudes travaux de l'apostolat que lui réservait l'avenir, travaux sublimes, capables de remplir les vastes aspirations d'une âme d'élite qui n'a qu'un rêve : sauver les hommes dont le prix de rachat n'a été rien moins qu'un supplice affreux couronné par une mort affreuse, ignominieuse. Douze ans après son arrivée en Canada, le' Père de LaBrosse était missionnaire des établissements de la côte Nord et de la rive Sud, avec résidence à Tadoussac. (Il juillet 1766.)

C'est à partir de cette éiDoque que le nom du Père de La Brosse est acquis à l'histoire religieuse et nationale de notre pays. A risle-Yerte, il n'est pas un habitant qui ne sache pas ce qu'a été le Père de LaBrosse, combien il était chéri et aimé et la grande .réputation de sainteté qu'il avait. Aux lieux où il a le plus vécu, comme à Rimouski, Tadoussac, risle-Yerte,Cacouna, vous verrez les vieillards comme les enfants d'école vous

dire : Le Père LaBrosse ? Oh ! c'était un

grand saint à l'égal de St François Xavier ! puis ils se surprendront à vous compter les légendes des cloches sonnant sa mort et des rochers gardant l'empreinte de ses pieds ou de sa raquette au départ d'une mission ; légendes bénies qu'on se raconte, les soirs d'automne, au coin du feu , légendes heureuses qui ont bercé notre jeune âge et frappé notre imagination aux jours de l'enfance.

On trouve la signature du Père de La Brosse dans les rr gistres de l'Ile-aux-Coudres de 1^66 à 176^ et cette même année 1^66, on le retrouve bénissant une église aux Ilets à Jérémie. On perd ses traces jusqu'en It^O. Pendant ce temps, le Père de LaBrosse, rem-

pli de zèle évangélique comme ses devanciers pour la conversion dv^s sauvages, travaille son dictionnaire de la langue montagnais '. Travail patient, œuvre d-^ mérite s'il en fut^ tout cela était digne de sou grand cœur d'apôtre, de sa belle âme de missionnaire !

Oh ! l'admirable prévoyance de l'amour ardent d'un saint homme de Dieu }>our 1 ^ salut des âmes qui ont coûté si cher ! Il sait que l'œuvre du Christ, éternelle comme Dieu lui-même, continuera après sa mort ; il sait aussi que quand ses os auront blanchi dans quelque coin ignoré, d'autres missionnaires l'auront remplacé dans la grande armée du bien, suivant ses traces, imitant ses exemples " et passant en faisant le bien. " Ne voulant pas les laisser seuls avec eux-mêmes en f ac ? de bien des obstacles pour se faire comprendre dos sauvages, il travaille à leur applanir les aspérités de la voie, eu composant ce dictionnaire montagnais destiné à rendre des services signalés aux continuateurs de son œuvre. C'est à St Laurent lie d'Orléans, qu'il travaille à cet ouvrage pendant deux ans. Ce laps de temps écoulé, il descend à E.estigouche pour y bâtir une chapelle, x)uis il passe l'hiver

à Bonaveiiture, dans le bas di Rimouski. Au printemps de It'TS, il remonte le fleuve. Ceux qui connaissent les difficultés que l'on rencontre sur la mer à cette époque de l'année, comprendront le courage du saint missionnaire. Ce fut durant ce voyage qu'il arrêta pour la première fois à l'Isle-Yerte et y fit la mission pendant quelques jours. L^ 10 septembre, il était de retour à la Baie des Chaleurs après avoir passé quelque temps à Québec et à Tadoussac.

Cet automne de 1^73 le vit se multiplier pour ainsi dire afin de satisfaire les aspirations de son cœur et étancher un peu cette soif des âmes qui le consumait. Travailleur infatiguable, li parcourt dans les temps les plus rigoureux de la saison, des dislances énormes. C'est ainsi qu'il part de Bonaventure pour aller à Nipisigui et Poquemouche où il bénit solennellement une église à St Michel. De là il se rend à Nigagekon, où l'attendaient des français des acadiens et des sauvages de la tribu des micmacs II fait une mission à Tricadièche et revient à Bonavcnture où il arrive le 25 novembre. C'est là qu'il passe l'hiver, faisant le catéchisme

aux enfants et aux sauvages, apprenant l'écriture aux habitants de l'endroit. Quelle abnégation ! Quel ardent amour pour l'humanité au fond de cette âme d'apôtre !

Allez leur jeter la pierre à ces hommes de courage qui osèrent ce que l'on ne tenterait pas de commencer, ces hommes qui nous ont fait un avenir en nous créant une large place au soleil , ces hommes qui ont fait de nous un peuple viril, vaillant et ferme, un peuple qui regarde le ciel en face et sait à ses heures défendre l'autel et les saintes causes ! Oui, jetez-leur la pierre, " démolisseurs stupides, " aurait dit Alfred de Musset, elle vous retombera sur la têt?.

De Bonaventure, le Père de LaBrosse se rend à Tricadièche pour y faire] faire les Pâques, et après un arrêt de 24 jours dans ces parages, il remonte à Québec où il arrive le 1er mai ltt4. Dans le cours de l'été, il revient en mission à Cacouna, aux Trois-Pistoles et à risle-Yerte. Dans cette dernière paroisse, il passe une partie de l'hiver à enseigner la lecture, le catéchisme et l'écriture, profitant de ses rares instants de loisir i^our mettre la dernière main à son dictionnaire montagnais.

Cet ouvrage lui avait coûté huit longues années de travail, d'études et de recherches. Il lui restait encore à accomplir une œuvre chère à son cœur de prêtre et d'apôtre. Il aura donc la patience chrétienne de traduire tous les saints évangiles en montagnais, et à défaut de caractères d'imprimerie, il fera copier les sauvages eux-mêmes.

Cette œuvre terminée, il part le 30 avril pour Tadoussac dont il n'est séparé que par le fleuve, remonte le Saguenay jusqu'à Chicoutimi, revient à Tadoussa. et de là se rend de nouveau à Eimouski pour y faire faire les Pâques. Epuisé de fatigue, brisé par ces courses héroïques, il S3 sent affaiblir, la nature l'emporte sur son courage et il tomb?. malade. Il se décide donc à passer l'hiver à Eimouski. A peine le fleuve est-il libre de glaces, apprenant que la plus grande discorde règne à Tadoussac, il s'empr.=^sse de s'y rendre. Le 4 mai 1^46, il entrait dans la Baie de Tadoussac.

A sa vue, tout se calme, tout s'apaise comme autrefois la mer à la voix du Fils de l'homme.

En 1781, on le retrouve à Eimouski d'où

il part bientôt pouT Tadoussac. Hélas ! c'était son dernier voyage ici-bas, avant d'entreprendre le grand voyage de l'éternité. Il venait à Tadoussac fermer une carrière noblement remplie et saintement soutenue. Quand on co'inaît combien difiB-ciles étaient les communications d'alors entre la Baie des Chaleurs, Rimouski, Tadoussac et ITsle-Yerte; quand on sait combien pénible est la vie errante et nomade des sauvages au milieu des bois ; quand on considère les distances énormes à parcourir entre Québec et Bonaventure et que Ton voit le Père de LaBrosse franchir ces distances sans relâche, on se demande si l'homme livré à ses propres forces peut résist-^r aussi longtemps. Pour nous, chrétiens, le Di^itus Dei est hic explique tout et nous disons avec k' Eévérend Père de La Brosse lui-mêm3 . " Nous voyons bien parfois avec évidence que Dieu n'abandonne point son bon missionnaire î *'

L^ R. P. de LaBrosse mourut à Tadoussac le 11 avril 1782, à lage de 70 ans.

Il partit Vers ce grand pays luconou, .Si loin et si proche du nôtres Où tous s'en vont l'un aprè>* l'aiitre Et d'uù pas un n'est revuuu !

Son corps fut enterré à TadoiTssac dans l'humble chapelle dont le seuil béni fait face à la mer et qui fut, dit-on, témoin de ses miracl s. Plus tard, on transporta son tombeau à Chicoutimi : c'est là qu'il attend le grand jour de la rétribution uniYerselL^.

L3 Père de LaBrosse vivra longtemps dans le souvenir des habitants de la rive sud du fleuve en bas de Québec. Comme l'a si bien dit le poète Arsène Houssaye :

" Pour ceux qui les aimaient, les morts vivent toujours."

Dans cent ans d'ici, on répétera ce qu^^ Ton disait autrefois et que l'on sait aujourd'hui : " Le Père de La Brosse était un grand saint ' "

Un au après la mort du Père de La Brosse, M. Leclaire est nommé missionnaire de risle-Yerte avec résidence permanente dans cette paroisse. En 1783, l'Isle-Yerte n'était plus au rang des missions. Elle s'était développée, agrandie, e.t la forêt, comme prise de peur ou d'assaut, avait reculé au loin sa ligne sombre.

Elle n'était plus seule, grandissant au milieu des bois ; déjà d.'s rivales sérieusis

s'élevaient à sa gauche avec Cacouua et à sa droite avec les Trois-Pistoles.

Et puis plus haut, en remontant le fleuve la Eivière-du-Loup, perchée sur les hauteurs, regardait fièrement déjà à l'horizon, et promettait tout ce qu'elle a donné dans la suite.

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