‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 13 sur 51 · A TU · texte numérisé non relu

A TU

|. prière, sur le soir je préparai du shériague, Ls lendemain tous se ronfessèrent et je donnai à commuuier à ceux qui étaient capa-

bles.

De 1670 jusqu’à 1713, aucune trace, aucune preuve palpable, ni dans les archives ni dans les documents connus, au moins

à däns aucun de ceux que nous avons consu'tés, que les missionnaires soient venus à Msle-Verte. Mais nous savons que l’Isle- Verte est en face de Tadoussac, et que l’his-

toire de ces deux Paroisses se tient pour ainsi dite par la main. Il y a donc toute probabilité que les Pères De Crepieul, Boucher, Morain, Silvy, Dalmas, Favre, André, Marest et ‘Chardon, tous missionnaires desservant Tadoussac jusqu'en 1701, vinrent à l’Isle- Verte, comme leurs prédécesseurs pour y rencontrer les sauvages et les quelques blancs qui pouv: lent s’y trouver à cette époque.

En 1711, J.B. Côté, le seigneur primitif résidant à l’Isle-Verte dans le manoir seigneu-

. rial bâti tout près de la Rivière-Verte—sur.

1 | sa rive du côté est—se mit en tête de la colo- ! |’ nisation et du défrichement. La population

blanche, se trouvant en nombre assez consi-

dérable pour un commencement de colonie, sentit le besoin d’avoir plus régulièrement lee secours de la religion. Dès 1718, on voit qu'un M. Auclair visite l’Isle-Verte et y fait la mission ponctuellement jusqu’en 1729, alors que le Père Ambroise Rouillard vint le remplacer.

Le père Ambroise ! Inclinons-nous comme devant une grande image qui a survécu au passé et reste pour l'avenir. Le père Ambroise qui ue signait jamais qu'avec {la plus grande humilité sur les régistres des missions qu'il visitait : “ Frère Ambroise!

était récollet du nom de Rouillard qui fut longtemps missionnaire de Rimouski, où son nom vit encore dans la mémoire -dés gens. On peut dire cependant que l'étendue de sa mission était depuis Kamouraska jusqu'à la Gaspésie: C’est lui qui, le 80 janvier 1767, recevait le dernier soupir de l’hermite de l'île St Barnabé, Toussaint Cartier, ce jeune homme arrivé seul à Rimouski (1728) refusant de répondre aux questions qu'on |E Jui posait au sujet de sa naissance, de son | pays et de sa condition. | su

Qui de nous n’a pas admiré ce jeune

homme dans la force de l’âge, dans toute sa sève, si nous pouvons nous exprimer ainsi, disant adieu à toutes les douceurs de la vie en famille pour s’isoler sur l'ile St Barnabé au large de Rimouski, s’y ensevelir-vivant pour mieux pratiquer les austérités des anachorètes. Qui nous dira le secret que cachaït cette existence misérable sur une île déserte, loin des siens, loin de son pays s’obstinant à rester humble et inconnu ? Qui lèvera le Voile épais dérobant à tous ies yeux l'étrange mystère dont s'entoura soigneusement ce jeunc aomme admirable.

Son secret, il l'a emporté dans la tombe avec Jui, et le mystère plane toujours sur cette vie incomprise sans pouvoir jamais être expliqué, ni dévoilé. Il ne sera pas mêié à la classe, assez restreinte, Dieu merci ? des Poullet et des Coton, de ridicule mémoire, et dont le souvenir est abhorré là où 1l a été donné à ces tristes sires d'exercer leur religion de contrebande. Il y a des promiscuités qui sont criminclles ! Llles humilient, elles rapetissent ! Il y aurait de linfamie à accoler le nom de Teussaint Cartier à celui du.

vulgaire Coton des montagnes 4e St Paschal,

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que tout le monde connaît et dont l’histoire est une preuve de la perversité de ces gens qui ont levé le masque, de même qu’elle atteste la bonté d’âme et la charité de nos populations qui nesavent rien refuser à celui qui demande au nom de Dieu et de la Saiute Vierge.

Le: père Ambroise Rouillard fit beau-

coup de bien à Rimouski, et dans toute ses”

courses sur la rive sud il laissa la réputation d'un grand saint. Il mourut plein de mé-

rites devant Dieu et devant ges -orailles =.

à Rimouski, dans l'été de 1769, et fut enterré dans la première chapelle de Rimouski avec René Lepage, premier Seigneur eb ami de cœur de Toussaint Cartier, a qui il avait rendu les derniers devoirs”-(/{er Guay, Chronique de Rimouski.) Peut-on coni-

naître l'étendue des mérites du Père Rouil-

lard, cet homme de Dieu qui édifia penäant plus de trente-cinq ans les colons et les sau-

vages établis sur les bords du fleuve à partir

de Québec jusqu’en bas de Rimouski ? : Ce n'était qu’un homme, après tout, et que d'obstacles de toutes espèces à surmonter pour atteindre ses missions, ses chèras mis-

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me BU de sions auxquelles il attachait toute sa vie ?

Que de force en face des dangers si nom- } 4 breux semés sur sa route. pénible et que d’abnégation de soi-même pour se faire fout 3

d tous comme $t Paul ! | Voyez-le au sein de la tempête qui sou- . lève les eaux de notre grand fleuve aux jours à M, d'automne , voyez-le encore perdu dans les À bois à la recherche des sauvages ; voyez-le æxténué de fatigues, brisé, incapable d'avancer, tous ses membres brisés lui refusant leur service, l’empêchant d'aller plus loin. Sa | figure change-t-elle ? Jamais. UE .

On voit toujours le même sourire errer 5 sur ses lèvres, le sourire du martyr content de son sort et fier de montrer ses blessures , toujours le même rayonnement sur ce front | bien fait pour porter la couronne. Oh'oui Î:

la couronne du Divin-Crucifié ! toujoursle

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