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Gloire, oh! gloire à ce prêtre ! il fallait du courage.
Pour évangiliser le Canada sauvage!
Mais l’héroique apôtre asçcirait au martyre,
Sur son lit de sapin vous l’eussiez vu sourire Comme un juste qui dort sous le regard de Dieu. Par la marche brisé, pauvre missionnaire,
Sous sa tête pesante il plaçait son breviaire,
Et jusqu’au jour dormait un peu,
Loin dans le nord, malgré cette double barrière Qui paraît l’isoler du reste de la terre,
L'enfant de Tadoussac a pu baiser sa croix,
Et. je noir Saguenay, qui donne un frisson vague Au bouleau qui se penche au- ie de sa vague - A pu tressaillir à sa voix
Héroïque vieillard lorsque sur id raquottés, Aventurier qui marche d’étranges couséquences— Tu parcourais nos bois de frimas panachés—
Pour consoler ton âme et lui donner des ailes,
Voyais-tu sur tes pas, dans ces ‘orêts si belles .
faillir des milliers de elochers?—
Aù feu d’un soir d'été, dans le lointain des âges, Voyais-tu resplendir ces cités, ces villages,
Où l’on chante aujourd’hui l’ éternel hosanna?.
Ce que l’abbé Appolinaire Gingras dit de Mgr Laval dans son poême couronné par
a dar anis ombre aie Loris
l’Université de Québec, nous pouvons l’apphiquer avec autant de justesse et d'à propos à tous les missionnaires venus de France sur les bords de notre grand fleuve. Ils venaient jeter en terre la semance du bon grain, comme ils devaient revenir dans la suite voir à ce que l’ivraie ne se mêlât pas à la moisson qu'ils attendaient et surveillaient avec amour parmi les sauvages. Puis ils viendront aussi lorsque les blancs s'empareront du sol, et feront reculer la forêt qui gémira sous les coups répétés de la hache fière et hardie !
| Disons ici, avec ane joie toute chrétienne et toute patriotique : les missionnaires, ce sont les premiers colons, car ce sont eux qui ont ouvert la route aux défricheurs, s’avançant les premiers dans les bois. Sans eux, sans leur valeureux ‘courage, que serionsnous ? Où en serait la colonisation et l'agri- . culture qui font le bonheur d’un peuple ainsi que la richesse matérielle et morale d’un pays ?—A l'état de lettre morte. —Combien de paroisses, aujourd’hui, seraient érigées sur les rives du fleuve, si les misionnaires n’eussent été là pour aider, soutenir et fortifier à toute heure et à tout mange courage
faiblissant des premiers pionniers ? Bien peu assurément.
Nos ancêtres désertèrent le beau ciel de la Normandie et de la Bretagne pour venir ici, au bord du fleuve, remplacer les épaisses forêts par des campagnes riches et florissantes, les missionnaires ne les quittèrent pas de loin : ce fut là le secret de l'extension , vivace que prirent alors partout l’agriculture et le défrichement de ces vastes domaines concédés aux seigneurs. Oh! qu’ils seraient
‘étonné, nos bons missionnaires d’alors, $'il .
leur était permis de venir contempler, en personne, les résultats de leurs travaux apostoliques, de leurs sueurs, de leurs misères et dé leurs souffrances. Ce grain de sénevé, ils l'ont pour ainsi dire mis “en terre ; ils l’ont arrosé de leurs sucurs et de leur sang, eux les continuateurs de l’œuvre du martyre du Jardin des Oliviers ; ils ont veillé avec un soin jaloux à sa naissance, soutenant ses premiers rameaux, travaillant à lui infuser une. sève toujours nouvelle et toujours neuve, Et. lorsque l'arbre commença à prendre des pro:
portions magnifiques, ayant réalisé déjà de fortes et babes espérances, les. missionnaires
disparurent, couchés dans la tombe, laissant la place à d’autres zélateurs de l’œuvre dévoué: et bien commencée. Aujourdhui l'arbre est devenu puissant et les haines des siècles pas plus que les fureurs de d'enfer ne réussiront à le déraciner du sol où il est implanté à à jamais.
Voyons, maintenant, quels sont les missionnaires de l’Isle-Verte, ceux qui, les premiers, visitèrent ces endroits de peu d'im- portance à l’origine mais destinés à croire et
grandir- sous l’étendard de la croix et le’
‘drapean national. Nous avons vu que bien
avant 1663, (vers 1650 peut-être,) le père.
GCrabriebétait venu sur l'ile Verté en mission parmi les sauvages, puisque le père Henry
> Nouvel y rencontra une jeune fille sauvage,
5e baptisée par lui que’la mort emporta le jour même du départ du missionnaire.
Ce serait donc là, dans une humble
* chapelle bâtie à la hâte, que les Maléchites auraient commencé leur conversion , que
4e F devaient finir plus tard les pèrés missionnaïres envoyés à la suite du Père Henri Nouvel
le long de la côte sud et nord du fleuve. Là,
WW. ex
ils se seraient initiés aux grandes, douces et çconsolantes, vérités qui font les individus | heureux et es peuples prospères, les saintes vérités de la religion catholique ? Obh:!.
quelle a5uegation de la part de ces missionnaires ! Quelle énergie indomptable, quelle
volonté de fer pour amener à genoux aux pieds des autels du Dieu Vivant, ces sauva-
ges enfants des bois dont. l'intelligence bor- #.
née demande des prodiges pour s'ouvrir à la:
lumière des connaissances mêmes rudimentaires.
Pius tard, en 1670, le Père Albanel en.
mission à Tadoussac, se rendait à l’île. Verte pour y confesser et faire communier bonnombre de sauvages que des traitants fran-
çais y avaient trouvés décimés par une épi- “démie très rageuse, très violunte.. Ecoutons,
le raconter lui-même son voyage à l’île Verte, ses impressions en voyant ces pauvres malheureux que consumaient la maladie et la fièvre.
“Je n'y vis que des squelettes animés
des corps défigurés qui avaient passé quatre ‘|
jours sans manger, sans avoir de quoi se
nourrir, Je commençai mes fonctions par la. !#
Dé
- < RS Dire
CR TP 7e ST TES