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MT ee l’histoire de notre pays! Quel retentissement dû avoir sur les bords du fleuve St Laurent la pénible nouvelle de la reddition de Québec. Ce fut comme un glas funèbre qui plana longuement sur le pays tout entier.
En 1760, M. Trutaut est à l’Isle-Verte.
Le Père Ambroise le remplace et reste mis-
sionnaire de la côte sud jusqu’en 1769, date ". de sa mort à Rimouski. De 1770 à 1774,
M. Trutaut est chargé de la mission de l'Isle - 4 |
Verte, Ici nous ouvrons une parenthèse pour faire
remarquer qu'en 1713, l’Isle-Verte n'était. .
encore qu’à l’état embryonnaire, mais possèdant tout ce qui constitue les principes de vie. L'Isle-Verte devait vivre, elle devait grandir et voir les colons se grouper autour
du clocher de l’humble “hapelle de lamission.
I] n’était pas encore permis aux pionniers de l’Isle-Verte d'espérer avoir au milieu d’eux le missionnaire qui console, encourage et fortifie : ie nombre d’habitant n'était pas assez considérable pour pouvoir payer une dime capable de faire vire un prêtre. Aussi jusqu'en 1775, l’année qui vit Québ:c assiégé par les généraux américains Montgomery et
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d’'Arnold, ce sont en grande partie les curés de Kamouraska qui desservent l'Isle-Verte dont l’accroïssement rapide étonne les voisins et donne de grandes espérances. En 1777, le Père LaBrosse paraît pour la première fois sur la scène de l’Isle-Verte. Missionnaire
alors à Tadoussac, il est venu constater par
lui-même les progrès de la petite colonie, en face de sa mission, dont il n’était séparé que
par six lieues de fleuve.
Ârrêtons-nous un instant devant cette grande figure apostolique du Père LaBrosse
Elle demande plus d’un coup plume, plus
qu’une simple mention, il faut une étude à pert ; elle exige un travaïl spécial devant léquel nous ne reculons pas. Le nom du
… Père LaRrosse est trop identifié avec celui de
la paroisse de l’Isle-Verte pour que nous n'essayions pas de lui faire un cadre particulier, de lui donner une place convenable dans cette histoire où il se trouvera bien à l'aise comme parmi les siens.
Le RÉVEREND PÈRE DE LABROSSE (1754-1789) Il y a de ces figures étranges et fulgurantes qui se-détachent du commun des mor-
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tels et brillent d’un éclat radieux qu'on retrouve à toutes les époques de l’histoire ; et quand ces figures sont celle d’un Périclès, d'un Auguste, d’un Charlemagne, d’un Saint Louis, d’un François ler, d’un Louis XIV, elles résument à elles seules tout un siècle de civilisation, de gloire et de progrès de tout genre. Mais tout est relatif en ce monde et
selon les théâtres sur lesquels ils apparais-
sent, il y a de ces personnages qui ‘“ brillant an second rang s’éclipseraient au premier. ?
En ont-ils moins de mérite pour tout cela ?
Assurément non !
On voit des hommes qui passent ici-bas ne laissant après eux qu'un monceau de ruines, pareils à ces fleuves débordés qui ravagent tout ; d’autres ne font pour ainsi dire que paraître sur la scène du monde et déjà léur gloire toute humaine, toute terreste, remplit tout un siècle : les peuples jaloux se disputent leur berceau et s’en font des demi-dieux. D’autres, enfin, sur des théâtres moins Vastes, passent en faisant le bien comme le divin crucifié de la Montagne Sainte , ils ne laissent pas leur nom au siècle qui les voit naître, travailler, souffrir et
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mourir, mais iis gagnent des âmes à Dieu en se faisant aimer de tous et cela vaut infiniment . mieux! Ce sont parfois des. hommes d’une simplicité étonnante, —“ mais, dirons-nous | avec Donoso Cortes, qui a mis sur leurs lèvres [1 ces saintes harmonies et cette mâle éloquence . et ces terribles imprécations et ces prophétiques menaces, et ces accents de brûlante charité qui jetteut l’épouvanté dans la conscience des pêcheurs et ravissent jusqu’à l’extase les âmes pures des justes ?” Nous répondrons : leur simplicité virginale et leur … parfaite sainteté encore plus que la grandeur de leur cause , car ces deux vertus seules, peut-être, ont la force de jeter l’épouvante dans la conscience des pêcheurs et de ravir l’âme des justes jusqu’à l’extase.
) L pleurons encore, ce géant de la plume et de la
| pensée, Louis Veuillot: “ C’est par la prière, par la prédication, par toute la vie de la parole humaine, par tout ce qui sort des yeux et du cœur d'un apôtre, par cette grâce divine que les œuvres de foi tont surabonder dans l'âme
-4.- des saints missionnaires et qu'ils répandent sur lenrs auditeurs ; c’est par là que les
Ecoutez la grande voix de celui que nous
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indifféreuts sont émus, les incrédules convertiss La voix d’un bon prêtre produira en quelques jours des miracles que tous les livres et tous les journaux du monde n’opèreront jamais. Ceux-là seuls peuvent vraiment convertir qui pruvent absoudre ayant reçu tout ensemble comme prix de leur existence vouée à Dieu—le devoir d’instruire et le pouvoir de pardonnez. ?”
Le R. P. de LaBrosse est du nombre dé cès âmes d'élite à qui Dieu donna tout ensamble, le devoir d’instruire et le pouvoir de pardonner. Il résume en lui-même toute une époque ignorée de gloire pour l’église du Canada, dans cette partie du pavs qui s'étènd d:puis Tadoussic jusqu'à la Gaspésie. Sa réputation de sainteté est universells parmi ceux qui habitent le bas du fleuve, et son nom ne se prononce jamais qu'avec les plus grands signes de respect et de vénération M.
ù parmi le peuple, parmi nous. Ilmérite bien 4 ce tribut de respect et de vénération, ce grand serviteur de Dieu qui, pendant plus | | de trente ans, fit l'admiration du peuple # = canadien échelonné sur les rives du fleuve EP | en bas de Québec. -
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1 Jean Baptiste de LaBrosse naquit en dl 1712 de parents chrétiens habitants de Tré- : M mouille, Sa jeunesse est inconnue et son "Al histoire, pour nous, commence avec son | arrivée à Québec en 1754 Membre de la Compagnie de Jésus, il venait rejoindre ceux de ses frères qui l’avaient devancé et dont tout un siècle disait hautement la suinteté, le courage, le zèle, le dévouement, l'abnégation - et surtout l’ardent amour pour faire prospérer et fleurir, sur ce sol du Canada, l'église catholique dont ils étaient les fiers et sublimes champions, les colonnes vivantes !
De 1754 à 1766, le Révd Père est chargé des différentes paroisses aux alentours de Québec. C'était une initiation aux rudes travaux de l’apostolat que lui réservait l’avenir, travaux sublimes, capables de remplir les vastes aspirations d’une âme d'élite qui n’a qu’un rêve : sauver les hommes dont le | prix de rachat n'a été rien moins qu'un + 1 supplice affreux couronné par une mort af- | ‘freuse, iguominieuse, Douze ans après son À arrivée en Canada, le Père de LaBrosse était | missionnaire des établissements de l2 côte
-: Nord et de la rive Sud, ayec résidence à Ta- - doussac. (11 juillet 1766.)
C'est à partir de cetteépoque que le nom du Père de La Brosse est acquis à l’histoire religieuse et nationale de notre pays. À l'Isle-Verte, il n’est pas un habitant qui ne sache pas ce qu'a été le Père de LaBrosse, combien il était chéri et aimé et la grande réputation de sainteté qu'il avait. Aux lieux où il a le plus vécu, comme à Rimouski, Ta- 448 doussac, l’Isle-Verte,Cacouna, vous verrez les * ” vieillards comme les enfants d'école vous dire : Le Père LaBrosse ?.…… Oh ! c'était un grand saint à légal de St François Xavier !
puis ils se surprendront à vous compter les légendes des cloches sonnant sa mort et des rochers gardant l'empreinte de ses pieds ou de sa raquette au départ d’une mission ; légendes bénies qu’on se raconte, les soirs d'automne, au coin du feu, légendes heureuses qui ont bercé notre jeuneâge et frar pé notre imagination aux jours de l'enfance.
On trouve la signature du Père de La Brosse Aans les régistres de l’Ile-aux-Coudres de 1766 à 1767 et cette même année 1766, on le retrouve bénissant une église aux Ilets à Jérémie. On perd ses traces jusqu'en 1770.
Pendant ce temps, le Père de LaBrosse, rem-
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ph de zèle évangélique comme ses devanciers pour la conversion des sauvages, travaille son dictionnaire de la langue montagnais.
Travail patient, œuvre de mérite s’il en fat tout cela était digne de son grand cœur d’apôtre, de sa belle âme de missionnaire !
Ok ! l’admirable prévoyance de l'amour ardent d'un saint homme de Dieu pour le ‘salut des âmes qui ont coûté si cher! Il sait que l'œuvre du Christ, éternelle comme Dieu
ne. Jui-même, continuera après sa mort ; il sait .. aussi que quand ses OS auront blanchi dans .
queique coin ignoré, d'autres missionnaires lauront remplacé dans la grande armée du bien, suivant ses traces, imitant.ses exemples ‘et passant en faisant le bien. ” Ne voulant pas les laisser seuls avec eux-mêmes en face . de bier des obstacles pour se faire compren- , dre des sauvages, il travaille à leuz applanir les aspérités de la voie, en composant ce . dictionnaire montagnais destiné à rendre des services signalés aux continuateurs de son. es C'est à St Laurent Ile d'Orléans, qu'il * traVaille à cet ouvrage pendant deux ans. Ce laps de der Con il «Re De |
pour la première fois à l’Isle-Verte et y fit la
à Bonaventure, dans le bas de Rimouski, Au printemps de 1773, il remonte le fleuve.
Ceux qui connaissent les difficultés que l'on rencontre sur la mer à cette époque de l’année, comprendront le courage du saint missionnaire. Ce fut durant ce voyage qu'il arrêta
mission pendant quelques jours. Le 11 septembre, il était de retour à la Baie des Cha-. leurs après avoir passé quelque temps a; Québec et à Tadoussac. |
Cet automne de 1778 le vit 8e PA : pour ainsi dire afin de satisfaire les pire e tions de son cœur et étancher un peu cétte.
soif des âmes qui le consumait. Travailleur | infatiguable, li parcourt dans les temps les : < plus rigoureux de la saison, des distances | énormes. C’est ainsi qu'il part de Bonaven-.
ture pour aller à Nipisigui et Poqueméuche où il bénit solennellement une église à St.
Michel. De là il se rend à Nigagekon, où l'attendaient des français, des acadiens et des satvages de la tribu des miémacs Hl fait une mission à Tricadièche et revient à Bonaventure où il sure le 25 al eme
aux enfants et aux sauvages, apprenant l'écriture aux habitants de l'endroit. Quelle abnégetion ! Quel ardent amour pour l'humanité au fond de cette âme d’apôtre !
Allez leur jeter la pierre à ces hommes de courage qui osèrent ce que l’on ne tenterait pas de commencer, ces hommes qui nous “ont fait un avenir en nous créant une large place au soleil , ces hommes qui ont fait de nous un peuple viril, vaillant et ferme, un peuple qui regarde le ciel en face et sait à ses - heures défendre l'autel et les saintes causes ! Oui, jetez-leur la pierre, “ démolisseurs stupides, ” aurait dit Alfred de Musset, elle vous retombera sur la tête.
De Bonaventure, le Père de LaBrosse se rend à Tricadièche pour y faire] faire les : Pâques et après un arrêt de 24 jours dans ces parages, il remonte à Québec où il arrive le der mai 1774. Dans le cours de l'été, il revient en mission à Cacouna, aux Trois-Pistoles-et > À lisle-Verte. Dans cette dernière paroisse, "il passe une partie de Thiver à enseigner la ecture, le catéchisme et ” ‘soriture, profitant de ses rares instants de loisir pour. mettre la
ruière main à non dictionnairemontagnais.
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Cet ouvrage lui avait coûté huit longues anuées de travail, d'études et de recherches.
> Il lui restait encore à accomplir une œuvre À chère à son cœur de prêtre et d’apôtre. Il a 4 à aura donc la patience chrétienne de traduire % | tous les saints évangiles en montagnais, et à ji défaut de caractères d'imprimerie, il fera co* A pier les sauvages eux-mêmes.
Le Cette œuvre terminét, il part le 80 avril, in pour Tadoussa ‘ont il n’est séparé que par: Loti | le fleuve, remonte le Saguenay jusqu’à Chi: 1: coutimi, revient à Tadoussa: et de là se rend … = dr de nouveau à Rimouski pour y faire faire jes Ile Pâques. Epuisé de fatigue, brisé par ces | 1 courses héroïques, il se sent affaiblir, Fe ; üature l'emporte sur son courage et'1 tombe deg | malade. Il se décide donc à passer l'hiver à co :} Rimouski. À peine le fleuve est-il libre de 5 D glaces, apprenant que la plus gkéndt discorde . #4 ot D règne à Tadoussac, il s'empresse des'y rendre, - | ir 1 Le 4 mai 1746, il entrait dans Ja Baie de
Tadoussac. “ . À sa vue, tout se bla tout étisids | comme autrefois la mer à la, voix. du Fils de in L lhonme. 1 k * En 1781, on le to de à Hire d'où à
: sue “+. à , " — # —
il part bientôt pour Tadoussac. Hélas ! c'était son dernier voyage ici-bas, avant d’entreprendre le grand voyage de l'éternité. Il venait à Tadoussac fermer une carrière noblement remplie etsaintement soutenue. Quand E on counaît combien difficiles étaient les | communications d'alors entre la Baie des Chaleurs, Rimouski, Tadoussac et l'Isle-Verte: quand on sait combien pénible est la vie . errante et nomade des sauvages au milieu 2 des bois ; quand on considère les distances énormes à parcourir entre Québec et Bonaventure et que l'on voit le Père de LaBrosse franchir ces distances sans relâche, on se demande si l’homme livré à ses propres forces peut résister. aussi lorgtemps. Pour nous, chrétiens, le Digitus Dei est hic explique tout | et nous disons avec le Révérend Père de La Brosse lui-même. “ Nous voyons bien parfois 8vec évidence que Dieu n’abandonne point ‘son bon missionnaire ! ”
Le R. P. de LaBrosse du à Tadoussac deu neril 1782, à l’âge de 70 ans.
| il partit vers ce grand pays inconnu,
Si loin et si proche du nôtre,” Où tous s’en yont l’un après diraber. F*
Et eue ui er sr ae
Brosse, M. Lèclaire est nommé missionnaire
dans cette paroisse. En 1783, l’Isle-Verie a
de peur ou d'assaut, avait reculé au -loin: sa
Son corps fut enterré à Tadonssac dans l'humble chapelle dont le seuil béni fait face à la mer et qui fut, dit-on, témoin ‘de ses miracles. Plus tard, on transporta son tombeau à Chicoutimi : c’est là qu'il attend le grand jour de la rétribution universelle.
Le Père de LaBrosse vivra longtemps dans le souvenir des habitants de la rive sud du fleuve en bas de Québec. Comme l’a si bien dit le poète Arsène Houssaye :
‘{ Pour ceux qui les aimaient, les morts vivent toujours”
Dans cent ans d'ici, on répètera ce que ….
lon disait autrefois et que l’on sait aujourd'hui :““ Le Père de La Brosse était un grand Fate saint ! ” + es
Un an après la mort du Père de: La
de l'Isle-Verte avec résidence permanente ss
n'était plus au rang-des missions: Elle s'était | développée, agrandie, et la forêt, comme prise
dr er ts
SP RAR am RE M
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. s'élevaient à sa gauche avec Cacouna.et à sa droite avec les Trois-Pistoles.
EF puis plus haut, en remontant le fleuve la Rivière-du-Loup, perchée sur les hauteurs, regardait fièrement déjà à l’horizon, et, promettait tout ce qu’elle a donné dans la suite.