‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 16 sur 51 · CHAPITRE V . Les colons d l’Isle-Verte et leur œuvre d'anenir · texte numérisé non relu

CHAPITRE V . Les colons d l’Isle-Verte et leur œuvre d'anenir

Nous avons vu jusqu'ici non-seulement la vie des missionnaires parmi les sauvages et la race des blancs, mais aussi lé rôle des

Seigneurs au point de vue de la colonisation et de l'avancement de l’agriculture dans les domaines qui leur étaient concédés:par la

Couronne. Nous avons vu: aussi quels ont

té les premiers Seigneurs de: l'Isle-Verte,

mous réservant pour ce chapitre l'espace

..mécessaire pour traiter de leur œuvre en

gévéral en:s'essociant aux colons dont ils se

:Hesaent des. auxiliaires puissants. pour le

. Progrès et l'avancement de leurs concessions ;

Li mais ne nous faisons pas l'illusion de penser

. que les: Seigneurs n'avaient qu'à vouloir pour

voir 8e grouper sutour d'eux t toute une foule

de tous ses alliés ? Ne se représentaient-ils

1886 intitulée : ‘ Sur de parcours du chemin. M AprOOI ie Stan .

À | Mhdra r j ñ AT ON at VO he ad in Ro : dé Le ATP Ts EUR RTE RAA TUR., ” RP : 74 - Ph") s 1 ” mir

de pionniers. prêts à marcher à l'assaut de la forêt, et vaincre toutes les résistances que peut. opposer la nature dans ces endroits éloignés et isolés.

Outre le petit nombre de colons à .

disposition des Seigueurs, il y avait une foule de considérations propres à décourager les plus entreprenants, les plus courageux, les plus désireux, parmi les défricheurs, de se rendre sur les terrains concédéset y commen cer l'œuvre de l'avenir. N'avaient-ils pas la crainte —crainte bien légitime d’ailleurs-de tomber sous le tomawachk du sanguinaire à Iroquois, ennemi juré de la race blanche et

pas la vie de misère—vie pénibleet laborieuse — qu'ils devaient y méher, loin de toutcentre civilisé, sans communication pour ainsi dire, exposés aux intempéries des saisons, au man- : | que des choses les plus nécessaires à la vie? ….

Savons-nous ce qu'était alors, de même … qu'aujcurd'hui, la vie des défricheurs d" 86, | ces hommes. courageux dont l'histoirede notre pays s’encrgueillit à bon. droit ? Ecoutez Buies !—A la pagé 36 de sa “ conférence ‘de .

Messieurs, arrêtons-nous, je vous prie un instant, à ce mot simple et humble de défricheur qui éveillé en nous, habitants du Canada, tout un monde de pensées généreuses, de ‘souvenirs séculaires, d’espérances- fortifiantes pour l'avenir: Un défrichement ne sdurait être un spectacle indifférent pour nous, car c’est là notre berceaü ; arrétons un instant nos yeux sur l'image dé ce que fut … notré patrie à ses premiers jours.

Ceux qui, comme moi, ont pu pénétrer

dans ces pauvres huttes où s’abritent tant de Courage patient, tant d’héroiques résignations; ceux qui ont contemplé comme moi comment sur des théâtres effacés, à force ds labeurs, à force de dévouement, se sont faites de grandes chôses ignoréés, inspirées d’en haut parjène sais quelle vertu surhumaine, soutenues en . bas par tout ce que notre. nature renferme en ‘elle de forces prôdigieuses, révélées seulement dans les temps lés plus difficiles ; ceux qui ont vu ce que peuvent acdortipite ees défricheurs uniques, race d'hommes véritablement à part, que rien ne rebute, que là fatigue de

2 tous les jours accable, maisne découragé pas, que la -privation-endurcit et fortife,: ‘qui

. voient d'années en années leur famille et

leur vigueur grandir àla force, qui travaillent sans relâche et qui se nourrissent, s’habillent et se logent on ne sait comment , qui arrivent dans:les bois assez souvent sans les :instruments les plus nécessaires, sans. les. choses indispensables et qui cependant abattent la forêt, inventent des ressources et trouvent um pain ignoré des autres hommes, , qui vivent,

eux et leurs petits; là où la terre refuse .en 2"

quelque sorte tout alimert, qui n’ont avec.

cela aucun soutien du dehors, puüisant. toute | :

léur force dans une sorte d'appui mystérieuse, pionniers inspirés, sans le savoir, qui sèment aujourd'hui dans le désert ce que tout: un peuple recueillera demain dans l’abondance, ceux, dis-je, qui ont pu comme moi contem-.

pler ce spectacle mille fois attachant et émon: vant, savent tout ce qui est contenu dans ce . mot de défricheur si commun, si indifférent en apparence, si banal dans le langage minis-

tériel et si humble qu'il n’éveille que lidée

vague d’une cabane aû fond des: bois et d'un

abattis d'arbres fumants fait: tout autour .

d’elle, en:attendant que quelques touff:s de . blé poussent au milieu des son cRe noirciese | 4 per, le feu. li Re

Cela: n’est pas tout, messieurs, il y a bien plus que cela dans un :défrichement et nous allons tâcher d'y arrêter notre pensée pour nous en convaincre. Il faut voir ces

forêts s'étendant à perte de vue, au milieu de pays montagneux, durs, en quelque sorte inhabitables, jusqu'à des limites encore in- Connues ou que l'imagination ne se représente Que dans un lointain inaccessible pour se -… faire une idée de ce que c’est que l’homme “seul, au milieu de cette immensité qui ne lui . présente que des obstacles, des privations de toute sorte, une misère affreuse—d’appui en … men, ai d'aucun côté, ét la lutte partout, uu combat continuel contre la nature et pour la mature, des découragements samés pas à pas, des travaux souvent rendus inutiles par le temps etiles contretemps mutipliés, des acci- : dents sous vingt formes diverses, de maigres ” récoltes perdues, des attentes de secours … trompées, des difficultés partout et à chaque instant et des consolations nulle part ni … jamais, si ce n'est dans l'infinie bonté divine - où s'abime tout entier le malheureux—voïilà, : “vois, messieurs, ce > que c’ 'est “ur la vie du

-tous.

est. celui du défricheur isolé dan. les”

PE à: | Ce

invineible et héroïque, à qui nous devons d'être ce que nous sommes, à qui le Canada toat entier doit son existence et cela depuis trois cents ans !....., us ue sos cute

Le défricheur lu’ il est seul, ou vlutôtje me trompe, il a uïie femme que la misère et le travail accablent et qui tous les jours recom< mence , 1l a des enfants qui mañgent on 16 4 sait quoi et qui ne sont vêtus dé‘rien, même / | au milieu des plus terribles hivers , le dérricheur, lui, est ignoré,le plus souvent dédaigné, personne ne le connaît, personne ne le voit,. et cependant il marche en avant de nous

À à Fi a RERO

Il est le pionnier, 11 est le premier qui affronte l'arène et impénétrable rangés en bataille de la forêt ; il marche sans que per sonne ne le suive, seul à lutter, seul à soûf: frir, seul à moutir. Il marche sans arrière garde, si ce n’est celle qui le suivra dans 10,

15 ou 20 ans, mais il aura montré le chemin Sa et sa conquête sera sûre, il aura donné # son pays de nouveaux espaces, et ses sueurs se auront été bien plus fécondes que le sang. :

Messieurs, ce tableau que je viens dé’ faire, 0

Page 1