‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 2 sur 51 · AUX LECTEURS · texte numérisé non relu

AUX LECTEURS

L'idée du travail que nous entreprenons aujourd’hui—l'histoire de toutes les paroisses du comté si vaste et si beau, d’une beauté incontestable, de Témiscouata—n'est pas née

d'hier, Dès la vingtième année nous avions 4 formé le plan décisif de relever les vieilles # :

archives dormant d’un sommeil de plomb sous une couche de poussière deux fois sécu:

laire, afin de faciliter, pour plus tard, l'Histoire des Paroisses Canadiennes qui devra être écrite quelque jour par un de ces ho:

mes marqués à l'avance dans les dessins de la Providence et arrivant à point sur la scène du moude ; histoire nécessaire qui s'impose plus que jamais à cette heure surtout ou le vent est aux recherches historiques, archéologiques et autres: témoins les travaux importants et patriotiques des Casgrain, des . Faucher de St Maurice, des Myrand, des J.

Edmond Roy et de beaucoup d’autres encore à part les B. Sulte et les Montpetit.

Mais nous étions jeunes alors de cette jeunesse active qui ne redoute rien, ayant l'âme ouverte à toutes les aspirations. L'

vent qui soufHait des hauteurs sereines et des

altitudes paisibles gonflait joyeusement notre voile encore vierge des tempêtes et des bourrasques de la vie et nous avions, pour “compagnons de route, les jilusions du jeune âge, les chaudes et vivifiantes espérances qui join de nous faire redouter l'avenir, “hous le . laissaient entrevoir à travers un prisme aux

1} couleurs les plus roses et les plus gaies.

Nous nous miîimes à l’œuvre avec toute l’ardeur du jeune âge, cherchant partout, feuilletant avec patience les vieux mémoires, les vieilles annales du pays, parcourant les régistres poudreux, consultant les papiers et les documents de famille, interrogeant les têtes blanches de nos paroisses, les vieiilards, ces sages d’un autre âge, placés comme une enseigne vivante entre ce qui a été, entre ce gui n’est plus, et ce qui sera : hier et demain ! te seillant surtout les archives endormies dans

leur tombe faite de poussière et de mousse

accumulées par le temps.

Nos archives ! } Ecoutez Ernest Myrand,

CR

Le à la page 9 de son admirable préface au livre it ‘Une fête de Noël sous Jacques-Cartier ” ; s” ‘Hélas ! dit-il, les archives de notre histoire, set A, nos belles et glorieuses archives imprimées re ; sur papier de luxe avec du caractère antique, 8 | reliées à grands frais, tranchées d’or ou ds ir | carmin, « ntinuent aujourd’hui, sur les rayne ons de nos bibliothèques, le sommeil de mort 1} | qu'elles dormaient autrefois dans la poussière Le { des greniers ou l'humidité des caves, alors | LX qu'elles étaient seulement de vieux manus- : 8. -crits, des parchemins raccornis, des bouquins. Le noirs et luisants, etc. etc. Une poussière t, d’oubli, froide et silencieuse comme la neige 8, tombe sur elles, tombe encore, tombe tou:

Ps jours, les recouvre, les ensevelit sous l'éet .paisseur ténébreuse d’un lincenl et menace 8 de les cacher à jamais aux regards des hom- 5 mes, de les faire disparaître comme des cada- : vres de voyageurs morts de froid, sous luni- ° forme niveau, l'égalité fatale de la steppe. ”

8 Pour entreprendre ce travail de relève. À.

e ment des archives, nous nous étions inspiré … | de ces paroles de Charles Nodier : “ Hâtons- | nous de raconter les délicieuses histoires dn : | peuple avant qu'il ne les ait: oubliées et "E#

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‘notre œuvre se dessina, prit un corps en s’«ugmentant et en vint à avoir bientôt les : propcrtions d’un ouvrage auquel il ne manquait plus que l’ordre et le style. Mais une

heure sonna où il fallut essuyer sa plume d'historien pour prendre celle d’humble chroniqueur de non moins humbles journaux.

Les exigences de la vie, ce “struggle for life ”

qui ne pardonne pas, commençait à poindre à l'horizon, et sans craindre le travail que

nous regardons comme une grande loi régé-

nératrice, nous laissâmes ‘ ix7 potentia ” l’œuvre à laquelle nous avions donné une tête et un commencement de corps, l’œuvre à laquelle nous avions consacré une bonne part de notre jeunesse.

Aujourd’hui, voilà que l’occasion se présente de mettre la main à l'édifice commencé

en vue de l’avenir, de lui donner les propor-

tions que nous avions autrefois en vue ; les circoustances meilleures où nous sommes

nous permettent de saisir l'occasion par les

cheveux, Aussi, est-ce de cœur-joie que nous allons travailler à couronner, aussi | dignement que possible, l'œuvre à laquelle

. nous désirons donner des bases solides. Ily

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aura des lacunes, des oublis, des inexactitudes incontrôlables, nous en demandons pardon,d’avance, aux lecteurs qui verront notre

bonne volouté et le but louable, j'ôserais

dire patriotique, que nous voulons atteindre, et il nous sera, partant, beaucoup plus pardonné pour avoir aimé beaucoup plus... l'histoire de notre pays. Il ne faut pas se faire illusion, l’histoire des paroisses cana-

diennes-françaises sous n'importe quel ciel, dans n’importe quelle contrée, c’est l’histoire

des canadiens-français, c'est notre histoire propre à nous tous.

À tout seigneur tout honneur! Nous commencerons notre travail par l’Isle-Verte, chef lieu du comté de Témiscouata, centre

autour duquel se groupent les autres Parois-

ses du Cointé que nous étudierons les unes à à la suite des autres, pour en former un tout uniforme, sous le titre de “Nos Psroisses”, Comté de Témiscouata.

Cus. A. GAUVREAU.

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