‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 21 sur 51 · AA ADR ER SABRE CE NC AASPET EE ET · texte numérisé non relu

AA ADR ER SABRE CE NC AASPET EE ET

ces porte-drapeaux de la civilisation. dans cette partie-ci du pays ?: Quelle voix inspiré de poëte, d’historien ou d'orateur nous dira hautement les faits héroïques de nos ancêtres volant pour ainsi dire à la conquête des

terrains boisés, payant. de toute leur personne,

cherchant à se fonder un pays là où les siècles

avaient laissé tomber leur manteau de ver» .

dure, de liannes, d: mousses et de branches entreméêlées comme les ronces des..chemins :

ou les haies de nos-parterres ? Comme ils se mirent courageusement à l'œuvre, défrichant

peu à peu le sol qui devait leur donnera.

nourriture. et Ja subsistance de la, première,

année passée au milieu des bois, loin de tout

secours et de toute aide, excepté d’en haut.

Dieu assurément ne. ménageait pas les

joies à ces héros obscurs du travail ! |

Aux petits des:oiseaux il donne la pature + EY Et sa bonté s'étend sur toute la nature,

Mais il ne les exempta pas non plus du lot de misères.dont pas un, riche ou pauvre, n’est efempt.ici-bas. Oui ! ils eurent leur lot. de craintes, de souffrances physiques et morales, de doute et parfois aussi de profond déconragement : en. face d’une POUR réalité. *

LR -

Ce'feu qui crépitait dans une ligne restreinte, dévorant la forêt impénétrable tant elle était profondément épaisse, ce feu ne pouvait-il pas consumer, au moinüre coup de vent, l’'humble cabane qui leur servait d’abri contre les animaux féroces des bois, et protégeait leur repos aux heures bienvenues de la nuit ? Ce graïn qu’ils semaïent en terre, au …. prix de tant de sueurs et de fatigues, dans les quelques arpents de terraïn à peine défri- .chés, les gelées d'automne ne viendront-elles pas les détruire en‘une seule nuit ? Et puis, arrive la maladie, les voilà couchés sur un grabat , qui.donc viendra les soigner ? Qui viendra les assister dans leurs souffrances | aux heures d'angoisses ? Qui leur fermera les yeux et bénira la fosse où l’on descendra leurs corps ?. Le missionnaire ? Hélas ?ilne vient qu'une fois par année, au printemps . seulement. |

: Voilà autant de tortures morales qui ne RARAUNIEAI pas de passer eur le cœur de nos premiers colons, broyant pour ainsi dire leur courage, pareilles à ces vents brûlants qui viennent du désert, dévastant les MOoissOnS

qu ls. rencontrent sut leur passage. Les

joies et les espérances les plus réconfortantes

se heurtaient sombrement à ces -amères-pen-.

sées, à ces idées -énervantés que l'isolement et l'abandon leur mettaient au cœur:

Qu'importe ! l’on se mit à l'ouvrage vaillimment, et en 1711—date mémorable dans l’histoire de notre pays par la perte de la flotte de l'amiral Walker sur Pile aux Oeufs où 900 hommes périrent — lorsque

J. B. Côté, premier seigneur résidant, arriva

à l’Isle-Verte, l’agriculture y était passablement avancée, et bon nombre de terres ent

friche offraient une apparence magnifique et |

semblaient promettre beaucoup pour lave uù avenir peu éloigné.

J. B. Côté venait s'établir à ee

dans une maison en bois qu'on peut encore voir au bord de la rivière verte.sur le versant

nord-est du côteau qui va jusqu'an courant de la rivière. Il y venait avec toute sa famille donner l’exemple du travail et de l’activité qui sont l'apanage des âmes fortes.

” C’est bien du premier Seigneur résidant à l’'Isle-Verte qu’on peut dire éeque Benjemin Sulte dit des Seigneurs en général dans son F Histoire des ratio ie de ” ei réponse

à cenx qui les accusaient, de n'être que de simples :courtisans : “ Des Seigneurs dont les femmes et les filles labouraieënt la terre ; des Seigner:rs qui à leur mort, laissaient des familles aux prises-avec la pauvreté ; des Seigneurs dont la vie entière était. consacré aux plus rudes travaux et on. a eu l’aplomb de:les Comparer aux courtisans de Versailles. x Nous voyons en eux au contraire, des fonda- À teurs;-des travailleurs, des patriotes” !

On ne pouvait mieuxsevengerdel’injure - mortelle faite à ces hommes bien ‘méritants den'être que de vulgaires courtisans, qu'en les montrant comme M: Benjamin Sulte le fait de vrais patriotes, des torailenr et des fondateurs ! |

La Matin qui se présente maintenant est de savoir quel est le premier colon qui vient fixer sa tente à l'Isle-Verte. Pour y répondre, il nous a fallu consulter les :vieillards de la paroïsse—ceux qui se rattachent le plus près à cette époque de notre histoire. D'après M. Jean-Baptiste Côté le premier - habitant de l'Isle-Verte aurait été un nommé Bouchard : cependant des recherches faites

|. au.livre d’or‘ des. familles canadiennes par

ns st

du TUE

do l'abbé Tanguüay — aujourd'hui monseignor nt Tanguay—n'ont pr nous fixer sur ce point ee); d’une manière positive. Nous avouons frandes * chement qu'il sera toujours difficile pour né des pas dire impossible d’être fixé sur ée- point PS qui n'est pas important d’ailleurs.

in À On se rappelle que l’Isle-Verte est bâtie les: | au pied d’une côte qui se hausse sensibles ndka | ment, en gradins, à mesure que noûs nous éloignons du fleuve. Eu remontant la Ri jure vière- Verte, on “encontre un endroit appelé. Lit ‘ Le Platin. 7 C'est à cet endroit que les ot colons auraïent fixé leur première demeure, ne car M J.B. Côté prétend y avoir vu nombrede pee: 7 rigoles servant à égouter les terres ainsi que des caves dans le sable pour y conserver lés ji patates pendant l'hiver comme cela se praenan

tique de nos jours. | 4 Pourquoi les colons fuyaient-ils ainsi les bords du fleuve où ils avaient tous les avan: tages possibles : la rivière et son embouchure, la pêche à toute heure, la vue sur le fleuve, etc., etc., pour s'éloigner dans les bois, augmentant par là les difficultés -de la colonisation dans ces vastes solitudes ? Les terres étaient-elles meilleures ? C’est la seule sup-: position légitime,

Yoilà-donc, tracé à grands traits, le rôle des colons à l’Isle- Verte. (C'’en est assez cependant pour. que nous les admirions de toute notre profonde admiration, Leur œuvre est colossale autant que méritoire et 1l n’ap partient pas aux descendants de ces vaillants cœurs de dégénérer. La semence qu'ils ont

mise en terre, semence de vertus civiques, | religieuses et patriotiques, a dû porter des *. fruits : malheur à nous si nous ne les cueil- - Jons.pas à maturité. Non, l’œuvre des colons n'est pas morte. Elle se propage encore tous les jours, elle gagne noblement du terrain et: fait vaillamment route àtravers mille-et mille .. difficultés. Elle ne mourra pas tant que le - peuple canadien aura à cœur de garder ses nobles traditions du passé, tant qu’il aimera son pays, tant qu'il affectionnera son champ et sa famille, tant qu'il aura du respect et de Ja vénération pour sa langue et sa foi. Notre. “pays et motre peuple sont essentiellement colonisateurs et le passé est là, grandiose, servant. d'exemple pour plas tard : c’est un SRE: je l'a avenir.

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