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CHAPITRE VI

Première et deuxième chapelle

Qu’auraient fait nos habitants ici, s'ils fussent demeurés seuls, loin de tous secours religieux, privés des consolations de notre sainte religion ? Leur vie aurait été purement végétative, si nous pouvons parier ainsi, et elle se serait étiolée comme ces” plantes privées des rayons du soleil et de 1d rosée bienfaisante des matins en plein renotveau. |

Le canadien est ainsi fait : outre la loi | plus fort, à fonder une famille, ouétablir

besoin.de posséder un temple, fune église, un autel, où viennent seccnfondre ses espérances et ses prières, où viennent se mêler ses larmes et ses joies, où viennent mourir ses supplica- à tions et ses soupirs. (l’est une vérité counue: assemblez des canadiens dans les lieux les plus reculés et les plus sauvages, au sein de la forêt vierge comme sur les cimes les plus abruptes ; élevez-leur un temple, le plus à humble possible, donnez-leur un mission:

La

naire ; ils y resteront tant que les difficultés, “si communes aux temps de défrichement, ne les empêcheront pas d'y demeurer et d'y bâtir leur demeure pour toujours. Mais, d'un autre côté, qu'ils restent seuls, livrés à euxmêmes au milieu de la solitude, loin de toute aide, de tout appui, sans voisin, sans soutien . “et:sans missiounaire, l'œuvre est manquée et on ies reverra sur d'autres rives plus hospi- \talières, là où s'élève quelque vieux temple, ne masure, qu ‘importe ! pourvu que le misslonnaire y vienne pour les consoler et les fortifier aux heures pénibles de la vie.

:" Puisque l’histoire se répète, il noussest bien permis de dire: il en est ainsi-des “colons de nos jours, il devait en étre de même aux temps d'autrefois, avec cette diffe- “rence que les mœurs d'aujourd'hui étant - plus relachées, les colons de l’heüre présente, les ‘défricheurs contemporains, n'ont pas l'énergie peut-être de nos ancêtres, les premiers hAbitants du sol. Jamais le peuple canadien ne retrouvera le large sentier de ses

‘ancêtres. Jamais il n'aura cette force rurale

“ 4 ; ‘des anciens, cette foi robuste, capable de . transporter des montagnes et qui leur faisait

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