‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 26 sur 51 · REP APE · texte numérisé non relu

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que les gens de la paroïsse où le prêtre devait : aller viendraient le chercher à l’Isle-Verte et l'y ramener ensuite. Ainsi: le dimanche étant arrivé où ia messe devait être chantéeà Cacouna, alors les habitants de cette paroisse devaient venir chercher M. Leclaire à l'Isle- Verte le samedi soir ou le dimanche ma'‘in-et l’y ramener une fois les offices divins termi-

nés. Ainsi en était-il pour les Trois-Pistoles. #

et Rimouski,

M. Leclaire voyan. que l’Isle-Verte était ainsi le centre des exercises religieux pour plus d’une paroisse à la fois ; voyant la population augmenter rapidement d’année-en année et la deuxième chapelle non seulement s’en aller en ruine, maïs devenir trop petite : pour contenir tout son/monde, paria de bâtir une nouvelle église de soixante et dix pieds de longueur sur vingt huit de largeur. Son idée, lancée dans la discussion comme une semence.en terre, ne devait: porter des fruits que plus tard. Il semait peut-être sans espoir de récolter, croyant bien qu’un de ses successeurs Verrait son plan arriver à maturité.

C'est ce qui eut lieu, en effet quelques années après son départ.

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Le 8 septembre 1790--M. Leclaire lais:

sait l’Isle-Verte, emportant avec lui les sympathies unanimies de tous ses paroissiens, à cause de son zèle et de son dévouement. Il avait pour successeur M. Joseph Paquet qui ne resta à l’Ile-Verte que quatre années seulement. Durant les héures de loisir qui lui laissait l'exercice du saint ministère il entre-

+ prit l’œuvre aussi patriotique que religieuse —le patriotisme ne se :épare pas de la reli-

gion—de donner en-tête aux archives de

Fe lIsle- Verte. Dans ce dessein ïl réunit tous les

imprimés laissés dans les maisons par les missionnaires, (ces imprimés “étaient ies actes de nalssances, mariage ou sépulture) et il en fit de petits volumes que l’on conserve avec soin aux archives de l’Isle-Verte, Ce travail Fui fait certainement honneur et nous montre ses goûts pour l'histoire et l'étude.

En 1794, M. Chs. Grenest ancien missionuaire de la côte Sud, remplaça M. Pâquet

he à l’Isle-Verte.

Rimouski ayant pris de l’essor avait obténu cette année là un prêtre résidant, un M.. Robitaille.

Dès son arrivé: à l’Isle-Verte M. Genest, s’emparant de l’idée de M. Leclaire de bâtir un temple nouveau pour remplacer la deuxième chapelle, se mit en devoir de réussir làäoù ses prédécesseurs avaient échoué. Il s’adressa à Mgr Denaut alors évêque à Québec, qui lui permit de bâtir une chapelle de 70 pieds de longueur sur 28 de largeur, puis il se mit ?

résolument à l'ouvrage. De telle sorte que #. dans l'automne de 1800, le temple nouveau était complètement terminé, au moins quant à l'extérieur. M. Grenest récoltait les fruits. de la semence de M. Leclaire.

Une heure joyeuse allait sonner pourles braves colons de l’Isle-Verte. Tout. un évé-. nement, dont on allait garder longtemps le précieux souvenir, devait se passe parmi eux. Bien à l’avance, on s’y prépara dans la paroïsse et dans les environs. C'était comme une joyeuse attente, comme la venue d’une aurore sans pareille à l'horizon de leur vie.

Jusque-là, le missionnaire seul s’empressait de venir les encourager, les visiter et leg consoler par sa présence. Mais quelle nefut | pas leur joie, à tous ces colons hardis, d’anprendre au printemps 1798 que l'Evêque de

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Québec,—Mpgr Denaut,—devait venir à l’'Isle-

. Verte pour y confirmet les enfants, les adultes et les vieillards qui ne l’étaient pas encore, et conStater les progrès de l’œuvre évangélique dans cette partie-ci du pays.

Il leur restait donc peu de temps pour se préparer à cette grande fête de la visite de leur évêque. Toutetois, on ne se fit pas prier

pour commencer l’œuvre de la réception, et, le brave curé en tête, on fit des prodiges de * décorations. Pour comble de malheur, le sanctuaire neuf n’était pas assez avancé, pour

y recevoir, au moins dignement, Mgr l’'Evêque de Québec ; il fallait se servir de l’ancienne chapelle. Le vieux temple de l’Isle-Verte cachait. à tous les yeux les marques trop visibles de sa décadence et de sa ruine sous un. amas de branches, de liannes vertes ou roses et. de mousses -moissonnées dans la forêt. [1 semble que nous assistons

à ce réveilde tout un peuple se préparant

à une grande fête et nous entrevoyons, aux heures du soir, quand l'ouvrage de la journée

- est fini, ces hommes et, ces jeunes gens, ces - femmes et ces jeunes filles, rivalisant d'ardeur et de zèle pour orner dignement les saints

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le- lieux, témoins muets de leurs larmes et de tes | leurs joies. La veille de ce grand jour se lève ore, radieuse, en plein soleil joyeux et éclatant, éli- | car on est alors au 7 d'août 1798, et ce ciel sans nuage promet à leur fête simple mais our plus sincère, un éclat grandiose qu’elle n’aue de rait pas sans cela. On a hissé le pavillon rier anglais au bout du mai ornant le devant de \ et, | la porte du manoir seigneurial. Selon la 8 de . coutume antiqueet solennelle, on le descen* x, le dra avant le soleil couché, pour le remonter pour | dans les airs au premier point du Jours ” êque lendemain. s à enne | Le grand jour est venu : on le voit aux 5 F* erte figures épanouies des mères de famille et aux trop | habits flambants des jeunes filles et des garsous çons. Les chemins sont balisés depuis la ri- .

vière jusqu’à la chapelle, et pas une ornière ne viendra cahoter la voiture de Mgr, pa- D raissant au détour du chemin qui vient de la rivière des Vases et conduit droit à la chapelle. On court sur son passage, on s’empresse aux portes, on s'agenouille et Mgr bénit ce peuple à genoux, ce peuple peu nombreux, il ést vrai, mais l'avenir du pays, l'espoir et le. fermé soutien de Péglise e au Canada.

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Il bénira le temple nouveau en voie de construction, examinera le village, visitera les pauvres et les malades, laissant sur son passage une joie, un bon mot, une promesse, une consolation et de joyeuses espérances :

puis il fera ses adieux à son peuple, ce peuple qui ne le reverra plus, lui le vieillard qui k peut mourir demain.

. … Nous avons vu que le temple nouveau fut terminé à l’automne de 1800. Nous voyons aux archives de l’fsle-Verte que M. Grenestinvita le Grrand-Vicaire Plessis de Qué . bec à venir l'ouvrir solennellement au culte religieux, et l’on se trouve nulle part la preuve qu'il se rendit à cette demande.

Deux ans après, 1802, M. Grenest laissait l'Isle-Verte où l'on allait garder de lui le plus sympathique des souvenirs. Il s'était montré plein de zèle pour la gloire de Dieu et le pro- * grès moral et matériel de ses ouailles. Son nom restait attaché avec celui de M. Leclaire au temple nouveau bâti là où se trouve le cimetière d'aujourd'hui. Il fut remplacé par + M. Michel Bézeau qui devenait le quatrième

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missionnaire résidant à l'Isle Verte,ayant aussi pour mission : Cacouna et les Trois-Pistoles.

M. Bézeau ne resta que trois ans à l'Isle- Verte.

En 1803, les habitants de lIsle-Verte adressaient donc une supplique à Mgr Dsnaut, 1e priant de vouloir bien leur permettre de bâtir un nouveau presbytère, vu l’état peu A convenable dans lequel se trouvait l’ancien. 4 Ce vieux presbytère, bâti nous ne savons vers. quelle date, était érigé sur la place publique d'aujourd'hui, un peu à l’est du mai, faisant face au chemin.

Cette requête était signée de Jean D'Ambroise Aug. Dubé, kitèino Petit, John Schehan, Paul Côté et Michel Bezeau, Ptre -

En réponse, Mgr Denaut chargea Mgr .

Plessis, alors coadjuteur, de vérifier ou de faire vérifier les allégués de la requête. À cet effet, M. Bernard Claude Panet, archi-prêtre et curé de la Rivière-Ouelle, fut chargé de se . rendre à l’Isis Verte et d'y constater la véracité des faits énoncés dans lasupplique. Si me À constructior. d’un nouveau D était jugée nécessaires. M. Pauet avait -orûre d'en désner desuite les dimensions, é

Le 21 juin 1808, M. Bernard Claude Panet arrivait à l’Isle-Verte et, constatant par lui-même combien il était peu convenable pour l’Isle-Verte de posséder une pareille masure pour loger le missionnaire résidant, 4

.dressa sur-le-champ le procès-verbal de sa * visite. Après. avoir donné une description des lieux et de la ruine du vieux presbytère, et constaté la nécessité d'en bâtir un neuf, il ajoutait : ‘* Nous avons marqué par plusieurs . piquets la place d'un presbytère à à la distance d'environ trois perches et quinze pieds de la ligne Sud-Ouest de la terre appartenant à la Fabrique, lequel presbytère aura trente-six . pieds de long en dehors, vingt-huit pieds de largeur, élevé sur un solage de quatre pieds - de hauteur au-dessus du rez-de-chaussée, avec deux cheminées et le carr$ de dix pieds au-dessus des lambourdes. Pour être fait, le dit presbytère, « cette présente année, et livré à la Toussaint prochaine.” Ce presbytère, bâti sur les donnés du procès-verbal que nous venons de citer, sert de sacristie aujourd’hui. C'est an monument de quatre-vingts ans et - Cu dont l'heure dernière « e si: Ave.

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importance marquée grâce à l'énergie des pré-

tres résidants, ainsi qu’au zèle et à la bonne

volonté des habitants. C’est encore là:le secret de tous les succès matériels : l’üunion du prêtre et des paroïssiens. |

Là où la tête qui commande donne des ordres au bras qui sait obéir et non se révolter, vous êtes sûr de tiouver l’aisance dans le

bien-être, la prospérité au sein de jouissances mal définies mais bien ressenties. Au côn-!

traire, que l'autorité prêche la morale dans le

désert, que le bon grain des avertissements | salutaires tombe sur des rochers arides ; et

l’on verra comme un voile de gêne peser sur

les populations ; et l’on sentira passer dans ces villages, à l’aspect morne, commeun vent + }

de mort qui glace. On dirait que le rayonne-

ment assombri des âmes oublienses se com:

munique aux choses qui les entourent : de là . un état pénible de choses qui font mal à :

l'âme. os M. Michel Bezeau quittait l’Isle-Verte en

1805, laissant derrière ui une œuvre utile et 1 généreuse dont il n'avait pas seul tout le mé- - :

rite, il est vrai, mais qu’il pouvait en grande

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