‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 33 sur 51 · RME · texte numérisé non relu

RME

L'abbé Provencher arriva à l’Isle- Verte au mois d'octobre 1852. Il venait y continuer l'œuvre de son prédécesseur. Homme de science profonde, rechercheur infatiguable, bourreau de travail, si nous pouvons parler ainsi, il n’était peut-être pas fait pour le

dans en ue

y à à Ste

CIPAUL —Les

ai

1s une -Verte omme ui un cepeli-

S de la

e- Verte ntinuer me de guable, s parler pour le

service actif. Les loisirs d’une retraite et le charme d’un travail intelligent à travers les sciences naturelles lui convenaient mieux.

Toutefois, 1l suivit le courant des idées de progrès et d'avancement qui se manifestaient hautement alors. L’Isle-Verte prospérait d’une prospérité pleine de vigueur, pleine ds plus belles promesses Son commerce comme sa population (1} avaient pris de l'extension à mesure que le défrichement des terres allait en augmentant et que les communications, entre paroisses, devenaient de plus en plus faciles.

L'émigration n'était pas encore parmi nous à l’état de fléau, et les cultivateurs restaient autour du clocher, plus contents de leur sort, en apparence parfois misérable, mais toujours rempli de charmes secrets et de consolations profondes. L’Isle-Verte avait donc une importance marquante en 1852, et M. Provencher, pour se mettre au niveau des idées et des faits accomplis, ne se montra pas retrograde, sachant bien qu’en ce siècle de progrès celui “ qui n'avance pas, recule ! ”

(1) Population, 2,663, —dont 2,661 catholiques et 2 métloadistes. Voir Pec. 1851,

Homme de lettre et comprenant le rôle si vaste que l'éducation a joué et est encore appelée à jouer parmi nous, il eut l’idée d’appeler à l’Isle-Verte les sœurs religieuses qui se consacrent à l'éducation de nos jeunes filles. On se mit à l’œuvre généreusement et en peu de temps l’Isle-Verte voyait s'élever tout près de l’église une magnifique demeure aux larges proportions, prête à recevoir les religieuses enseignantes.

Mais hélas ! elles sont encore attendues el ne viennent pas. Pourquoi ne vinrentelles pas, me direz-vous ? Mystère ! Nous savons que la bâtisse est là servant aujourd'hui de maison d'école pour les garçons, elle est là rappelant à la génération qui pousse l’idée généreuse de M. Provencher. Ce projet était pourtant destiné à faire un bien énorme à la paroisse et augmenter d'autant son importance déjà reconnue et incontestée.

Il fallait être plus prévoyant, plus clairvoyant. Il y avait peut-être alors pen d'esprit d'initiative. On s’endormait peut-être trop sur les lauriers facilement acquis ; rien d’ét inant alors que cette entreprise tombâêt à l’eau, causant ainsi des dommages considéra-

e si core l'apqui illes.

peu près 1rges uses

dues irent- Nous jJout- NS ; DoUSSE projet 1orme 11 im-

clairesprit , trop n d'éibêt à sdéra-

bles à la paroisse qui n’en calcula pas dans le temps toute la véritable étendue.

En effet, l’Isle-Verte possèderait aujourd’hui un couvent magnifique où viendraient s’'abreuver aux sources vives de l'instruction chrétienne et de l'éducation morale, une foule de jeunes filles venues de toutes les parties du comté et d’ailleurs. L’Isle-Verte destinée à devenir dans la suite le chef-lieu du beau et vaste comté de Témiscouata méritait à tous égards, l'honneur d’avoir un couvent parmi ses habitants.

1854 est une date quasi mémorable dans les annales du pays. Les idées étaient au développement rapide de la colonisation et tout ce qui paraissait enrayer les progrès de l’agriculture en Canada fut extirpé jusque dans sa racine.

Ce fut une joie géérale lorsqu'on apprit la nouvelle de l'abolition de la Tenure seigneuriale. Ce système -bon à l’origine de la colonie—levier puissant aux premiers temps de la colonisation et du défrichement, était devenu nuisib'e et quasi-ruineux pour les censitaires et c'est heureux qu'il ait été aboli. Son utilité ayant cessé—il passait dans le dumaine des choses enfuies.

Cette année 1854 vit aussi le départ du Révérend Onésime Provancher. La providence l'appelait à jouer un rôle plus en rapport ave: ses aptitudes et ses ambitions toujours dignes sur un théâtre plus approprié. Son départ ne fut pas marqué sans regret sincères. Il avait eu ses idées comme les paroissiens les leurs ; mais admettons qu'il comprit ses devoirs de prêtre en voulant doter l'Isle- Verte d’un monument digne d'elle et de ses tendances et de ses aspirations d’alors

C’est un savant dont notre pays s’honore aujourd’hui et dont la réputation deviendra grande jusqu'à l'étranger. Ecoutez ce que l'abbé Appolinaire Gingras dit de M. Provancher, dans ses ‘ impertinences à leru de rose ” :

Si quelqu'un veut que Provaucher Ignore une plante secrète,

Que le bon Dieu crée en gachette La plante qu’on veut lui cacher.

On ne dit pas de ce savant Que l'homme a blanchi dans létude:

Il n’est pas blanc! L'évorce est rude, Mais le cœur est de diamand.

Ce dernier vers est tout son éloge et il nous dispense d'en dire pius et moins bien sur Île savant naturaliste canadien.

du

1ce

ve:

nes t ne ait urs ; *S de d'un ces et

onore

endra

e que . Pro-

u de

re et il s bien

En 1854, M. J. C. Taché était le député des comtés unis de Rimouski et Témiscouata, et 1l faisait déjà présager le rôle important qu'il était appelé à jouer.

Nous le savons littérateur émérite, homme d’une activité dévorante et dont les travaux de tout genre attestent une âme peu commune, une intelligence hors ligne. M&édecia, il pratiqua consciencieusement, fit des recherches et étudia sans cesse : témoin son étude sur la lèpre de Tracadie où il à fait preuve d’une vaste érudition jointe à la connaissance complète * -ajet qu'il avait à traiter. Il eut même des moments où la poésie l’enivra ; l'aile de la muse était venue lui caresser le front. Aimant les bois et leurs voix uystérieuses, adorant la mer, les champs, l'air pur et la liberté, 1l a écrit ses impressions à l’eau forte dans une étude qui est restée le modèle du genre et qu'on appelle “ Forestiers et Voyageurs.”

À cette heure où le calme de la vie est venu Île frapper à sa porte ; maintenant que les années ont un peu neigé sur sa tête, encore belle et expressive, il doit * lui être doux de revenir sur le passé. Quel est le

voyageur qui, au soir de sa journée, ne se retourne pas pour mesurer du regard l’étendue de la route parcourue ? Et ne sommesnous pas tous des voyageurs à travers les sombres déserts de la vie, al'ant vers “ ce grand inconnu ” qui nous attire >t nous épouvante ?

Il ne devait pas seulem-nt méditer, lui dont l’âme ardente avait des aïles pour s'élever bien haut ; il devait prier puisqu'il était poète et d’ailleurs tout homme prie lorsqu'il admire la terre, les cieux et l'onde et lorsqu'il croit er Dieu comme il y croyait.

Représentant des comtés unis de Rimouski et de Témiiscouata de 1848 à 1857, on ne le connut que pour le prendre en estime et de nos jours encore le nom de J. C. Taché sonne haut et ferme et se prononce avec respect. Un jour, la raconnaissance, bien mieux, l'enthousiasme né d’un attachement sans borne, porta les électeurs de Témiscouata à lui offrir un gage de leur amitié et de leur affection pour sa personne : c'était une magnifique montre d’or avec une chaine de prix. L. N. Ganvreau, notaire à l’Is'e-Verte, fut chargé de lui présenter ces cadeaux, et

le $e étenimesrs les "ce

nous

er, Jui élever | était rsqu'il rsqu'il

de Ri- 857, on estime .Taché e avec e, bien ement scouata de leur ine Maine de e-Verte, aux, €

voici la lettre qu’il reçut dans la suite de M. Taché :

Aux citoyens du comté de Témiscouata,

Page 1