‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 34 sur 51 · MES AMIS · texte numérisé non relu

MES AMIS

- J’arcepte avec bonheur le cadeau que vous m'’offrez et je vous remercie surtout de Fadresse qui l’accompagne:ji’un et l’autre me seront un souveuir précieux de nos rapports ensembie.

Si la vie publique a ses déboires, ses difficultés, ses dégoûts, elle a aussi ses consolations; ot à la suite du témoignage de sa propre eonscience, quand on a fl’approbation d'hommes comme vous, mes amis, on peut se rire de bien de: misères,

J'étais sûr que vous étiez on communion de principes avec mes électeurs de Rimouski, car tous ceux qui vous ressemblent ont voté pour moi.

Vous m'avez compris parfaitement quand vous ms dites que ma politique, mes terdanees et mes aspirations ne sunt pas au succès de eeitains hommes, de certains partis, de certaines factions, car es hommes meurent, les partis changent ou se dissolvent, les factions périssent; mais là société reste là pour recueillir le bien ou le mal qu'on a semé dans son sein.

Nous sommes dans des temps difficiles, à une époque de transformation, dans un siècle de progrès matériels, ne nous laissons pas éblouir par Ce mouvement, par ces apparences; en dehors des institutions politiques, au-dessus de la prospérité matérielle, il est des choses de l’ordre intellectuel et de l’ordre moral qui sont d’une plus grande importance encore, veillons-y, mes amis,

Je voudrais pouvoir vous en dire plus long, mais en outre que le temps me manque, mes idées viennent trop lentement au gré de mon impatience de vous ;?s exprimer, car, comme le dit. le Père Lacordaire: Il faut être libre

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‘pour exprimer sa pensée 66 on ne l’ost pas quand Ia recon - ‘ naissance nous à enchaïiné. ” Au revoir, mes amis, je no vous oublierai jamais. J. CO. TACHE.

Rimouski, ter Sept. 1854.

Les commentaires sont inutiles.

M. Provancher quitta donc l'Isle Verte dans le mois d'Octobre 1854 alors que l’abbé Jean Baptiste Gagnon était nommé curé à sa place. I] laissait l'Isle Verte prospère grandissant à vue d’æil, et étendant vers le sud le défrichement des terres destinées 4ans un

avenir rapproché à donner l’aisance à bon

nombre de colons qui ne faisaient alors que commencer à cultiver sur une étendue de terrain assez considérable.

Révd. M. J. Bt. Gagnon —(1854-56)

Monsieur (Gagnon était le cinquième curé de l'Islo Verte, celui à qui revient l'horneur d’avoir mis, pour ainsi dire, Ja dernière main à la splendide église .n pierre bâtie par les habitants de l'Isle Verte,d'abord par souscrintions volontaires puis au moyen de réparations authentiques.

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Au mois de juillet 1885, Mgr Charles François Baïllargeon vint’ à l'Isle Verte, y faire la visite pastorale. Cette visite empruntait aux circonstances un intérêt tout particulier. L'église neuve, presque finie, n’attendait plus que la main d’un dignitaire de l'église pour être bénie et consacrée. On espérait que Mgr profiterait de sa visite à l'Isle Verte pour consacrer le nouveau temple et.le bénir. Quel ne fut pas le désappointement des gens en apprenant que la solennité était renvoyée à l'automne.

Dès le 3 octobre 1855, l’Is'e Verte revétait ses habits de fête. L'enthousiasme était dans tous les cœurs et la joie se lisait sur tous les fronts. (C'était une fête inaccoutumée que celle-là où l’on bénissait solennellement l'église de la paroisse, qui s'élevait orgueilleuse et pavoisée, au bord du chemin royal. Dès Paube, on vit accourir les habitants des paroisses voisines, venant se mêler à la foule des paroissiens de l'Is'e- Verte, pour être témoins d’une des plus belles cérémonies de l'Egrise Catholique. Ce fut un jour mémorable dont on garda longtemps le souvenir, un de ces jours ensoleillés où l’âme s’impres-

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