‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 38 sur 51 · L. N. Gauvreau. N. P. Secrétaire · texte numérisé non relu

L. N. Gauvreau. N. P. Secrétaire

Comité de Régie : Honoré Roy, Naroisse Bertrand, avocat, Ed. Barry, L. À. Bertrand, Alfred Doucet, arpenteur, Hubert Fraser, CI.

Raymond et F. V. Rouleau.

Le 17 Février, Sir N.F. BeHeau SÉrotai - à l'institut littéraire de l’Islé-Verte plusieurs volumes avec cartes et pamphlets. Malgré toute la bonne volonté des membres, l’Institut ne devait pas vivre longtemps. Les exi- gences de la vie emportèrent celui-ci celui-là dans des opérations qui demandaient tout leur temps et le nerf de la guerre venant à manquer, l'édifice croula. Encore un débris du passé qui nous instruit et qui nous parle. Dix ans plus tard le Président Honoraire de l’Institut ae l’Isle-Verte, Sir N. F. Belleau alors Lieutenant-Gouverneur de la pro- -vince de Québec (1870 Août) et Lady Belleau vinrent visiter l’Isle-Verte où ils restèrent .… plusieurs jours, les hôtes de L. N. Gauvreau, frère de Lady as

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la pro- 3 elleau stèrent vreau;

y Dr LA À; DE Ber- Sir Narcisse méritait ben qu'on eut à l'Isle-Verte des égards pour lui :

dent EE Le 12 septembre 1861, M. Marceau, au ‘À milieu d’un grand concours de fidèles, étaroisse blissait la Confrérie du St Scapulaire, et le 8 : éd: juillet 1865, Mgr C. F. Baillargeon faisait à . | r. CL l’Isle-Verte sa dernière visite épiscopale . En effet, deux ans après le 11 avril 1867, rovait Mgr Baïllargeon, dans une lettre pastorale, 4 | sieurs annonçait la division du diocèse de Québec * | falgré et l'érection du diocèse de St-Germain de. à | l'Ins- Rimouski avec Mgr Jean Langevin comme es exi- premier évêque. Voici le préambule de la 4 elui-là lettre pastorale : - nl & tout # Vous savez que M.T.C.F. qu'il a plu nant à au Souverain Pontife d’ériger en diocèse tout Mi débris le District de Rimouski, avec lapartie voisine LS s parle. de celui de Kamouraska situé à l’est de la A | onorTal= Rivière-du-Loup et de St Antoine, tout. le - | F. Bel- District de Graspé'et la partie de la côte au il

nord comprise entre la Rivière Portneuf et lAnse au Blanc, Sablon. Vous avez été de plus informés que Sa Sainteté a daigné nommer au nouveau siège Monsieur Jean Lan-.

* cé

gevin, Principal de l'Ecole Normale Laval de cette ville.” Mgr Langevin fut consacré évêque le ler Mai 1867 dans la cathédrale de Québec et le 15 il partait pour Rimouski où il fut reçu, avec enthousiasme, par tout un peuple heureux de voir au miliex d’eux un prince de l'Eglise destiné à devenir le Père commun des fidèles du diocèse nouveau que l’on venait d’ériger en bas de la Rivière-du-Loup.

Deux ans plus tard en 1869, Mgr Langevin venait passer quelques jours en visite pastorale parmi les habitants de l’Isle-Verte, Sa Grandeur a dû garder le précieux souvenir de cette réception enthousiaste qui lui fut faite alors. La joie était partout dans tous les cœurs émus et sur tous les fronts découverts. De toute part ascourait une roule pieu- 8e et recueillie, désireuse de voir pour la pre- mière fois l'évêque de Rimouski et recevoir, * à genoux dans la poussière du grand chemin ou sur le seui: des maisons, sa sainte bénédiction. -

Nous ne pouvons laisser passer ce grand nor d'évêque sans lui payer un tribut de reconnaissance et d’'admiration pour l'encoura-

de

le

sbec fut uple rince mul n ve- LOUP.

ange* visite Verte.

souveui lui 8 tous décou- > pieula pre-

eévoir, hemin » béné-

grand de recoura-

solitude toute paternelle , puisé dans ses avis et ses bonnes paroles. is 4 courage d'accomplir plus aisément le travail

gement qu'il donne aux lettres et aux études,

sérieuses, pour le zèle qu’il apporte dans l’accomplissement de sa charge de premier pasteur, pour l'affection profonde et raisonnée dont il entoure la jeunesse laborieuse qui a à cœur de se nourrir l’âme et l'intelligence, et pour le dévouement qu'il ne cessa de montrer en toute occasion à tout ce qui touche de loin ou de près aux progrès religieux dans

son diocèse. Nous connaissons tous sa science

sa tendre piété, sa prudence et. sa fermeté au besoin Nous ne savons qui l'emporte de SOI

zèle pour la discipline ecclési:stique ou de. son amour profond pour le salut des âmes.

Mgr Langevin a toujours été à la hauteur de

sa position et ‘ il sait cultiver avec soin et intelligence la part du vaste champ de l’Eglise qui lui a été assignée.”

C2 que nous venons de dire de Sa Gran-

| deur Mgr Langevin est peu de chose, et ce-

pendant, cela nous console et nous fait nous

acquitter d'une dette d'affection et de recon- ‘ #

naissance, nous qui avons été l'objet de sa nous qui avons

de chaque jour, la tâche ardue de combattre les bons combats de la plume.

liu mois d'octobre 1870, M. Lazare Mareau quittait l’fsle - Verte pour s'en aller mourir curé de St Arsène, C'était un homme très austère, menant une vie ascétique, et paraissant toujours d’un abord difficile. Mais une grande bonté de cœur et une vaste générosité d'âme compensaient #æmplement ces . défauts extérieurs. Sobre de parole, il n'avait pas l'éloquence de certains de nos prêtres - d'aujourd'hui, mais il avait cette sainteté reconnue qui donnait à sa parole un poids et des effets magiques. Il emportait avec lui bien des regrets et des larmes, car il était aimé de ses ouailles.

Révérend M. Augustin Ladrière (1870 à 1875)

… 1870 ! cette date là nesonne-t-elle pas dou à Huit aux oreilles des canadiens-fran- .-çais ? Le malheur de la France humiliée, vaincue, rampant aux pieds du Prussien ie pouvait il nous laisser indifférents, nous qui

re sommes nn peu ses enfants et dont toutes les affections se portent, chaudes et pénétrantes, vers ce coïn du vieux monde qui fut le

; bérceau de nos ancêtres ?

- | à qe r' On ne saura jamais l'émotion profonde ue qui s’'empara de toutes nos populations à la nouvelle que la France agonisait sous le. .

fais talon des hordes barbares, et que le drapeau éné- aux trois couleurs ne flotterait plus sur les s es murs de Metz et Strasbourg. Chaquerevers | ait des armées allemandes nous arrachait des A ètres cris de victoire et d'enthousiasme ; mais : 4 ateté apprenait-on la défaite des Français qu'un Rs sanglot convulsif nous étreignait la gorge et:

lui: | nous allions, l'âme en deuil, raconterlatristée était | nouvelle aux habitants du village qui, d'or

dinaire, ne reçoivent pas les journaux.

Que de larmes sincères ont coulé, sur nos

. bords, au souvenir, à la pensée de tes revers,

Ô France aimée ! Que de cœurs généreux et vaillants ont senti descendre en eux le deuil 4 de la mort en apprenant les humiliationsque I venaient l’infliger les peuples de la Germanie ! {ii Nos poëtes;ont chanté tes malheurs d’une Ai vôix où la douleur montrait sa note sincère. - 4 et profonde: ‘Ils nous ont. dit que tu te

" Lo relèverais plus forte, plus vaillarite : puissentils avoir dit vrai !

L'église de l’Isle-Verte se réjouissait non pas des malheurs de notre pauvre mèrepatrie, mais des solennités imposantes qui se déployaient au-dedans de ses murs. Fêtes sans pareilles dans les annales religieuses de la paroisse ! Réjouissances splendides prenant les proportions d’une vaste démonstration religiéuse où tout se donnait la main . pour réhausser l'éclat inaccoutumé d’une -solennité dont tout un peuple ne perd jamais le précieux souvenir. M. Ladrière, homme de mérite et de goût, et rempli de zèle pour notre sainte religion, aimant le faste et les richesses aux grands jours de réjouissances religieuses, voulut marquer son passage à lPsle-Verte par un de cs jubilés chrétiens dont la mémoire subsiste aussi longtemps que les hommes ne cessent pas d'oublier.

Sa Grandeur Mgr Langevin, de retour . de Rome, avait bien voulu honorer l’Isle- Verte du don magnifique des reliques de . Saint ‘Zénon et de ses compagnons, et de celles du saint patron de la paroisse : Saint Jean - * Baptiste. Ce fut l’heureux prétexte

ut-

10on èrei se ‘êtes s de prestramail l’une mais mme pour t les ances age à tiens emps

-brandit une épée qui va porter le coup fatal

d'une solennité religieuse que M. Ladrière voulut faire grande et digne, en l'honneur de ces saintes reliques.

Un orgue fut commandé de suite et arriva juste à point pour douuer un regain de vitalité, un cachet de grandeur à ces fêtes d'installation. De plus, un magnifique tableau de St Jean-Baptiste décapité dans sa prison, venait justement d’arriver de Rome, sortant des mains du peintre Gagliardi; don qui faisait certainement honneur au vénéra ble citoyen de l’Isle-Verte qui dort maintenant sous son mausolée de marbre au cime :

tière : le lieutenant-colonel Louis Bertrand,

Ce tableau est d’un véritable artiste autant …

que nous pouvons en juger. St Jean-Baptiste.

est à genoux, au milieu de sa prison, les bras.

croisés sur la poitrine et le regard le*6 vers à

le ciel, d’où tombe, à travers la croisés, une lumière blafarde, qui se joue sur Îles parois. et le sol en pierre de la cellule.

Le Duréc au, torse nu, aux membres d'Hercule, a saisi de sa miin gauche les che- “eux de St Jean Baptiste, et de sa droiïte il. |

et faire rouler la tête du martyr dans le plat

maudit qu'Hérodiade, témoin de l’horrible scène, dans un coin de la prison, tient entre ses mains criminelles. Assis sur un Filier de pierre d’où part la chaîne meurtrissante que St Jean vient de voir tomber de ses pieds, un esclave demi nu tient de la main gauche une torche à la flamme mourante, qui jette sur toute ce tableau saisissant une lumière misanglante, mi-lugubre d’un effet approprié et empoignant.

C’est sinrple et c’est grand. On regarde, on admire et l’on se sent ému comme en face d’un drame vivant où victime et bourreau sont en présence. C’est donc un.tableau qui - parle au cœur et à l’âme : c’est l’œuvre d’un artiste et c’est un ornemenñt digne de l’église et de son riche donateur. Ce tableau, richement encadré, touche presqu’à la voûte de l'église au-dessus du grand autel et frappe le régard lorsqu'on a franchi le seuil du temple.

. Tel qw'il est aujourd’hui, il a coûté plus de ‘sept cents piastres et est certainement le plus riche morceau religieax qui orne l'église de … Fisle-Verte.

7 Ce fut donc un évènement religieux que,

» sur » mirié et

arde, 1 face 1Teatt u qui d'un éœlise chete de Dpe le M ple.

> plus

se de

s de

v. que,

cette cérémonie d'installation et de bénédiction.

Toute la paroisse accourut en fonle pieuse et pressée. On voulait être témoin de la grandeur et de l'éclat de cette fête unique où l'on avait convié non-seulement les curés voisis, mais les principaux personnages des diocèses éloignés. C’est ainsi que Messire Thomas Caron, Vicaire Général du diocèse des Trois-Rivières vint en personue bénir le tableau de St Jean-Baptiste et présider à l’installation des saintes reliques. La Grande’

messe fut chantée avec toutes les pompes ac

coutumées par le regretté Mgr Déziel, le vénérable et saint curé de Lévis trop vite descendu dans la tombe.

Le sermon de circonstance eût pour.interprête digne en tout point d'une pareille tâche. le Rvd. M. J. B. Blouin qui prit pout texte de son discuurs : “ Corpera sanctorum in pace sepulta sunt et nominaeorum vivent in æternum.” |

Une foule énorme encombrait la nef où les paroisses voisines étaient lärgement repré- | seutées ; on avait tenu à honneur, à lsle- $

Vêrte, de montrer que les cérémonies reli-

gieuses ne passaient pas indiffcrentes pour le peuple, et l'assistance le prouvait amplement. Trois aus après sa première visite à l’Isle- Verte, Mgr Langevin revenait de nouveau en

visite pastorale ie 10 juillet 1872.

Monseigneur sut trouver dans son cœur d'évêèque réjoui des paroles consolantes pour » ceux-là qui avaient travaillés aux décorations et dont le zèle désintéressé montrait combien haut ils prisaient les bienfaits de la visite épiscopale, et quel prix ils attachaient à l’ornementation faite en l'honneur du représen-

. tant de Jésus-Christ parmi nous.

Dans le mois de février 1874, ia neuvMhe “de St François Xavier avait lieu à l'Isle Morte.

Disons de suite que le Père Augier Oblat de Marie Immaculée, qui prêcha alors la neu- “vaine dans la paroisse possédait le don d'’at- ‘tirer les cœurs et de convertir les âmes. Ces apôtres ont une voix à nulle autres pareilles. - et leurs accents trouvent pour ainsi dire de … suite, le chemin qui mêne droit au cœur de — chacur de nous. Toute la Paroisse suivait . donc les exercices de la neuvaine avec dévo- ‘tion et avec zèle, ne voulant pas perdre une

r le ent.

sle- 1 en

œuTr pour [ions bien risite l’or- ‘ésen-

vaine

l'Isle Oblat x Heu

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seule de ces paroles tombaut des lèvres du Révérend Père prédicateur. : Des liens multiples semblaient uuir les âmes fidèles à celle de lapôtre dévoué venu de loin pour prêcher la parole sainte, . Une communauté de sentiments sympathiques réunissait ensemble le prêtre et la foule, orateur et auditeurs.

Le 27 février, un vendredi au matin, le Rév. Père Augier monta lentement les marches de la chaire de vérité. Ses traits avaient pâli et la blancheur mate du marbre jetait

sur son front un voile funèbre, signe avant. © A

coureur d’une catastrophe sans nom H.

parla, comme toujours, avec grâce, avec onc-

tion, avec chaleur même et termina son serénergique qui 4

mon par un “au revoir ?

plana sur la foule comme un glas funèbre.

Il y avait des larmes dans l'assistance et plus d’uu, frappé de l'accent étrange des dernières paroles du prédicateur, sentit que le froid de la mort allait glacer, prête pour le ciel sans doute, une âme d’apôtre, une, âme de Saint.

: Descendu de la chaire, fatigué, le front cou- à vert d'une sueur- froide, le Père Augier:alla :

se jeter dans son lit au presbytère, cherchant é

dans le sommeil un FhpoR pour ses soute

ai

le calme pour son cœur malade. Hélas ! oui, il devait y trouver le repos, mais celui de l'éternité bienheureuse après lequel il aspirait comme le cerf altéré, après la fontaine d'eau vive.

L'heure du diner étant venu, on alla réveiller le Révérend Père. Son corps avait déjà la rigidité du cadavre. Il devait être mort depuis une heure environ. On ne se

figure pas l’'étonnement du personel du pres-

bysère et la douleur.et la consternation du peuple lorsqu'aux exercices de deux heures

Mons. Ladrière annonça la mort soudaine et . foudroyante du Rév. Père Augier.

Ce fut comme un long et douloureux sanglot comprimé dans toute la nef. On y pleurait à chaudes larmes et sans respect

- humain, tant la douleur était sincère et vraie.

À l’Isle-Veite on a toujours conserver-le souvenir vivace et poignant de cette mort subite en pleine retraite dans un temps de pénitence et de mortification. Bien plus les fidèles se sont disputés les lambeaux de son

. humble soutane et blus d’une famille montre avec orgueil un mnorcéau du vêtement du

stint ublat de Marie Immauulée mort au

ui, champ d'honneur ‘“ alors qu'il faisait la |

de moisson dans la vigne du Seigneur.” | L”

#4 Cette mort eut du retentissement et fut

À la cause de bon nombre de conversions dans ja paroisse.

alla

La mort du juste est un rayonnement.

Au mois d'octobre, l'Isle-Verte perdait | e 8e le Révd. M. Ladrière. Il allait, en qualité | + de missionnaire, travailler au salut des âmes || gr chez nos frères les canadiens-français exilés |

ae aux Etats-Unis. Notre plume est impuisdt sante à dire tout le bien que nous voudrions

RE de ce saint prêtre, obliger de s’exiler pour des | considérations dont seul il était le juge, et la |

Res douce victime.

sens Que dire maintenant de l’orateur sacré ? L xrûte, Jamais la chaire de lIsle-Verte n'avait à Ï | entendu de voix plus sympathique, plus | ns touchante, plr pénétrante, Le timbre de sa 3 l ne voix était de crystal ; le geste, chez lui, était À ps de noble et gracieux, arrivant à point pour LL us les donner plus de relief à la phrase et faire Î ser tableau. Le style, toujours simple, ne man- fi onire quait pas pour cela de grandeur. Il puisait oh Le é ré dans son âme atmante et dans son cœur plein. “200

de zèle des flots d'éloquence émune qni ne.

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restaient pas sans effet. L'idée, nette, concise, ne se noyait pas dans une mer de paroles inutiles. Le but était entrevu, il fallait y arriver de suite et il y arrivait en véritable orateur qui connait son sujet et se sent aimé de la foule pieuse qui écoute.

M. Augustin Ladrière était un des prêtres les mieux doués du clergé canadien, Aussi son départ pour les Etats-Unis fut-il sensible à tous. Longtemps on espéra qu'il resterait à sa place aime, mais il fallut se rendre à l'évidence le jour où le cœur brisé, la voie pleine de sanglots, les yeux voilés de larmes bien amères, 1l fit ses adieux à la paroisse. Il partait, vénéré, béni de tous, emportant les regrets inconsolabels de toute une paroisse qu'il aimait autant que chacun l’estimait et le vénérait.

La vie de missionnaire n’était pas faite pour lui aimant l’activité circonscrite à un lieu déterminé. Il saccomba à la tâche trop ardue de visiter tous les centres canadiens.

Malade plus du cété du cœur qu'autrement, il revint au Canada. mais pour mourir trop tôt curé de Notre-Dame du Sacré- Cœur, près de Rimouski.

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ble imé

tres uss1 sible erait ire à voie armes roisse.

Ant les \roisse ait æt

s faite à ul ne trop

3 diens.

e ment, :

ir trop r, près

Une belle intelligence qui s’envolait.

Une voix d’or qui se taisait.

Le Révérend M. C A. Winter, premier chanoine de l’Isle- Verte. (1875-1882)

Mons. Winter arrivait dans la paroisse précédé par une réputation d'orateur bien méritée, d'homme de progrès, rempli de zèle pour le bien des âmes et dévoué entièrement au bien-être de ses ouailles. Il sut rester à la hauteur des idées qui l'avaient dévancé dans la paroisse et ne démérita pas aux yeux de ses paroissiens.

Deux mois après son arrivée dans la paroisse, il appela auprès de luï le révérend Père Charmont, des Frères Prêcheurs (Dominicains), en congé, pour cause de santé, à Ri-

mouski et lui confia la tâche d’ériger solen-

nellement Ja confrérie du Saint Rosaire.

Le révérend Père, dont l'éloquence entrainante et pleine de feu est bien connue,ne se fit pas prier pour venir et le 2 de décembre 1806, ilarrivait à l’Isle-Verte,ouvrant les cérémonies

‘par un discours des mieux pensés et des mieux

dits. Plus de la moitié de la paroïisse,docile à l :

voix de son pasteur et du révérend Père prédicateur s’enrola sous la sainte banière du Resaire, récompensant ainsi généreusement les efforts des zélés promoteurs de l’œuvre sainte. Puis ce fut le tour des confréries de la Ste Famille én 1876 et de St Joseph et du Très-Saint et Immaculé cœur de Marie desi{1nées à faire tant de bien dans les paroisses. Nous le disons hautement : ces confréries, véritables régiments religieux où l'on s’enrôle à tout âge, sont un rampart contre le mal qui envahit le monde. C’est le cordon sanitaire contre l'envahissement des idées qui sont de ce siècle qu’on nomme ‘“ Le sièc'e du Progrès. ” C’est le bouclier invulnérable qui nous défend des attaques subites et souvent REUTERS d’un ennemi qui veille sans cesse ‘ et rôle autour de nous comme un lion prêt à nous dévorer. ?

Le 19 juillet de cette même année 1877, Mgr Langevin faisait sa troisième visite épiscopale à l’Isle-Verte.

| Cette visite de Mgr Langevin avait lieu | pendant les vacances de 1877 et le ciel se mit de la partie pour aider à faire à notre Evêque une réception digne de ui et de Celui qu'il

1sses.

onfréà l’on atre le ‘ordon idées e sièc € érable et soule San$f n lion

e 1871, te épis-

ait lieu 1 se mit Evêque ji qu'il

représente ici-bas. Il y eut le soir procession des jeunes gens aux flambeaux, feux de joie tout le long de la côte qui surplombe pour ainsi dire le village. Enfin ! on multipliaït les démonstrations de sympathie pour Mgr qui se sentait réjoui se voyant aimé de son peuple.

Ces visites reviennent tous les quatre ans au milieu des paroisses et l’on a beau vieillir, on y trouve un charme toujours rajeunissant, un plaisir sans cesse renouvelé, Cela nous aide à remonter le cours desansen arrière et l’on se revoit jeune et l’on se revoit joyeux : : cela suffit pour mettre une goutte de joie sincère, un rayon de soleil lumineux dans notre vie.

Mons. Winter, homme de goût et artiste à ses heures, trouva moyen d’orner l’église paroissiale de manière à satisfaire les plus exigents. Il fit faire à l’intérieur du temple des réparations magnifiques qui donnèrent plus d'élégance à l’ensemble du chœur. L’Isle-

Verte possédait déjà les statues de la Sainte

Vierge et de St Joseph, Mons. Winter voulut y joiidte Ste Anne et St Joachim. Il parla

ps son-projet qui n’était pas cependant irréa-

io

mn JÉE Le

lisable, et après plusieurs collectes et des dons. généreux, il : it le plaisir d'annoncer en chaire que Mgr Langevin bénirait les nouvelles statues de Ste Anne et de St Joachim.

En effet le 7 août 1881, Mgr Langevin, en visite pastorale à l’Isle-Verte, installa s0lennellement les deux magnifiques statues dans leurs niches élégamment faites, et de nos jours nous pouvons admirer de chaque côté des autels lattéraux les quatre statues artistiques qui sont un ornement pour l’église de l’Isle-Verte.

remet

Sous le ministère de Mons. Winter trois morts vinrent jeter l’'émoi parmi la population l’Isle-Verte. /

Par un temps affreux de bourrasque violentes, le capitaine Joseph Levesque de l’Isle- Verte, voulut rejoindre l'équipage qu'il commandait à bord du bateau-crieur (Floating Light) trois mille en bas de l’ile-Rouge. Malgré: les conseils empressés de ses amis intimes, il partit pour la haute mer, seul en son vaisseau fragile. Tout alla bien jusqu'au dé-

. tour de l'Isle où le vaisseau commença à fati- : ge à la mer, Le capitaine Levesque paya

FA

d’audace et voulut résister aux éléments conjurés. |

Malheureusement, le capitaine Levesque, quoique capable et habile comte marin, se trouvait seul pour faire la manœuvre et il devait périr victime de son imprévoyance et de sa témérité. Une vague énorme, poussée par un vent de sud-ouest violent, vint engloutir la chaloupe qui disparut avec son conducteur au fond du fleuve d'où ils ne sont jamais revenus ni l’un ni l’autre.

Puis ce fut le tour de son frère, marin lui aussi, tué accidentellement par son propre fusil, un hiver qu’il était allé à la chasse sur le pont de glace entre l’Isle-Verte et 1a terre ferme. Son corps ne fut trouvé que le lendemain, un chasseur ayant été attiré auprès de la pauvre victime par les aboïiements du chien qui n'avait pas voulu déserter le corps de son maître.

Triste trouvaille et plus poignante encocore la mission du prêtre chargé d'annoncer la terrible nouvelle l’effrayant épreuve à la

famille éprouvée.

. Ce n'était pas assez:! dans le mois de juin de la même anné», un parent des deux

Cdi

RE PTT ER er ST

At. ém.

victimes, le pilote Petitgrew, tombant du haut du pont dans la cale de son navire à St Alphonse du Saguenay, et y perdait subitement la vie. Probe, honnête, religieux aimant à faire le bien sans ostentation, aimé de tout le monde, Edouard Petitgrew fut pleuré sincérement et regretté de tous ceux-là qui l’ont connu pour l’apprécier à sa juste valeur.

C'était un vieillard et il avait gardé du bon vieux temps ce cachet de distinction qui tend à disparaître à mesure que le flot démocratique des idées inodernes monte avec les années menaçant de tout ensevelir.

Le Révd. Monsieur Winter ne resta que huit ans curé de la paroisse de l’Isle-Verte. Durant cet espace de temps, il trouva moyen

- de porter secours aux canadiens exilés aux

Etats-Unis, soit par sa parole ardente,—car il était orateur dans le vrai sens du miot,—soit par ses conseils privés et son aide charitable

à la vue d’un malheur ou d’une misère réelle. … Fils de l'honorable juge Winter, de la Gaspésie, il fit de brillantes études au collége de Ste Anne. Parlant également bien les deux - langues anglaise’ et française, il était en posi- . tion de rendre des services signalés à nos

t du à St 1bitemant > tout 6 sin- \ l'ont raleur.

u bon ph qui démovec les

sta que -Verte.

moyen lés aux car il st, —soit aritable e réelle.

n Graspélége de es deux en posi- 58 à 108

compatriotes de l’autre côté des lignes. Il profita de ses missions aux Etats-Unis pour prêcher l’œuvre du Séminaire de Rimouski, ce séminaire qu'il aimait tant et qu'un incendie est venu trop tôt détruire de fond- en comble,

C'était un homme de mérite ré:l, une de ces âmes d’apôtre qui savent cultiver avec douceur etdiscernement la vigne du Seigneur.

Aussi Mgr Langevin reconnaissaut son zèle et ses capacités, l’appela à faire partie du chapitre de Rimouski et le créa chanoine, titre qu'ii conserva jusqu’à son départ de l'Isle-Verte en 1882, pour aller se fixer au

- Sable, dans le Michigan, continuant au milieu

des canadiens-français expatriés l’œuvre à laquelle il.a voué sa vie : suivre les nôtres et les rendre meilleurs en leur parlant de Dieu, de leurs devoirs et de la patrie absente.

Le diocèse de Rimouski,privé des secours de ce prêtre capable et dévoué, ressentit comme un vide difficile à combler. Mais la Providence veille à tout et ne permet pas que le troupeau catholique demeure seul, sans gardien vigilant et digne, sans pasteur dé-

pe

voué et plein de mérite. La longue chaîne |

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