‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 8 sur 51 · HT OR · texte numérisé non relu

HT OR

Bien avant. l’anné: 1663; époque de la fondation du séminaire de Québec.par Mgr Laval et de la dissolution de la société des “ Cent Associés ” fondé: par Richelieu ie 299 avril 1637, la Kelation des Jésuites nous apprend que le Père Grabriel s’est rendu-en mission dans le bas du fleuve St Laurent, bornant sa visite à l'ile Verte, sans se rendre à la terre ferme, au sud. Le Père Henri.

Nouvel dans une lettre qui trouvera sa place | ici, raconte qu’il rencontra sur. l’Ile-Verte

un capitaine sauvage Papinachois sachant bien ses prières et qu'il baptisa; puis il ; ajoute : ‘“ Avant que de quitter ce premier “

appelé au ciel une petite fille demon hôteqgue À le père Gabriel avait baptisée ; cette mort affligea beaucoup le père, la mère et toute la parenté, Dieu les consola dans leur perte par ln ferme croyance qu'ils ont qu'elle èst au ciel; ils l'invoquent tous les j jours afin qu ‘elle Foi, ne auprès de Dieu.” : Re

On peut doné dire que | l'anné> 1663. est à le point de départ, li date où les maléchites ; rencontrèrent, . chez eux, les buge: sion-

deteste

en: GO Le

uaires catholiques. L'histoire ne nous dit pas qu'ils étaient à la mission du Père Henri Nouvel sur l’île en 1663, mais dans le cours de la lettre cité: plus haut et que nous trouvons toute entière dans la relation des jésuites, on lit les paroles suivantes : ‘“ Nous trouvâmes en cette Isle, tous. nos sauvages tant Papinachoiïs que “ d’autres nations ” qui faisait en tout soixante et huit. Les maléchites étaient peu nombreux alors puisqu’en 1870, jls n'étaient que 400 âmes dans leur réserve M. Surla hauteur des terres. Oes mots ‘ d'autres | nations ” nous laissent croire que les sauvages de la Rivière- Verte devaient être, en partis, à la maison du 24 novembre 1663 sur. l'Ile:

| Verte. S'ils n’y étaient pas, les missionnaires, scrutant toutes les profondeurs, examinant, interrogeant les bois, les lacs et les rivières, auraient certainement appris leur existence en face de l'Ile et les auraient visités.sur le

L'œuvre donc de la conversion. commencée

L'Eglise nues du Canada les compta

champ comme iis ies visitèrent dans la suite.

rasé 1663 el les ie so ne tratna

2 au + au - nombre de ses, enfants sou-

venaient faire sur nos rives les premiers

mis et dévoués, comme ils le son encore au-

jourd’hui sans aucune exception. L'Eglise ou

du Canada se montra pleine de zèle et de sollicitude pour les enfants des bois. Elle | les regarda sans cesss comme une partie à importante de son troupeau. D'ailleurs, que

missionnaires catholiques ? Pourquoi quittaient-ils le ciel paisible et toujours beau de leur patrie pour traverser les mers etatteimdre. le nouveau-continent ? Ils n'y venaient pas uuiquement pour les colons français, mais bien plutôt pour les tribus sauvages qui se : partageaient le Nouveau-Monde. Une Les Maléchites étaient des idolâtres et: à. ce titre, ils méritaient qu'une âme d° apôtre com- 6 me celles des Pères Gabriel, Henri Nouvelet | autres s’attachât à leur procurer les secours | de la religion du vrai Dieu en les convertis: sant au christianisme. Ils furent docilesàa la voix du prêtre et jamais, depuis, l'apos! asie ue et l’idolâtrie n'ont amoindri leurs raugs. | Nous avonsconnu de fervents disciples jarmi ces pauvres sauvages. À une foi solide ils savaient unir ls charmes rs piété douce, confiaute et sais ostentation. On: les a vus

Dore

prier au temple avec une ferveur sans és: le -etaux jours des grandes solennités religienses, l'Is'e-Verte ne connaissait pas de plus empressés et de plus joyeux catholiques praties que les sauvages Maléchites.

Aussi, le curé de la paroisse les surveil Jait de près, en ce sens qu'ils s> montrait plein d'égard et de douceur pour eux. C'est ‘avec la douceur que l’enfant des bois demande à être conduit ; une réprimande sévère ne saurait alteindre de bons résultats. Le prêtre le savait et jamais une parole d'aigrear ne trouvait place entre un sauvage et son curé, Qu'il faisait bon voir prier ces humbles “sauvages. Leur intelligence peu fournie, leurs conna ssances bornées, leur timidité | . naturelle les rendent gauches, lourds et em-

| trempée. Elle le :2ra aussi iongtemps -que . Ja vie commune les rassemblera sur un même

it, autour d'une chapelle ou non loin d'une église. Ils garderont leur foi naïve, surs mœurs pures et solides, tant que le souffle de la destinée humaine ne ne

: pesés. Mais le cœur est bon et l’âme est

qui les pervertiront. [ls resteront fermes et vaillants, ils seront paisibles et sobres tant que les exigences de la vie-ne lesobligeront pas à se disperser, à se débander, à se désunir, brisant ainsi les liens d'union qui faisaient leur force comme nous allons le voir bientôt.

Plus tard les Maléchites, continuant leur vie aventureuse de chasse et de la pêche, deviendront un obstacle au développement de la colonisation et de l’agriculture dans cette partie-Ci du pays Leur nature indolente et … peu active menaça de se communiquer aux colons vivant aux alentours de la bourgade indienne. Combien de fois les pauvres pion-

niers de l’Isle-Verte se virent tentés d'abai- 1

quer tous leurs droits au sol nouveau qu'ils

défrichaient avec tant de peine et de sueurs, : . À

pour mener cette Vie errante des bois, cette pénible existence de “trappeurs” qui à pour-

‘tant des charmes et des attraits, qui en eut: du moins pour un grand nombre des nôtres

à certaines époques de notre histoire. ;

Les années se succédèrent rapidement et Fe l'Isle Verte Progr ressait, se développant et prenant dé importance tant au point de …

> du défrichément du sol ip du côté de

la population qui allait se doublant en peu d'années. La chasse à la baleine devint bientot lettr. morteet le poisson de la rivière, . chassé autant par le bruit des moulins que par la descente des billots provenant des chantiers, ne revint plus aux rives accou- tumé?s où, naguère; on leretrouvait inanimé sur la grève, laissé là par le reflux de la mer. … Les terres jusqne là fortement boisées, "se virent promptement dépouillées de leur hôtes séculaires ; là où l'ombre seuie avait étabii sa demeure on vit surgir des champs superbes où les moissons les plus abondantes, J'espoir du laboureur,étalaient au soleil leurs

longs épis dorés.

| Les Maléchites, troublés: dans leurs demeures, laissèrent la place libre aux colons pour gagner la hauteur.des terres où le gou- vernement leur avait donné une “ Réserve, ” .- C’est en vain que lé gouvernement travailla à les attacher au sol en leur envoyant, chaque sie année, du grain de semence, des instruments | aratoires, des couvertes et quelques pièces de .. monnaie, Tentative inutile! ivains efforts ! ed le. sauvage est libre de fa nature et À mes mr ostien re. Lui semble

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eu un fardeau trop lourd, le travail de Ia terre

int un métier iugrat et difficile, un joug qu'il

re, faut secouer. Toujours il rêve de chemins | ue couveïts dans Ja torêt, de pièges aux castors | les et de grands lacs poissonneux où le che- | )u- vreuil, l'orignal, l’ours et le cariboun viennent | mé s'ab'euver. Voyant l'inutilité de ses efforts

er. | philantropiques, le gouvernement ‘par la 28, voix de ses ministres en conseil, ordonna la …

ur ! vente de leurs terrains qui font partie au-.

it jourd’hui de la paroisse de St Epiphane.

ps C'était une mesure de rigueur, un moyen sg D | extrême peut-être, mais c'était une nécessité . rm | que commandaient les circonstances, N'était-

ce pas leur rendre même un mauvais service que. d'encourager leur nature indolente pat

rs Fa ces envois toujours dispendieux de: grains, - L- d'instruments, de couyertes et de monnaie ?

. | Et puis, cette “ Réserve ” composée désmeil | | léures terres des townships, restait inculte, - |

“ | couverte d'arbres géants, ne produisant pas Le | même assez de foin pour nourrir une chèvre ee owune vache queles sauvages auraient voulu. à garder. La rigidité draconienne, du moins + en apparence, de cette mesure était donc di.

| minués de ba *Aucoup par l'ensemble des. cône

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sidérations de premier ordre qui surgissaient

d'elles-mêmes, et malgré les protestations des

pauvres sauvages qui se voyaientabandonnés

à la merci d’un avenir incertain, nous cro-

. yons encore que le gouvernement a agi, dans

e temps, avec prudenc: et discerne nent, La Réserve devait être vendue.

Cette vente eût lieu le 11 mai 1870 et .rapporta la jolie somme de $9,368.00. Que de scènes on vit alors ! M. le notaire Gauvreau, Agent des Sauvages à cette époque, soup-

ie leur position pénible, vit la porte de sa maison * presque forcés par une bande de sauvages avia nés.

+, [la reculèrent deyant la fermeté et la “ parole éne, gique d'une brave canadienne. Le . sauvage, du moins ceux de lIsle-Verte, ont … cela de beau que la vue d’une femme leur en impose, même aux heures où leurs cerveaux

, se sentent obscurcis par les vapeurs de la

| - boisson enivrante. Hélas ! dans la bourgade indienne, . on ne voulait pas croire à une

vernemant et cependant elle n'était que

” onné par, les Maléchites d’être l’auteur de

priation aussi radicale de la part du

e vraie et faite dans l'intérêt du plus gr aud |

aux proportions plus grandes ; elle-est plus

Los Maléshites, sans gite, sans demeure, dûürent prendre le chemin de l'exil et mener la vie errante de leurs ancêtres dont l’histoire se perd dans la nuit des siècles passés. ‘On les trouve maintenant disséminés partout, depuis la côte de Graspé, jusqu'à Rimouski et de là jusqu’à Québec, voir même au Lac St-Jean et à la Malbaie. Allez sur les plages enchanteress2s de Cacouna et vous y trouverez une petite bourgade Ma'échite. C'est là que réside le chef On reconnaît sa tente

en vue que les autres —ichétives masures aux bords de la mer. Lot or . Montez plus loin, -poussez une “reconnaissance jusqu’à Ja pointe de 14 Rivière- Loup,.cet endroit incomparable destiné un * avenir bruyant, si l'on réussit à s'entendre et à ge comprendre, et Ià encore, vous trouve rez uu rameau de l'arbre nouveau trausplanté de, aux ‘siècles antérieurs sur ce sol à nous : là À vous trouverez quelques familles maléchites oi

dans d'humbles “wig wams” d’écorce bâtis le leng des rochers où les flots du vien-. 1 nent se briser. ï Comme à “Cacouns, ‘is. sont venus … |

NW — pour da chasse aux loups-marins ét surtout Pour vendre aux touristes qu'y déversent Comme un flot continu, les vastes bateaux de la compagnie du St Laurent et du Saguenay, les milles et un articles fantaisistes et parfois

étranges, produits de leur industrie et de leur habileté naturelle.

Avec l'hiver les portes se ferment et l'on . n'entend plus sur les plages de Cacouna ni à la Pointe de la Rivière-du-Loup, les cris des Srands chiens de chasse sauvages, ni les

du fleuve et le bruit du vent dans les arbres … qui bordent les rives désertes, se font entên- dre. C'est désolation, c’est presque la mort ! | L'animation n’y renait qu'aux prémiers beaux jours chauds dwprintemps, alors qne les rives sont libres de glace ét que le:loup- . marin et les, marsouins commencent à prendre leurs ébats dans le grand lit du fleuve.

Le race Maléchite s’en va en dégénérant.

tice et d'apparence. La boisson fait parmi eux * des ravages terribles et profondément tristes

! constater. Leur nom ne sera bientôt plus

Côups.de fusils d'un indien, au large, chas- , sit le loup-marin. Seule, la grande voix

bre n'a plus qu’un reste de vie, vie fac-.

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