‹ L'Isle-Verte (St. Jean Baptiste) [microforme]Chapitre 7 sur 51 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Une tribu de Sauvages :—Les Maléchites—Leur À nai ‘histoire jusqu'à nos jours. :

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et Je plac offre déli de g

Lorsque les missionnaires et les colons vinrent sur nos bords commencer leur œuvre d’avexir,-les premiers, travaillant à conquérir des âmes à Dieu, et les autres, cherchant à s'implanter au sol qu'ils avaient choisi pour y fonder un foyer, une demeure stable, —ils trouvèrent établie auprès de la grande Rivière Verte qui partage le village d'aujourd'hui en deux parties, —une tribu sauvage dont lhis-

toire est presqu’inconnue et menace de s'étein-

dre avec la race elle-même qui disparaît. tres

Hi | Tronçon d’une race autrefois grande et | que ILh guerr dre peut-être, branche détachée de D Car:

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l'arbre à une époque déterminée dans les secrets: de la Providence, ces sauvages, fuyant leur pays, poussés par le souflle de Dieu sans doute, vinrent s'échouer sur les rives de la Rivière-Verte où les missionnaires, —ayant soif d’âmes,—ne tardèrent pas à les découvrir et à les évangéliser.

Ils avaient bâti, —sur les hauteurs, —aux bords les plus escarpés de la rivière, leurs cabanes couvertes d’écorce dé bouleaux.

Qu'étaient ces sauvages et: d'où venaient-ils ? ;

Nous n'en savons que peu de choses, ils existent encore de nos jours en très petit nombre et disséminés sur les rives du fleûve, de Rimouski à la Rivière-du-Loup.

Ils ne comptent pas quatre cents âmes, et le plus grand nombre d’eux se voient aux places d’eau,—l'été —durant la belle saison, offrant aux étrangers les mille et une choses délicates qu'ils fabriquent.avec tant d’art et de goût, :

On les appelle “ Les Malécites ”,—d’au-:

tres disent ‘ Les Maléchites ” et nous croyons que c’est ce dernier nom qui doit prévaloir, car c’est le plus répandu, si l’ons’en rapporte

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+.et J. C. Taché, dans “Les Forestiers et Voyageurs” ‘au sujet de l'épisode du “ massacre de Îa caverne du Bic. ” FE

Ils venaient des hauteurs des terres pardelà la ligne 45e qui nous separe aujourd'hui des Etats-Unis, disent les viéux, et

couata, cette adorable mer intérieure dont . nous parlerons plus tard au cours de notre ss 6uyrage sur L'origine des Paroisses.

+ A la tête dun Lac Témiscouata, ils n’au-

Pistoles, et parelle, descendre jusqu’au fleuve

St Laurent. Rendus là, ils ne crurent pas que leur pèlerinage était enfin fini, et leur

sort fixé aux bords de cette rivière qui ne Jeur semblait pas assez avantageuse à plusieurs points devue.

D'abord, les eaux y sont très basses et de

. c'est un ‘uiie essentiel qui leur permet de

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à Mer Guay, dans ses “Chroniques de Rimouski”,

auraient descendu la rivière St Jran pour venir se jeter dans le Grand Lac Témis-

-raient pas tardé à gagner la Rivière des Trois

| plus, pas un seul poisson, autre que la truite des rivières : et le poisson, pour les sauvages,

. ne pas craindre, au moins, la disetie, si la

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dit o là.

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“d'Ile uux Basques” (1) et “d'Ile aux Pommes”, Let ne tardèrent pas à se trouver à ’lembouchure

que l’eau en était troublé: et que le flux et le .

E colossales.

encore ce temps où ils prenaient plaisir à ivoir sauter le poisson dans la rivière. On

à où ils faisaient la pêche et la chasse à la baleine. L'Ile aux :

AR, Lt Donc, pas assez d'avantages pour y fixer une demeure stable et permanente. On aurait dit que leur vie n’était pas faite pour s’écouler -là. Ils pressentaient au loin une terre plus hospitalière, plus convenable. et ils se laïssèrent aller au courant du fleuve à la mer montante. Is côtoyèrent, de leurs canots d’écorce, . les rives de Iæ côte sud, ayant à leur droite les iles connues de nos jours sous les noms

de la Rivière- Verte où le poisson abondait tellement, il n’y a pas même encore longtemps,

reflux de la mer jetaient sur les grèves nombre de saumons et de truiles aux DEOPATI

Les vieux de l'endroit se sbpdlient

mangeait la ‘“ ventraiche ”, disait l’un d’eux,

(1) Les Basques étaient au port de Tadoussac dès 1608,

Basques est à l’est dé Tadoussac, plus rapproebe de Ia côte sud. + C’est un endroit très commode qui devait servir de

poste d'observation aux pêcheurs basques. Ce dûtétreun

espèce de ‘* rendez-vous ” général où l'on devait se reposer, Le s'entendre et se ravitailler.

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et le reste ne se.consommait pas, tant il y en avait du saumon !

À partir de la Rivière des Trois-Pistoles les sauvages pèlerins remontant le fleuve, voyaient se lever, à l'avant de leurs canots, des nuées de canards sauvages et d'outardes géantes ; au-dessus de leurs têtes, passaient des volées de sarcelles,de moignaes et d’alouettes aux proportions multiples et aux cou! 1rs = diverses. Tout près d'eux, jusque dans la . Rivière-Verté où ils venaient seiner le poisson, 8 loups-marins montraient hors de l’eau leur tête fine: et luisante comme un caillou poli ; et : ;Blhe près de l'ile-verte, —au large, —]es dos blancs ou grisâtres des marsouins, venaient : tacher d'un point plus clair la surface sombre des flots. | se IL semblait que le ciel se fit complice pour les séduire.

… Entendirent-ils alors une voix commune qui leur disait à tous : “ Vous resterez ici, | aux bords ae cette rivière, eb vous n’irez pas Le Dieu de l'avenir pouvait bien Je vous appelle aux grandes lumières d'unevérité nouvelle, mais ancienne omme le monde, + " PIRE vous verrez

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venir, sur le fleuve d'en face, de grandes demeures flottantes déployant au vent leurs ailes immenses ; puis-des hommes nouveaux viendront vous apporter, dans les-plis de leur ample vêtement, la divine vérité qui éclairera vos âmes et vous fera chrétien. Oui, vous n’irez pas plus loin !

Et ils se fixèrent à l'endroit qu’on PR lera plus tard l’Isle-Verte et où tout se donnait la main pour les captiver et les attacher, les forçant pour ainsi dire à y élever leurs

wigwams: Eu effet, les sauvages vivent de chasse et de pêche et le plus souvent c'est.

sur la chasse d'hiver, dans les bois, qu'ils

comptent pour passer la belle saison. Or, quel endroit pouvait leur offrir plus d’ayantages que celui qu'ils venaient de choisir ?

À l'automne, tout le printemps et l'été, la chasse aux gibiers de mer leur promettait des milliers de victimes chaque jour , de plus, le marsouin et le loup-marin, morceaux capables de captiver plus d'un- enfant des bois, se trouvaient pour ainsi dire- à portée de leurs mains.

- À deux pas de leur tente, le saumon. et. .

la truite saumonnée, aux chairs rosés» .

succulentes et d’une saveur exquise, se pres- ‘saient par centaines, et i's n'avaient qu’à - jeter le filet pour en amener sur le rivage un nombre capable de nourrir toute la tribu pendant plusicurs jours. Enfin, la baleine monstre abondaïit aux environs de Tadousac dont les sauvages n'étaient séparés que par ane distance de sept lieues seulement. De . nos jours, les navigateurs en rencontrent encore aux alentours: de l'ile-Verte ét leur . donnent la chasse sans trop de difficulté, mais ;. sans succès toujours.

Eu 1720, un missionnaire écrivait : rad:

sac est un bon port ; sa figure est presque ge ronde , des rochers escarpés d’une hauteur Me prodigieuss l’environnent de toutes parts... Tout ce pays est plein de marbre ; mais sa - plus grande richesse serait la pêche des . baleines. — | Toul conéourait donc à faire de Plsle:

D Von endroit le plus Probe aux sauvages, Fe y trouver: des subsistances MEET be td nr contre la famine ét a dia ns

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e8- Maléchites d’entrevoir, un bon soir du mois u’à de septembre 1535, tout près des rives où ils uw | avaient fixé leurs cabanes, les trois 1:avires ibu de Cartier, attendant le retour du matin pour. ine entrer dans le Saguenay !

sac Comme ils devaient accourir sur les par. À grèves afin de voir de plus près ces objets De nouveaux pour eux ! Pourtant, qui sait sila ent frayeur et l’étonnement ne les chassèrent pas

eur au plus profond des sombres retraites de la.

ais À forêt ? Alors ce fne fut pas sans une joie.

| bruyamment manifestée qu'ils saluèren”, au

US- matin, le départ des galiotes du navigator |

pue E inalouin gagnänt lahaute merpour's’enfoncer |

ur ) dans la vaste entrée de la grands rivière du

Re Nord : Le Saguenay. Ils devaient 30 familia-

sa riser vite avec ces grandes maisons flottantes

des allant sur la mer, les ailes déployées au 2 soufñle du vent et montées par des hoïñnmes

1e: au visage-pâle. Leur crainte première allait

es, bientôt se dissiper pour faire place à 1 con+ |

rés. M fance, à l'amitié. sa

ls D Au printemps de l'annee suivante ke:

es # Malé: hites, ‘revenus de la chasse à l’intér ne des terres; reverront Cartier descendre. de e fleuve ramenant en France le reste de son

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équipage, ceux-là que le scorbut avait épar- -gnés ; et les plus jeunes sauvages. |

Demevrés sur les grèves, Regardaient s’enfoncer les mâts commo des rêves Dans l’éblouissement de l'horizon vermeil:

. Et lours cerveaux obscurs, à la fin de leur âge, .Se-rappr ‘aient encore le morveilleux mirage Do ces grands vaisseaux noirs entrés dns le soleil.

Plus tard, en 1541, ils l’apercevront de *. nor: veau le bise navigateur de St Malo, à la tête de cinq vaisseaux cette fois, remontant le fleuve St Laurent, mais pour retour- ‘ner sur ses pas au printemps suivant comme en 1535. Voyage pénible et triste retour.

ie : Puis, ce sera le tour de Samuel de Cham- ‘plain passant, en 1608, sous les yeux des Ma- * léchites étonnés et venant fonder une colonie sur les ruines de la bourgade de Stadaconé, on amas de cabanes indiennes blotties comme a des poussins sous une aile d'oiseau.” (1) = Un quart de siècle plus tard, d'autres ni vaisseaux remonteront le St Laurent, mais es. sauvages ne reconnaftront pas en ceux -qui les montent les hommis accoutumés, Hs 7 autrefois. Les couleurs flottant : au

Ernest Myrand page %6.

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haut des mâts auront changé et le langage :

nouveau qui se fera entendre les rangera parmi les peuples de contrées inconnues. En effet ce sont des anglais. Ce sera l'amiral Kertk venant s'emparer de Tadoussac et de Québec. Maïs le drapeau anglais repassera bientôt les mers su grand plaisir peut-être des sauvages, pour être remplacé par les couleurs connues. nous'allions direaimées:.., tant il est vrai que l'écrivain trahit parfois ses sentiments et ses préférances. Ce sera de. Champlain, de glorieuse mémoire qui les ramônera au bourg de Québec, ces couleurs. françaises qui ont passé à travers le vieux : monde étonné et qui, sur ce sol d'Amérique, |

ont abrité toutes les grandes et saintes can LI ses, tous les dévouements, toutes les: ‘abaéga-

tions; tous les faits héroïques qui cons tit . .o notre histoire nationale. aent .

Les années iront leurs: dan bt-e patte !

vages, aux rives de l’Isle-Verte, se familiarise- a ront vite pour s'étonner de nouveau lorsque

le canot sauvage amènera däns leur rivièreet jusqu'au mr 1e de leurs cabanes la “ Robe.

Noire ” apportant la bonne nouvelle, cette

subli me et consolante ons en ne nent sl

pas, ayant puisé sa force au seuil même de

l'éternité, éternelle comme Celui qui en est l'anteur divin et sacré : parol> d'arnont et 1 parole de vie. Oui la “ Robe-Noire ” viendra Vers eux pour en faire des néophytes d’abord et de bons et fervents chrétiens ensuite, fervents à reudre des pointes à plus d’un visage pâle. Lorsque les missionnaires vinrent à Tadoussac en 1686, à la recherche des âmes,

puisque la traite de la pelleterie & de faisait fur ure grande échelle, C’est là que les te jésuites les connurent et s’attachèrent à leur conversion avec toute l'énergie que leur

vouéleur vie. Le temps de la mission finie, les saints missionnaires repartalent pour - Québec, demeure de l'Ordre, et ne revenaient : au milieu de leurs ouailles- qu'au printemps F suivant. Quelques uns, cependant, emportés par leur zèle et par leur amour de Dien, * s'attacheient à la tribu qu'ils voulaient con- . vertir et passaient l'hiver dans les bois, ins- ‘truisant les sauvages, baptisant les nouveaux ‘nés et les convertis, et assistant les malades et les. mourants.. Vie de. dévouement, vie d'a par amour penr les Anse

les Maléchistes devaient y être allés déjà,

à .Anspirait la grande cause à lequelle ilsavaient

poste, Dieu voulut avoir les prémises du troupeau qu'il me donnait en garde, atyan

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