RECHERCHES PERSONNELLES
Plan d'expériences. — Nous avons établi les pourcentages des trois groupes dans les différentes races ovines, à charge ensuite de voir s’ils constituaient une base de différenciation ethnique. Ce travail constituant pour ainsi dire un rapport statistique, nous nous sommes adressé aux abattoirs qui offraient une quantité considérable de moutons. La population ovine de l'École était insuffisante pour ce genre d’expériences, mais elle a fourni un matériel de travail dans les recherches où il est nécessaire de suivre les animaux ; nous voulons citer des essais sur : la fixité du groupe sanguin ; l’application à la transfusion sanguine enfin sur l’acquisition de l’agglutinine et de l’agglutinogène.
Récolte du sang. — Le sang est pris sur les animaux après jugulation à l’abattoir, ou bien par saignée au trocart à la veine jugulaire dans l’autre cas. Comme il est nécessaire d’avoir, d’une part, les globules rouges et d’autre part, le sérum de chaque individu, il faut utiliser deux tubes ; ils seront sufisamment épais pour résister aux chocs pendant le voyage de l’abattoir au laboratoire. Nous recueillons, pour chaque animal, 100 à 200 cc. et 25 cc. de sang. Toutes les phases de cette opération doivent être effectuées avec propreté; l'opérateur n’est pas contraint d'employer des vases stériles, mais ces derniers seront bien lavés et surtout très secs au moment de l'emploi pour éviter tout facteur d’hémolyse. Aussitôt rempli, chaque tube est clos avec un bouchon de caoutchouc; de cette manière toute pullulation microbienne qui peut changer ou détruire les propriétés sanguines et donner lieu à de fausses agglutinations, n’est pas à redouter.
Le jet sanguin qui coule le long des parois du verre, à l'intérieur du tube constitue encore un danger d’hémolyse,
roue
nous évitons autant que possible cet inconvénient en orientant de façon convenable le récipient. Naturellement les trocarts doivent être préalablement stérilisés, la toison coupée, la peau aseptisée à l'alcool dans la région de la jugulaire, si nous recueillons le sang sur l’animal vivant.
Obtention du sérum. — 1° Si le sang est récolté sur le sujet à jeun, le sérum est clair, limpide, nous évitons toujours d'employer des sérums troubles, opalescents..
20 Autant que possible, la prise de sang est faite dans une pièce chauffée (18-200), sinon le tube est enveloppé avec du coton cardé qui retient la chaleur pendant la durée de coagulation. Faute d’avoir méconnu cette précaution, le caïllot se rétracte mal, le sérum qui aurait été récolté est à rejeter car hémolysé.
39 Le tube sera assez large (25 m/m de diamètre) ; auparavant maintenu en position verticale, il sera incliné à 45° dès que commence le phénomène de rétraction du caillot ; à ce moment, si nous en avons la possibilité, il est porté à la glacière (absorption des agglutinines a frigore). De cette façon, nous avons un sérum qui se sépare bien du caillot.
Remarquons que la préparation d’un sérum de mouton demande beaucoup de soins car les globules de cet animal sont excessivement fragiles. Avec un beau sérum les lectures des réactions sont faciles.
Obtention des globules rouges. — La récolte des hématies est faite dans des tubes plus petits et qui contiennent des billes de verre ; nous préférons, en effet, la défibrination aux anti-coagulants, pour séparer les globules rouges ; le citrate de soude diminue la force de la réaction d’iso-agglutination par son pouvoir disséminant ; après extraction de la fibrine par filtration sur un linge, puis du plasma par centrifugation, nous ramenons les globules rouges au volume initial de sang avec du sérum physiologique, puis nous diluons au 1/50; l'emploi de dilutions plus fortes est contre-indiqué par ScxiFrF, elles sont souvent une cause de pseudo-agglutinations. A remarquer que nous ne lavons jamais les hématies.
Conservation du sérum et des globules rouges. — Nous ne voulons pas traiter ici de la conservation prolongée, elle
n'a jamais été utilisée. Nous avons déjà traité des causes d'erreur dues aux sérums trop frais. WACHLER a proposé une conservation des sérums 72 heures à 4 jours ; à la lumière de ses recherches nous conservons le sérum avec le caillot à la glacière pendant ce délai, recueilli avec une pipette à boule, il est prêt à l'usage.
Quoi qu'il soit préférable d'utiliser des globules rouges frais, la conservation des hématies est parfois nécessaire (cas de sangs provenant de l’abattoir) : après extraction de la fibrine, on place bien bouchés les tubes contenant les hématies plus le plasma à la température du laboratoire, à la glacière, ils se fragiliseraient, dans du sérum artificiel ils s’hémolyseraient plus rapidement.
Technique. — On a discuté longtemps sur l'opportunité des deux techniques microscopique ou macroscopique pour différencier l’iso-agglutination de la pseudo. Certains auteurs, comme PHILIPPE, DUJARRIC, estiment que l'examen macroscopique fournit à lui seul des caractères suffisants pour distinguer ces deux phénomènes. Pour eux, l’agglutination normale est un « phénomène macroscopique qui s’apprécie facilement à l’œil nu, tandis que la pseudo n’est jamais visible dans ces conditions » (PHILIPPE). OTTENBERG paraît encore plus catégorique dans ses affirmations et rejette l’utilisation du microscope « The microscop is in my opinion, a source of error », l'examen en gouttes pendantes, procédé microscopique de LATTÉSs, entraîne la production de phénomènes capillaires siégeant à la périphérie de la goutte à examiner; ceux-là, par leur action purement physique, sont souvent le siège de fausses-agglutinations ayant tout à fait l'allure d’iso-agglutinations, d’où, suivant cet auteur, une nouvelle cause d’erreur. Selon lui, la méthode microscopique ne fait que compliquer la question.
Avec LATTÉs et Mino, seule la technique en gouttes pendantes est à retenir car elle permet seule de différencier les deux phénomènes.
Enfin FALGAIROLLE, BENDA, tout en s’accordant à reconnaître dans la technique de BETH-VINCENT des qualités de simplicité, admettent que cette dernière ne tient pas toujours
compte de l'existence de la pseudo-agglutination. C’est pourquoi FALGAIROLLE a institué son épreuve au kaolin. Devant des arguments si contradictoires, le débutant ne doit pas rester perplexe ; personnellement, la technique de BETu-ViNcENT nous a séduit par son élégance, elle évite l'usage fastidieux du microscope principalement lorsqu'on a à examiner des centaines de réactions, elle nous a été particulièrement recommandée si l’opérateur est sûr d'y apporter tout le soin désirable.
Nous avons utilisé le procédé direct ; au lieu d’utiliser les lames du laboratoire, nous avons cru plus pratique de faire les réactions sur de grandes vitres ou plaques de verre préalablement séchées pour éviter l’étalement des gouttes. Dans nos expériences sur les races, les sérums peuvent contenir des agglutinines a frigore puisque nous ne produisons pas le sérum dans le froid. Dans chaque série nous établissons un premier résultat avec deux parties de sérum pour une partie de suspension globulaire (deux gouttes pour une goutte). Nous recherchons les agglutinations trop faibles qui n'ont pu se produire en variant les quantités du mélange (trois gouttes de sérum, une goutte de suspension), les autoagglutinations sont dépistées par le procédé des tubes : toutes les agglutinations sont reprises dans des tubes avec les mêmes proportions et mises à l’étuve à 30° pendant cinq minutes, nous savons que les agglutinations normales seules persistent.
Totale 55 GROUPE I GROUPE II GROUPE III AO Oa
Résultats de BIALOSUKNIA :
it
HOobale.e 61
GROUPE I GROUPE II GROUPE III AO Oa Oo À % % % 25 40,9 9 14,7 2} 44,2