DÉTERMINATION DU GROUPE SANGUIN
Pour déterminer à quel groupe appartient le sang d’un sujet, il existe trois sortes de procédés, mais tous sont basés sur la recherche des propriétés du sérum et des globules rouges puisqu'elles définissent le groupe sanguin.
Procédé direct. — Ayant à sa disposition sérums et suspensions globulaires d’un certain nombre de sangs, nous déterminons les réactions en faisant agir chaque sérum successivement sur les hématies ; on établit ensuite un tableau de classement des réactions en se rappelant que les sangs ne s’agglutinant pas entr'eux et dont les sérums ont les mêmes propriétés agglutinantes, appartiennent au même groupe. Par la suite, le nombre de groupes et le pourcentage de chacun d’eux sont établis. C’est avec ce procédé que LANDSTEINER décrivit le premier ses trois groupes sanguins humains ; VON CASTELLO et STURLI, HEKTŒN, grâce à un matériel plus considérable, découvrent des exceptions aux trois groupes de LANDSTEINER, JaANsky et Moss, opérant dans les mêmes conditions, établissent les groupes sanguins dans leur forme définitive en réunissant les exceptions dans un nouveau groupe.
Procédé indirect. — I1 n’est guère employé que pour la détermination des groupes sanguins de l’homme en utilisant la propriété agglutinante des sérums étalons II et III.
Il existera quatre modalités :
19 Agglutination des hématies par les deux sérums II et III, le sang étudié appartient au groupe I.
2° Pas d’agglutination, ni par le sérum IL, ni par le sérum IIL, le sang étudié appartient au groupe IV.
3° Agglutination par le sérum IL, le sang appartient au groupe III.
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49 Agglutination par le sérum III, le sang appartient au groupe II.
Sérums IT III DRE MES <e 2e PIN RICA EAU D RCE RIRES O0 + rouges LA AS EE CP + O ANS ma ae (e) O Procédé in vivo. — Il à été employé par Von DUNGERN et
HIRSCHFELD pour mettre en évidence l'existence de propriétés sanguines chez le chien, à l’aide d’immuno-réactions ; l'injection de globules rouges appartenant à un chien A dans l’organisme d'un chien B déclenchera, si l’opération est répétée plusieurs fois, l'apparition d'anticorps dans le sérum. (Les globules rouges de A représentent l’antigène ; il faut donc a priori que les deux sangs soient hétérogènes). S’il n’y a pas incompatibilité sanguine, l’anticorps ne se formera pas dans le sérum de B.
Technique
Avec la technique, nous abordons un des chapitres dont nous voudrions signaler l'importance.
Certes l'établissement d’une technique simple, rapide, n'exigeant pas un matériel encombrant, apportant à la production de la réaction les qualités requises de sensibilité et de précision a été, de tout temps, le but à atteindre. Un tel éclectisme s’est révélé, pratiquement irréalisable. Les différentes techniques préconisées pour la recherche de l’iso-agglutination paraissent se placer sous trois grands chefs : la technique macroscopique des tubes, celle des lames, enfin l'épreuve microscopique de Lattès (Reagenzglas-, Deckglaset Objekttrâger-methoden des Allemands).
Définissons chacune des techniques :
Celle des tubes a été employée par von DUNGERN et HIRSCHFELD dans la majorité de leurs travaux: l’agglutination se traduit par une chute rapide des globules en amas, en conglomérats formant un culot ou sédiment qui, désintégré par agitation, fournit des amas globulaires dans le liquide qui surnage.
La méthode des lames est due à BETH-VINCENT: on mélange quelques gouttes de sérum et de suspension globulaire sur une même lame. Au bout de deux à trois minutes, il y a agglutination, les globules rouges s’assemblent en amas irréguliers ; dans la circonstance contraire, le milieu reste homogène. Par cette méthode, la détermination du groupe sanguin d’un individu est particulièrement simple et rapide.
La méthode de Larrès est d’un emploi plus compliqué, car elle nécessite l'examen au microscope en gouttes pendantes.
Le mélange sérum-suspension globulaire est interposé entre une lamelle et une lame à cuvette.
Appréciation de la réaction Les causes d'erreur d'interprétation du phénomène
Théoriquement, la détermination des groupes sanguins est des plus simples, pratiquement elle se révèle plus complexe, car une foule de causes d’erreurs doivent être dépistées, puis éliminées par l’homme de laboratoire averti, si celui-ci veut parvenir à des résultats réels. Nous ne craignons pas de consacrer un chapitre à leur étude, tellement leur connaissance s'avère importante pour l'établissement d’un manuel opératoire idéal si nécessaire pour la détermination des groupes
sanguins dans les espèces animales.
Ces causes d’erreur peuvent être classées ainsi : 1° Le défaut de proportions du mélange.
2° Les agglutinations non spécifiques.
3° Les variations dues aux sérums.
1° Comme toutes les réactions biologiques, l'iso-agglutination offrira le maximum de sensibilité lorsque le mélange sérum-hématies présentera les proportions optima qu'il faudra déterminer par une simple mesure biologique ; si on a eu la précaution d'en faire la recherche même grossière qui est largement suffisante, en variant le mélange sérum-hématies, on pourra produire l’iso-agglutination malgré la faible affinité des hématies ou du sérum.
2° Les agglutinations non spécifiques. — La pseudo-aggluti-
De.
nation paraît être le dernier stade du phénomène de la sédimentation des globules rouges dans le cas où la vitesse de celle-là est poussée au degré extrême. Ce qui fait penser à leur identité, c’est que dans l’un et l’autre cas, on a observé la formation d’agglutinats caractéristiques en pile d’écus des hématies. Par l'épreuve au kaolin de FALGAIROLLE, qui consiste à ajouter à la suspension globulaire une goutte de kaolin lavé, dilué dans l’eau physiologique, on constate la disparition de la pseudo- ou une diminution très nette de la vitesse de sédimentation.
Des caractères permettent de distinguer l’iso-agglutination de la pseudo-, l'épreuve au kaolin n’a aucune action sur la qualité de la première, les deux réactions possèdent des caractères morphologiques qui leur sont propres : à l'examen microscopique, formation d’amas irréguliers de globules accolés caractérisant l’agglutination vraie ou de piles d’écus déjà citées pour la pseudo-agglutination ; à l’examen macroscopique, apparition de conglomérats de globules rouges irréguliers en forme et en grosseur dans un milieu limpide (isoagglutination), d’une précipitation sableuse beaucoup plus homogène (pseudo-agglutination) ; si on agite le mélange dans le premier cas, on constate un renforcement de la réaction, au contraire dans le second une destruction. Finalement la pseudo-, à la différence de l’iso-agglutination n’est pas un phénomène spécifique (absence d’immuno-réactions).
LANDSTEINER, DAN, H. Wirr ont signalé particulièrement l'apparition d’une autre agglutination anormale ; elle a lieu à basse température, d’où son nom d’agglutination a frigore. Elle est relevée principalement au courant de la recherche de l’iso-agglutination dans l’espèce animale, surtout si on n’a à sa disposition que des sérums trop jeunes. D’après HirscH- FELD, la signification de ce phénomène est assez obscure, il paraît dû à l’existence dans le sérum d’une agglutinine spéciale active entre 0° et 5°, alors que l’iso-agglutination a lieu de 00 à 400.
Etant due uniquement aux propriétés du sérum, la réaction se produit aussi entre sérum et hématies d'un même sang, d’où le nom d’auto-agglutination qui lui est encore donné.
L'amplitude de chaleur (Warm-Amplitude d’après HirscH- FELD) varie suivant les individus. Personnellement, nous avons constaté des auto-agglutinations à 23°. LATTÈS, pour éviter l’apparition de cette agglutination au cours des manipulations, récolte le sérum dans le froid, de sorte que l’agglutinine est fixée par les globules rouges du caillot.
Nous avons employé cet artifice comme KAYsER dans sa thèse, il a facilité notre tâche dans la plupart des cas ; si on n’emploie pas le sérum modifié de cette façon, il est nécessaire pour éviter la naissance de cette fausse agglutination, d’exécuter les réactions à une température supérieure à celle du laboratoire, d’où emploi d’une étuve. Il semble que la température de 300 est la plus recommandable; aux environs de 370-400 une partie de l’agglutinine serait libérée et passerait dans la solution (Travaux de JERVELL, LANDSTEINER, HIRSZFELD).
30 Les erreurs peuvent provenir des sérums employés. — Nous avons déjà expliqué le rôle dévolu aux sérums employés, dans la production de l’auto-agglutination. Il convient de dire maintenant que cet épi-phénomène s’observe souvent avec des sérums trop jeunes (WACHLER). D'autre part, vieillis, ils peuvent perdre leur pouvoir d’agglutination ou, au contraire, en acquérir un différent, ce qui faussera les résultats (LATTÈS).
Il est donc nécessaire d’observer des mesures de précautions lorsque l’on veut conserver des sérums.