CHAPITRE II
L'étude de l'iso-agglutination et des groupes sanguins a été particulièrement poussée chez l’homme et à l'heure actuelle nous en avons une notion précise sinon exacte;transportées dans l’espèce animale, terme auquel nous voulons donner ici le sens le plus large, nos connaissances sur un tel sujet sont assez limitées.
Il faut toutefois remarquer que chez les animaux domestiques où le phénomène a été le mieux étudié, des conclusions intéressantes sont à retenir.
Nous pouvons établir qu'actuellement il n’y a pas d’isoréaction chez les animaux à sang froid (FISHBEIN), chez la souris (Mac Dowez et HuBBARD), le cobaye (HEKTOEN, FLEISCHER), le rat (RHODENBERG, SNYDER) et d’une façon plus générale chez la plupart des rongeurs ; toutefois chez le lapin les conclusions apportées par différents auteurs sont discordantes. HEKTOEN, FISHBEIN, FRIEDMANN nient l’existence d’agglutination dans cette espèce, OTTENBERG qui a cru définir l’existence de groupes nettement individualisés, s’est, par la suite, rallié à l’opinion des auteurs précités ; par contre MaTsupa définit les trois groupes sanguins du lapin.
Le même état d’imprécision règne aussi sur la question chez les oiseaux, le chat et le chien. D’après BROCKMANN la réaction n’existe pas chez les gallinacés, alors qu’elle serait présente chez d’autres oiseaux. INGERBRISTEN aboutit à des conclusions négatives lors d’un travail sur quarante chats examinés.
BROCKMANN, FISsHBEIN, EMERY, Ivy, PEcHous nient l'existence de propriétés du sang du chien.
Von DUNGERN et HIRSCHFELD à l’aide d’immuno-réactions révèlent l’existence de propriétés sanguines et classent l’espèce canine en quatre groupes.
ZwETKkow, par une technique ordinaire, pose l'existence réelle d’iso-réactions et définit à nouveau les quatre groupes de von DUNGERN et HIRSCHFELD, mais à la vérité, si dans son travail les groupes II, III, IV sont parfaitement établis, il rattache improprement à un premier groupe des jisoréactions dont les caractères ne sont pas absolument les mêmes ; l’existence de dix-neuf groupes établis plus tard par le même auteur ne fournissent pas une explication nette de la structure des groupes sanguins canins. Le problème reste donc encore à l’étude. Des travaux sur cette question devront viser à l'établissement d’une formule simple des groupes sanguins.
Porc. — Des iso-réactions sont découvertes dans cette espèce par FIisHBEIN et WESCECZKY sans que ces derniers puissent les grouper. Plus tard SzYMANOwOSKY, STETKIEwicz et WACHLER puis BERCzZY définissent les trois groupes sanguins du porc. SCHERMER sur vingt porcs retrouve les trois groupes en opérant 2,311 mélanges d’hématies-sérum. KAYSER, dans sa thèse, aboutit au tableau suivant :
Hématies Sérum Nomenclature Proportions RE GE de — AO 200 IL (e) <E Oa 55% ILES. 0 0 —— Oo 1
Les réactions sont très nettes, offrant ainsi une grande analogie avec les réactions chez l’homme quant à leur production.
Bœuf. — SCHERMER, utilisant comme matériel des races hollandaïses, du Harz et françaises, n’a abouti à aucune conclusion sur la présence de l’iso-agglutination chez le bœuf. Au contraire, OTTENBERG et FRIEDMANN, en Amérique, classent les individus de cette espèce en trois groupes bien établis.
Il semble que des résultats aussi variables soient dus aux races envisagées ; les races européennes ne posséderaient pas de propriétés du sang. BonNNiEr, KAYSER ont utilisé