‹ L'isochronisme dans le vers françaisChapitre 12 sur 33 · I-Y YI-Y11I 1X-XI · texte numérisé non relu

I-Y YI-Y11I 1X-XI

d.m.i.s:= i3cu3 i5en4

d. m. i. u. = iofUo 9eni ofUQ

Récapitulation .

Nous pouvons exprimer par nos formules l'erreur moyenne que présente la musique, au point de vue de l'isochronisme, dans les huit morceaux analysés ci-dessus.

Je choisis dans chaque exemple les chiffres les plus favorables : dans le IVe, je regarde comme double la mesure allongée par un point d'orgue ; dans le Ve, je ne tiens pas compte de la mesure où se trouvent un point d'orgue et un silence ; dans le VIe et le VIIIe, j'admets la division en trois groupes qui est indiquée en dernier lieu.

Moyennes absolues. — Si l'on se contente de prendre la moyenne absolue des d. m. i. s. et des d. m. i. u., on trouve pour les mesures de ces huit exemples :

d. m. i. s. — i2cu23 d. m. i. u. = 8cuoo

Moyennes relative». — Il est plus exact d'attribuer à chacune des d. m. i. s. et des d. m. i. u. partielles une valeur proportionnelle au nombre des intervalles auxquels elle correspond. Je multiplie chaque d. m. par h- nombre des mesures auxquelles elle

pplique (dans I, par exemple, io'ô par 4, etc.). J'additionne

L I80CHR0IUSMB DAltS i\ MUSIQUE ■< i

les produits ainsi obtenus, el je divise la somme par le nombre

total des mesures. Cela donne :

(pour \'.\ mesures) d. m. i. a. — i i 3 (pour 6a mesures) d. m. i. u. = 9"'<>".

Procédons <!<• la mr manière pour les temps «les exemples I.

Il A et II B, les seuls que nous ayons examinés :

(pour J8 temps) d. ni. i. s. = 3(i 5û (pour J8 temps) d. ni. /'. u. — •>■■

Comparons ces chiffres à ceui que fournissent les mesures de

ces trois exemples :

(pour i r> mesures) d. m. i. s. = u

(poil!' l6 mesures) </. ni. i. H. - 8

Ailleurs aussi, bien qu'à îles degrés divers, les mesures Boni plus proches de l'égalité objective que les temps. Elles constituent bien l'unité par excellence du rythme, qui repose, par conséquent, sur le retour du temps marqué à intervalles sensiblement égaux.

Le chanteur a sur le diseur l'immense avantage de savoir qu'il doit aller en mesure et de s'y être exercé consciemment. S'il y réussit mieux, nous ne pourrons en èlre surpris. Si dans la pratique les pieds de nos vers s'écartent un peu plus de l'isochrooisme que les mesures du chant, nous n'en devrons pas moins admettre que notre rythme poétique repose sur le retour du temps marqué à intervalles égaux.

Notre comparaison doit porter sur l'étendue des variations Çd. ni. i. s. et d. m. i. M.), sur le nombre des intervalles presque absolument isochrones, l'égalité approximative des syllabes fortes et les arrangements symétriques (chiasmes, etc.).

Sauf indication contraire, je suivrai exactement M. Landry pour la division des vers en pieds, en temps et en syllabes. Nous mesurons les syllabes de voyelle syllabante à voyelle syllabante (v. Verrier, La Mesure des Durées rythmiques).

J'avoue que j'ai reculé devant la tâche de calculer la durée de tous les pieds que contiennent les morceaux analysés par M. Landry. Ce n'est pas le courage qui m'a manqué, mais le temps. D'ailleurs, les réserves que j'ai faites sur la scansion m auraient sans doute empêché d entreprendre ce travail: quand faut-il compter un pied ou un demi-pied ? comment traiter les silences et les points d'orgue ? on se le demande parfois en vain (cp. ex. IV et V). J'ai pris quelques vers au hasard, presque tous ceux, entre autres, qu'a déclamés M. Landry lui-même (p. 198-820 el 3a4-325). Je n'ai pas laissé la prose de côté: elle est dans bien des cas aussi rythmée que les vers.

/. 1 emple g.

(Les textes déclamés sonl désignés par des chiffres arabes).

Voici, d'abord, un exemple de déclamation pathétique, d'une

l'iSOCHR<iM>mi DAH8 il MH- iii\m u-

« extrême violence », où « il n'y a plus qu'un rythme énergique,

mais irrégulier o, où même, au vrai il De reste plus de

régulier que le syllabisme ■ . C esl M. Landry qui s'exprime ainsi (L. p. 3i8). Voici donc le vers en question, tel qu'il l'a déclamé (*.):

(J'inscris la durée de toul | » i » ■« l complet, en centisecondes, sous la voyelle qui reçoit le temps marqué, c'est-à-dire au commencement de l'intervalle.)

Est si fier qu'on croiraiï que c'est le chanl des aigles!

i'ii i-îï

Les doux pieds complets sont absolument isochrones.

Ce sont probablement des pieds composés: il j a sans doute nu temps marqué secondaire sur « qu'on >< el sur a c'esl i; s'il en est ainsi, les pieds simples valenl 8j e1 57, 82 el 62, avec égalité presque absolue des pieds forts (s; et N2) et des pieds faibles (57 et 62). Quoi qu'il en soit, ce qui importe le plus ici, c'csi l'isochronisme parfail des deux pieds composes, du dipodies, qui correspondent aux mesures ordinaires de la musique.

Exemples 10 et n.

La prose elle-même, la prose déclamée, présente quelquefois des groupes de pieds absolument égaux. En voici deux exemples, que signale M. Landry :

(Quand je ne nomme pas le diseur, c'est M. Landry.)

Fendez la mer calme et brillante...

d. in. i. s. z= r"'i d. m. i. n. = o' 7

est aussi le seal qui se glorifie de taire la loi...

<l. m. i. s. = ocu7 '/. m. i. a. — o'"'\.

Etant donnée l'approximation des mesure- du tracé, I isochro-

aisme est aussi parfait que dans le vers précédent.

Exemple 12.

Il lest un peu moins dans le suivant:

2 4 L ISOCHRONISMF PANS LE VFRS FRANÇAIS

La veille des Rameaux, au rucher, par les sentes. 1^2 i38 i33

(L. p. 3oo).

Malgré la légère accélération du tempo (i 35 et 1/27), nous sommes encore beaucoup plus j ► 1 « ■ s de l'égalité absolue que dans tous nos exemples de musique:

</. ///. /. s. = 3,u3 </. ni. i. 11. = 2C"3.

En outre, les quatre syllabes fortes sont égales: 78, 79, 76, (72), avec J. ni. i. //. = \eu!\ (sur la parenthèse, v. exemple 1IA, temps). Les faibles, beaucoup moins: (33), 18, 25, 21, 27, 32, 28. 29 (la faible initiale, ou anacruse, est la plus longue); cependant, si nous comptons seulement pour deux les trois du premier pied, qui forment triolet (18 -f- 25 -f- 21 = 64 = 32 x 2), la (I. m. i. 11. n'est que 6'"7. Pour les trois parties faibles (ll'i. 5g, 57), nous trouvons : d. m. i. u. = V"'i- Les syllabes fortes et les parties faibles, dont chacune équivaut à un temps, sont donc respectivement plus proches de l'isochronisme absolu que les temps forts et les temps faibles de nos exemples de musique. Considérés en bloc {jH, 64, 70, 09, j<>, 67), les temps n'en sont pas plus loin : cl. m. i. s. = 24c°7> (/. m. i. u. = i2cu8.

Mais dans les temps l'égalité est atteinte de bien moins près que dans les pieds. C'est dans les pieds surtout que se manifeste la tendance à l'isochronisme. A ce point de vue, ils correspondent aux mesures (simples), tandis que par la durée ils ressemblent, en général, bien davantage aux temps de la musique.

Exemple i3.

11 peut être intéressant de comparer entre elles plusieurs dictions d'un môme vers: expressive (A), « plus calme » (/i), « plus pathétique » (G1).

Tout un monde fatr/l, écrasant et glace';... A(V) [3o i3g i46

(L. p. 019); B(\) i32 i'ii i3o

(L. p. 320); CÇV) 9g 12g i35

il. ///. /. //

L 'iSOCIIHOMSMr DAHS LB \ EIi = PBAIfÇAU 20

Il va un ritardando sensible dans .1, un très forl dans C.

d. m. i. u. = V"«> 3CB3 1 3 1

Dans -I, les syllabes fortes sonl égales entre elles, égales aussi à la partie faible du pied, avec plus d'exactitude que dans nos exemples de musique :

Syllabe forte (-) :

Page 1