SECTION
AOTBURS OAIGOIAUX QUI ONT imAITé 01 L^nfANMi DES TAUDOIS, d'CHB XAHlftU SfiOÂÎM*
PERROf.
PEBim. « Histoire des Vandois et des Albigeois* ete. , À G«« « nève, ponr Matthieu Beijoo. cls. 1^1. sfui. (UIS.)*» -"^ Dioz volumes, ordinairement reliés eo un ; re XXX, S4S : IV et tl> pages; les 157 dernières contiennent des livres fandoiSy eo laague romane, avec la traduction. L*épltre dédicatoire est adressée à Lesdiguières, et datée de Nyons, en Dauphiné^ ee X^Jm^ vier 1618.
Perrin n'était pas d*origine vandoise, (il était né à Lyon); mais comme les documents, dont il a Cait usage, loi sont tous Tenus des vallées (Gilles, p. 383. Perrin, eh. III et p. bl'M.), il doit, comme historien, entrer dans la classe des historiens vandois. — Parmi ces documents historiques, sont les mémoires de ViGHAUx, intitulés : De la source, ancienneté, doctrine, religion^ mœurs, confessions et progrès du peuple surnommé Vaudois, ha*
bitant dans les vallées du Piémont. — Ces mémoires sont aajourd'hai perdus. — Un auteur moderne affirme, à tort, les avoir consultés. (Fabre d'Outet. Les Montagnards des Alpes ^ Tome I, p. 26. ) — Les mémoires de Vignaux n'étaient du reste que la traduction d'un ouvrage semblable, composé en italien par Jérôme Miol, pasteur d'Angrogne en 1580. (Gilles, p. 38a.)
Perrin eut encore à sa disposition beaucoup d'autres documents. (Voir ses chap II, III, et VIÏ.) — On lit dans les Actes des synodes du Dauphtné (synode tenu à Grenoble en 1602), que les pasteurs de TEmbrunois et du Val-Cluson (qui faisait alors partie du Dauphiné), étaient invités à recueillir «toute « sorte de pièces , pour servir à Thistoire de la vie , doctrine i( et persécutions des Albigeois et des Yaudois. » Au synode d*Embrun (en 1603), on décida de remettre ces pièces à M. Gbamier, pasteur à Montélimart, qui s'était chargé d'écrire cette histoire : (Léger parle de M. Ghamier, P. II, p. 257, 258) ; M. Ghamier délégua cette mission à M. Grisson (synode de Grenoble, 1605), qui lui-môme la remit à Perrin, pasteur à Nyons. (Voir une note à la p. 147 du T. II, de cet ouvrage.) — En 1604, les vallées vaudoises avaient encore envoyé des pièces historiques, que Vignaux lui-même apporta à Perrin. (Gilles, p. 333.) Le synode de Saint-Marcelin^ tenu en 1606, exhorta ce dernier à presser son travail. — Au synode d'Orpières, tenu en 1608 , Perrin demanda une allocation pour subvenir aux frais de ses recher. ches. — Il présenta le manuscrit de son ouvrage en 1609 , au synode de Saint-Paul-trois-Châteœux, — Le style de cet ouvrage fut retouché à Genève par M. Tronchin. {Registres de la vén- Comp. vol. E., p. 205.) — Le synode de Tonneins (1614, art. VI)décida qu'il en serait envoyé un exemplaire à chaque pasteur du Dauphiné. Mais il ne paraît pas que ce livre ait généralement répondu à l'attente qu'on en avait conçue; car le s-^node de Vitré (1617, art. IV.) décida que l'ouvrage de Perrin serait soumis à l'examen des pasteurs et professeurs de Genève. Le résultat de cet examen ne paraît pas non plus avoir été avantageux, puisque le synode de Charenton (1623, chap. X, art. 1er) décida qu'on procéderait à la composition d'une Nouvelle Mis-
toire des Vaudoiset des Albigeois. (M. Tilloit, de Sedao, en fut chargé. Les provinces da Ôauphiné furent exhortées à lai envoyer tons les doconients qu'elles pourraient réunir ; mais la mort Tempècha de réaliser ce dessein.)
Indépendamment de la somme que Ferrin avait demandée aa synode d*Orpières, cet auteur reçut 300 livres de celui de Privas (tenu en 1613, art m] ; et en outre il vendit son manotcrit à Péditear qui llmprima. {Areh, de la vét. Camp, de Genève, vol. E., p. 208. ) — Jamais peut-être le prix d'un travail historique n'avait été moins mérité. — Si Perrin avait publié tout simplement les documents qui lui furent remis, son ourrage aurait acquis une grande valeur ; car ces pièces venaient des sources les plus directes : (le synode de Mentoulet, 1612, avait décidé qu*ane Bible in-folio serait remise à un particulier de Prag^fla en échange des nombreux manuscrits qu*il avait fournis 4 Perrin). Ces manuscrits étaient au nombre de douze volumes. (Perrin, p. 57-60.) Non-seulement Perrin n*a pas su profiter de ces riches matériaux, mais il a même été accusé d*ea avoir lait un usage infidèle ; (voir dans le Magasin Britannique, no CXfll, p' 397 , on remarquable article du docteur Todd, sur le Ufrre de George Mor^, Bibl. Dublin, clas. G. Tab. V, n* 1$.)
Ck>mme écrivain, Perrin n*aqu*nn talent très contestable. Ce qni rend son ouvrage précieux, ce sont les fragments originaux des anciens traités vaudois qui terminent le volume. — Perrin est rare dans les bibliothèques publiques, et assez fréquent dans les collections particulières.
GILLES, en italien Giluo, en latin Sawvci.
« Histoire ecclésiastique des Eglises réformées, recueillies en quelques vallées de Piedmont et circonvoisines, autrefois appelées Yandoises ; commençant dès Fan 1160, de nostre Seigneur et finissant en Fan 1643; par Pierre Gilles, pasteur de l'Eglise réformée de La Tour.... A Genève, pour Jean de Tournes.... M DC.XLIV. » Un vol. in-4« de XX, S69 et X1.V p. — Réim-
primé, d'après Winer (Handb. der théolog. LiUer. Sect. XX), en 1655, in-4°; à Genève.
L'épltre dédicatoire, adressée aux pasteurs, anciens et diacres^ et à tous les fidèles des vallées du Piedmont, est datée : de La Tour^ ce 37 de Juin 1643, et de mon àge^ le 73«.
Le projet de cette nouvelle histoire dés Vaudois fut conça imm^ diatement après l'apparition de Touvrage insuffisant de Perrio.
— On lit dans les Actes des synodes vaudois (syn. de Pramol, tenu le 15 septembre 1620) : « E ordinato, che si ridurra in o scritto, rhistoria délie cose avenute in le cbiese di queste tre « valli, dal 1600 in qua ; e è dato carrigo à M. Pietro GiUio, coa « Taiuto di M. Appia, e participatione di M. Gaio, e altri che po- « trano portare in ci6, aiuto opportuno..., etc. »
Cette histoire fut d'abord écrite en italien. — En 1G27, elle était presque achevée dans cette langue, et 11 ne s'agissait plus que de rétribuer Gilles de ses travaux. — Le synode du Villa (tenu du 16 au 18 septembre 1625), avait décidé : « che ogni (( chiesa darà à l'honorando Pietro Gillio , il compimenti d « scudi tre, con^li due gia qui danansi assignati. » D'où il rô^suite que pour subvenir aux frais de cette histoire, chaque paroisse vaudoise s'était imposée une contribution de 5 écos. — On lit en effet dans les Actes du synode de 1627 (tenu à Pramol, du 13 au 17 septembre), que cette contribution, n'ayant pas encore été intégralement payée : « e ordinato che infra mi mese « le chiese le più potenti, habiano da dargli (al reverendo VL Pièce tro Gillio, per la fatica dell' Historia), il compimento de « scudi cinque, e le altre de scudi quatre, senza includerni ôo- « rini qua tro, datti nel principio da ogni chiesa. » — Ces quatre premiers florins avaient été donnés pour f achat du papier.
Mais en 1630, des seize pasteurs vaudois, alors vivants (dont quinze en exercice et nn émérSte, sans compter le pasteur du Roure en Pragela), quatorze moururent de la peste, qui emporta plus de la moitié de la population totale des vallées vando&ses.
— Gilles fut un des deux qui survécurent (mais il avait perdu ses quatre fils aînés); il était alors âgé de 59 ans, et prêchait encore deux on trois fols le dimanche et une fois chaque jour, pen-
ciaot la semaine (voir son ouvrage, page 516, et dans V Israël ct^es Alpes. T. II, chap. V). — A cette époque, on fit venir de GSenèire de nonveaux pasteurs pour desservir les Eglises vauflolaes. C!omme ils ne pouvaient prêcher qu'en français, Tusage ïe oette langue prédomina; et Gilles, considérant qu'elle était ^Ins répandue que l'italien, eut le courage de recommencer son :vaTail et de Taccomplir tel que nous le possédons aujourft*hai.
n a de grandes qualités, comme écrivain ; énergique et naïf, »1ein de naturel et de force, on ne peut lui reprocher que dV reir TÎeflli et d'être un peu diffus. — Comme historien, il est fe.-a premier rang par son exactitude, son impartialité et sa modération. — Mais c'est plutêt un chroniqueur qu'un historien ; il raconte par ordre chronologique les faits qui se sont passés au B«iii de tous les pays dont il doit s'occuper. Dans le cadre de iliaque année se trouvent successivement réunis les événements ^m ont en lieu dans les localités les plus étrangères les unes ^nx antres. De là vient que la lecture de Gilles, quoiqu'intértenaote dans toutes ses pages, ne laisse que des souvenirs con- E%w. Aux yeux de l'esprit comme aux yeux du corps, les images HiTerses qui se succèdent rapidement, s'effacent les unes par les antres.
L^histoire de Gilles fait source pour les événements qui se Kont |>a88és de 1550 à 1640. Elle fut mise à Tindex par la cour ^e Rome, comme l'ont été plus tard Touvrage de Léger et le volume que j'ai publié en 1834. — Gilles doit être lu en regard ^ Rorengo, qui raconte, à un autre point de vue, les mêmes faits que lui, et qui cherche souvent à le réfuter ; mais sans Edooës. — Rorengo l'appelle : il professore Gillio ; (Dédicace , p. 8) et dit : « che si vantava cThavere corsa Vlalia, VAlemagna e diversi paèsi, per cercar nuove dottrine o vecchi,.., etc. » (Ror.> chap. XY, p. 73). — Gela prouve les connaissances de notre anteur et le prix qu'il attachait à la vérité.
On lit dans les Actes du synode, tenu à Pinache le l^f mal 1 607 « E stato proposto da M. Pietro Gillio^ ministro délia Torre, se
a sarftbbe bene di metter in scritto tutte le difiicolU 6 questioas, « onde eara traitato nei sinodi..., etc. » Ce projet d'arcbitei régulières, proposé par le premier de nos historieas, n'a éié mis à exécutioa que deux siècles plus tard. — Deux pasteors van* dois, contemporains de Gilles, portaient le même nom que laie c'étaient Pierre Gilles, pasteur à MoUnes, et Jaqoes GiUas, pasteur à Angrogne. — Ce dernier avait été suspendu de ses fonctions pour six mois. (Synode du Villar, septembre 1616.) — Je les mentionne pour prévenir les ^reurs que la conformité de noms pourrait faire naître à la lecture des documents contemporains. Gilles est Fauteur de quelques ouvrages polémiques dont vcici 'origine. — Rorengo avait publié en 16d3 un ouvrage contre les Yaudois : {Brevâ narratione delTintroductione degVheretici ndlt valu,) Le ministre du Villar, Valère Gros, réfuta cet ouvrage par ordre du synode (Léger, p. 5S9). Rorengo parle de sa réponse dans Memorie storichi,,,^ p. 252. — Rorengo s'adjoignit alors le préfet des moines de Pignerol, nommé Antoine Lanari, et par pseudonyme, Théodore Belvédère. Ils écrivirent ensemUe les Lettres apologëiiques, qui parurent en 1643. (Elles étaient sv le ton de Vittoria triomphale, publiée par le corddier Gassinî, en 1610). — Gilles répondit aux Lettres apologétiques par des considérations qui amenèrent une nouvelle réplique des moines, sous le titre de Turris contra Damascum (publiée en 1636); en réponse à ce nouvel ouvrage, Gilles composa un traité latin en trente-trois chapitres ; mais avant que ce traité eut été imprimé, une quatrième publication monacale, intitulé : Lucerna délia christiana verita, le força à reprendre la plume pour la réfuter aussi. — Sa réponse, intitulée Torre evangelica, avait quarante-huit chapitres. Théodore Belvédère y répliqua seul dans Risposta al libro del Sr GiUio titolato Torre evangelica, — Ce livre était divisé en dix-huit sections et dédié à la société de propaganda fide et extirpandis hereticis. Gilles y répondit encore et le réfuta en un pareil nombre de chapitres, dans un opuscule dont j'ignore le titre. — Tous ces ouvrages sont devenus très rares.
Il existe, de la main de Gilles, le manuscrit d'une ancienne
« Dùdplimê vaudoiêe, » tirée des dispoiitiom synodales antérleum à 16d4, par la ministre Humbert Raymond, et complétée par notro auteur, sous ce titre : « Les ordonnances ecclésiasti-» f qnes» £ûctes par nos très-honorés Pères et Frères, ministres « de la ParoUe de Dieu, aux Vallées de Luseme, Seint-Martiii, « Péroote, dutoa et Marquisat .... transcriptes en ee présent « li^TC, par moy, Pierre Gilles, secrétaire, Tan 1419, par le comm mandemeot du Synode. » De 1615 à 16S0, Gilles fût presque toi^oon modérateur de l*Eglise Yandoise. — La réimpression de son histoire avait été entreprise récemment par Mme JenkSn- •00, Ineiifiiitrioe des vallées vaudoises. Les dix premiers chapitrai aesii ont été réimprimés.