AI^GIENS MANUSCRITS VAUDOIS EN LANGUE ROMANE
Origine de ces MSC.
Bossaet, dans son Histoire des variations (livre XI, § GXXVII),
«"•écrie : « jusqu'à ce qu'on nous ait indiqué quelque bibiothè-
« que connue où Ton puisse voir ces manuscrits, nous ne pou-
« vous que nous étonner de ce qu'on nous produit comme au-
« thentiques des livres qui n'ont été vus que de Perrin seul ;
« puisque ni Aubertin, ni La Roque, ne les citent que sur sa
« foi, sans nous dire seulement qu'ils les aient jamais maniés.
«•Ce Perrin , qui nous les vante seul , n'y observe aucune des
« marques par lesquelles on peut établir la date d'un volume
« ou en prouver l'antiquité; il nous dit seulement que ce -sont
« de vieux livres vaudois, ce qui en gros peut convenir aux plus
« modernes gothiques... » Et précédemment : « Non-seulement
« le langage de Villebardouin, qui a écrit cent ans après Pierre
« de Bruys , mais encore celui des auteurs qui ont suivi Vil-
« lehardouin, est plus ancien et plus obscur, que celui qu'on
« veut dater de Tan 1120 ; si bien qu'on ne peut se moquer du
« monde d'une façon plus grossfére qu'en nous donnant ces
« discours comme fort anciens. (Id. § GXXVI.) Ainsi s'exprime
Bossuel. H II y a donc tout sujet de croire (ajoul«-t-il pins loin), • que ces livres dont on nous fait voir ce qu'on ïeul, sans au- ■ cuue preuve solide de leur date, ont étâ composés ou altérés a par CI3S Vaudois réformés, de la façon de Farel et de ses coq- « rréreB. » (Fin du § CÏXVIl.)
Par cet paroles Bossuet, 1° met en doute l'eiislcnce des maniucrits vaudois; V il suppose que le langage dans lequel ils Hnt écrits, est postérieur au treizième siècle; 3° il insinue qus ces livres ont pu Être composés ou falsifiés par les Vaudois du dixseptième siècle. — De plus, d'autres auteurs ont avancé : t" que CBS manuscrits provenaient non des Vaudoia mais des Petrobrnsiens ; s° qu'ils portaient dans leur contexte des preuves d'une origine plus récente; et 6° qu'ils n'appartenaient pas plus aux Vaudois qu'aux autres sectes protestantes du mojen âge- Ce sont ces différentes objections que je me propose d'examiner en peu de mots :
1° Presque tous les manuscrits vaudois cités par Perrin sont aujourd'hui déposés dans des bibliothèques publiques où l'auteur des Varialions pourrait les consulter. Il sufQl de celte réponse à sa première objection. (Voir pour l'indication de cet use. le g U, m et IV de celte section.) ■
n<> Quand i. ce que le langage do Ville-Hardoaln serait pini ancien que celui deg MSG. vaudoia, qu'on en juge : a Un Vénî-
■ tien et un chevalier de France qui avoit nom André d'Cr « boise, entrèrent en la tor (tour), et autres geni comencenl i • entrer après als (eux) ; et cil (ceux) de la tor se descoDâeenl
■ (débandent) et s'en vont... Ensi fu l'oibebergiécom vos avei B ol (oui), et CoQstanlinopie prise le lundi de Pasque florie. a — Tel est le langage de Vilie-Hardouin, qui vivait de 1167 A Hi8. — Hm(. deia conquête de CoasUmlinopU : vers la fin. — Voici maintenant les premiers vers du poème vaudoia, ia Barta : (MSC. de Genève, no 807, de Dublin. Qas. C. Tab. V, no 11.)
Cou que lia doaor c de glorii
E qu< al profcit de luil poju lomu-
Comme nous ne présumons pas qu'on puisse trouver ce langage plus facile à comprendre que celui de Yille-fiardouin , voici la traduction de ces vers :
Que la sainte Trinité nous donne de dire Des choses qui soient i son honneur et à sa gloire , Et qui au profit de tous puissent tourner; Et qu'aux auditeurs elle donne pareillement (1), etc... Voici maintenant des vers du châtelain de Coucy, qui mourut en 1192. On verra s'ils ne se rapprochent pas bien plus du français d'à présent, que le langage vaudois ne se rapprochait de celui des troubadours au douzième siècle.
Bèie dame me prie de chanter Si est bien drois que je face chançon...
(Cette chanson est citée par Tissot dans les Leçons et modèles de littérature française T. II, p. 41.) Pour trouver l'analogue du langage vaudois dans les origines de la langue française, il faut remonter bien plus haut que l'époque des troubadours. Je vais faire connaître celui qui s'en rapproche le plus.
« Pro Deo, et pro Christian poblo, et nostro commun salvament, d'ist di (de ce jour) in avant, in quant Deus savir et po-
(1) Le mot atalentament, traduit ici par l'adverbe partilUment^ xient de toi, aHai^ qui sigpiifie : <«f, pareil , smMàMe : avec la terminaison adverbiale en ment, dont Tusage est passé de la langue romane dans la oètre. Raynouard, qui a traduit ce mot par dénr, fait ressortir à son insu la différence qui existait entre l'idiome des troubadours et celai des Vaudras; car il connaissait parfaitement le premier, et l'on peut présumer, sans manquer i sa gloire, que le second lui était moins familier. On aurait tort par conséquent de les confondre l'un avec l'autre. Les travaux récents de TEcoIe des Chartes ont fait ressortir, dans la grande famille des langues romanes, un bien plus grand nombre de branches qu'on n'avait cm jusqu'ci. Celle qui s'étendait dans les vallées vaudoises est une des pins distinctes. M. Fauriel déjà lui donnait une place à part : (Communie, verbales, novembre 1834;) M. Augustin Thierry a reconnu l'individualité de l'idiome vaudois. (10 novembre 1851.) Cette opinion est partagée par H. Villemain : (Vu à la même époque ; ) elle est conforme aux idées de H. de Sismondi , que ses longues recherches sur l'histoire du moyen-âge avaient rendu compétent à cet égard. (Lettre sur l'antiquité de la nobla Leyezon : Genève, 18 juin 1852.)
dir me dunat (aotant queDien me donnera «voir et poBvoiry si silvarai io cist meon friidre Karla (ainsi détendrai-jo ce mien, frère Chiirlea), etc. » (Tiasoi, T. l, p. 13.)
Ce langage était celui Au hoiticme et du neuvième siècles. Les lignes qu'on Tient de lire gont extraites du seiinenl de Louis de Garmonie, aui fesKiux de Charles-le-ChaQye, mortea B7fl,au pied du Slont-Cenis. — Ces Échantillûoa suBisent pour faire connallre ie caractère de ia langue à ces différentes Époques. 11 en rfsiilifl que l'idiome des livres vaudoia se rapproche Men plus de la langue du huitième siècle que de celle du dou- TièTae. — Et Raïuouard, en plaçant ces poèmes vaudois au noiDbre des monuments pniHiTiFi de la tangue romane, reconnaît par cela même qu'ils remontent à une époque aulËrienre à edle des troutiadours.
lU. Tous [es manuscrits vaudois âtës par PerrîD, et que cette notice a pour but de faire connaître, sont antérieurs &la réformation ; par conséquent ils ne peuvent avoir été ni composés ni fïtIaifléE par lea réformés, comme l'insinue Bossuet, avec plas Ae malveillance que de justesse. — Tous ces manuscrits, (& l'exception reconnue d'un seul], sont antérieurs â l'invention de llniprimerie. — Mais aucun n'est cefttndanl aussi ancien que IfS ituvrages inii .'.'y trouvunl. — En d'autres termes, nous n'avûiw pas, (saof DM mi deai excepliom dootenséi), le cahier mêoiï dans lequel l'mloir de eee traitée les a échts de sa propre niajii ; il ne noos en reste qae des copies. — Toilà ponri^oi des iDAdt flcations ont pu s'y introdnire par le fait des copistes, coitunê nous le verrons pins tard. Hais ces copistes eux-mêmes esis* t^ent avant la réforme, et n'ont par conséquent subi en rien loit influence: ce qui âte toute valeur aux insinuations de Boasuet. — A la Un d'un traité sur la lecture et l'e/ficaeilé de la Parole de Dieu, qui se trouvait dans le premier volume des anciens manuscrite vaudois, déposés à Clambrid^j no t, on lisait cette date : arnio domini HSO.
IV. Après avoir cité le traité vaudois de l'Antechïust, en doft de l'ait mil cent et vingt (p. S7), Perrin se trouva embarrassa
twur faire cadrer cette date avec son système, par lequel il Cû-
foàt descendre les Vandois de Valdo de Lyon^ (diap. I M II), comme tous les écrivaiiis de son temps. Afin d'échapper à cette difficulté, il ne trouva rien de mieux que d'attribuer à Pierre de Bruys, les ouvrages vaudoîs, qui portaient une date antérieure k Valdo : et en particulier ce traité de f Antéchrist. (Voir la note marginale des p. 253 et 254.) — C'est sans doute d'après cette note que Faesselin, Banmgarten et d'antres auteurs, ont émis l'opinion que les livres vaûd(HS étaient dus aux Petrobrusiens. — Mais le caractère de ces derniers, comme l'a observé Néandefy (vie de saint Bemcard)^ est bien différent dans sa fougue belliqueuse, du caractère paisible, de la foi calme et sereine que respirent la plupart des livres vaudois. •«- D'ailleurs Pierre de Brays, disent les auteurs du pays, était de Yallouise: (Hist. du diocèse d'Embrun par le P. Albert, T. I, p. 56 ; Mémoires de Dominique Rochas j manuscrit de Garpentras et de Grenoble; Hiet, des Alpes CottienneSy par le P. Marcelin Foumier, manuscrit de Gap et de Lyon). D'après d'autres auteurs, Valdo loiméme se retira à Freyssintères : (Manuscrits de Garpentras, numéro 606, T.I p. 101.); Tabbé deQuny (Pierre le Vénérable) écrivit contre Pierre de Brnys, aux prélats d'Embrun, de Gap, de Die et d'Arles : (.voir cette lettre dans Flisuiit, Hist, ecdés. T. LXIX, no 24.) On sait que Brnys fut brûlé vif à Saint-Gilles. Or ce n'est que dans ces pays, où il était nouveau d'entendre sa doctrine, qu'un parti violent se dessina contre lui. Ce parti dora peu, et n'eut par conséquent pas le temps de produire dee ouvrages qai supposaient de longues méditations. En outre, ces manuscrits ne se sont retrouvés que dans les montagnes des Vaudois. Si c'est là que Pierre de Bruys était né, il est naturel d'admettre que c'est d'eux qu'il était descendu.— En somme, on peut rendre raison à l'égard de ces manuscrits du motif qui les a fait attribuer aux Petrobusiens, ce motif n'était basé que sur une hypothèse; cette hypothèse n'était soutenue par aucune preuve, et il y a des preuves nombreuses pour établir qu'ils sont dus aux Vaudois. (Voir aux n»» VI et VII de ce §.) V. Les divers traités en langue romane renfermés dans les manuscrits vaudois, n'ont pas tous été composés à la mtoie
époqae. Les exemplaires qni nous en restent ne sont qne des copies; ces copies uni (également été [ailes i des époques bien difléranles. Les unes sont sur papier (et ne peuvent pas remonter au-delà au XIV* siMe); d'autres sur parclieniia el penveni remonter boaucoupptus baut. Dans ces dernières cependant, l'ortographe, l'écriture, les abréviations, la forme des lettres, etc., varient encore assoî pour flalilir entre elles de grandes différences d'âge. — R J'ai lieu de croire qu'il n'existe aucun manuscrit « 1res ancien de ces pièces; d médisait M. Rayoouard dans une lettre à ce sujet [du 6 avril 1838]- —Sur plusieurs de ces manuscrits, on trouve des annotations particulières ou des citations nouvelles, inscrites, soit en marge soit au bas des pages, par des mains subséquentes: [par exemple dans le manuscrit de Genève, na iai, pages 4, B, e, 1, ti, li, 20, si, etc.; et dans celui de Dublin, Glas. C, Tab. S, no 18.) — Les copistes ultérieurs faisaient souvent entrer ces adjonctions dans le texte auquel elles se rapportaient, afin qu'en sortant de lenrs raains, le livre nouveau fût intact sur ses marges et parût réellement neuf; de là des interpolations ioconlestobles. — C'est par ces considérations que l'an a défendu l'aothenticilé de la data de llîo, apposée au livre rfe l' Antécla'iii, précédemment cité, malgré la cilation du milleloquiam qu'il renferme, et qui ne peut avoir été faite qu'au XIV' siècle. — Ce mitifest valable; maia les nombreux passages de l'ADcien et du N. T. qui sont renfermés daus ce traité, [Perrin, p. ITS ï SBO ; et L^r, p. 77 à TV), ne correspondent pas aux anciennes dividons de nos livres sacrés (nrAeL et ttfaiaM^ jnais bien à la division actuelle ; (voir Perrin, p. 279, 280, etc.), introduits pas le cardinal Hugues d« Saint Cher, dans le XIII* siècle (1).
En outre, Léger place daus ce même tivrt rfe f Antéchrist et
(1) Je parla ici de l> dt'ition en chapilrH, at la diTiEion en mruli n'i éu inlroduila dani l'ETiogU. qu'en iMi, par Robert Elienne. M. MonatUer (T. Il, p. 3«) > indiqué lei .erieli où le tïite publîi pir Perria (p. Ï7*) n'cD iodlque pae. — Mail les libres de rAncien letUmenl «ïienldéjà diiitét en Tenet», du lempi de JéKis-ChriH.
sous la date de 1120, une confession de foi, qui contient un ca« non des livres bibliques, tel qu'il ne fut arrêté que beaucoup plus tard (1), (Léger, p. 92); et cette confession de foi se retrouve presque textuellement dans le manuscrit de Dublin, Glas. C, Tab. V, n» 18, p. 21 ; sous la date de l'an 1530. — Perrin la donne enfin comme étant extraite, non pas du traité de VAH" ^^cAm/, mais bien d'un autre livre dont la date n'est pas indiquée. — (Note marginale de la p. 79.) Mais toutes ces difficultés étant levées, par la supposition des remaniements ultérieurs que les copistes eussent fait subir à ce traité, il n'en resterait pas moins peu probable qu'il fût de l'an 1120, (Léger le date de 1126, chap. XY, p. 83), car à cette époque on ne considérait pas encore l'église romaine comme étant l'Antéchrist : et enfin parce que les Yaudois ne parlent d'elle qu'avec respect, dans leurs plus anciens écrits, lors même qu'ils combattent et signalent ses erreurs.
Il serait intéressant d'étudier si plusieurs de ces traités en langue romane, ne sont pas des traductions ou des imitations de divers petits traités latins, publiés à la même époque. — Enfin l'on doit observer que l'usage de Tidiome roman s'est conjservé dans les vallées vaudoises , beaucoup plus longtemps que partout ailleurs, comme l'attestent les actes du Synode de 1532, (man. de Dublin, Glas. G., Tab. V, n» 18.) — En somme, les ouvrages vaudois n'ont pas tous la même antiquité ; mais lors mêmeque dans un ouvrage de composition ancienne, on trouve des passages d'une date moderne, il ne s'en suit pas que l'anti*
(1) Je crois même pouvoir dire que ce canon n'a été rédigé qu'après la réforme : 10 Parce que Jamais avant cette époque (depuis le Te siècle du moins), on ne distingua les livres de l'Ancien Testament en apœryphet et en canoniques. 2o Parce que la phrase qui commence ainsi : Ara sen mgon li libr9$ Apocriphes, etc... se retrouve dans des confessions produites depuis la réforme {fiallieanêy art. IV ; Anglicane , art. YI, Belg. id. etc.) 3o Parce que c'est depuis la réforme seulement qu'on a compté deux Livres dé Samuel, et deux des Rois; avant cette époque on comptait seulement QUATsa Livres des Rois. — D'autres incompatibilités ont été relevées dans le T. I» p* 334, de la Revue théologique, Strasbourg, 1850.
qniW du litre diîte Jtre rejelée : car cei paœages penvent avoiï Hé interpolés pas des copiaias. — De niéme, un ouTrage éeût mr inpicr, peut ëtra antérieur à l'inventioa du papier : tels Bomôra et Virgile, imprimés de nos jonra, sont cepeDdant antérieufs ft l'invention de l'imprimerie. — Les indices les plus buts il'aDtiqoilâ sont offerts par le texte rafimedes ouiragBS dont il g'a^t. — Lb caraeiÈre général, les racines, et pour ainsi dire la trame Tondanientale de ta langue dans laquelle ila sont écrits, offrent anssi une base solide pour déterminer leur date. — Plus celte langue se rapprochera du latin et plus elle sera ancletine. (Voir les éléments de cette comparaison, appliquée aux manascrits vaudois, dana le no II de ce §.)
VI. Ces écrits appartiennent-ils réellement aui Tandoisï — 1» On lit Bur le premier ftuiUel du manuEcrit de Genève, n«ïD7; a Ce livre contient {expos(tion du Cantique des Cantiques St u Salomon, et les poèmes intitulés: La Barca, Novel confbrt, « NoNa-Lffyeion, la Pof/re Etemalt La Novel sertnnn, Lo Dts- B precii dcl mont, et ïAvangeli de li quatre sèmeriez, plus iln ff traité de la pénitence. .
M Appnrdent aux Eglises rifbrmieS des vallées du Piém/At, a lesquelles prient de le leur i^unserver en la bibUoIhéqae àe H Genève, n
So Le traité de la penitencia se reiroave partlelleaient dans les autres manuscrits de Genève, numéros SSg et 304, (ônsi que dans le mannscrit de Dublin, Glas. C, Tab. V, n> 23. Lés poèmes SB retrouvent également dans le manuscrit de ba%liii| même série, n" SI.
8° C'est exactement dans le même idiome , que sont éciits tous les autres ouvrages qui portent la désignation générale à'Àncieus manuscrits Vaudois eti langue romane.
to Perrin, qui donne la liste de ces manuscrits ( i" partist p. 57 & eo}, déclare qu'ils viennent tous des valléee vaudoisH; (Perrin, I" partie, p. 13, 18, ÎO, H, ÎB, etc.; II' partie p. HT et suivanies.) Ceux que Léger remit an bibliotbécaire de Genève en 1663, en venaient également- (Léger, chap. III. p.î!.)
5° Les actes de divers sjnodes attestent l'origine vaudoise ds
ces manuscrits. (Voir dans cette ])ibliographie, section Ire, article Perrin,)
6^ Dans ces manascrit?, les Vaudois parlent en lear nom: {Livre de Georges Morel, manuscrit de Dublin, Glas. G., Tab. V, no 18.) et se nomment souvent : {Ilh dion qu'es Vaudés; nobla Leyczon, vers S72 ; lo petit tropel de H christians, appella par fais nom, Vaudès... (Perrin, p. 224.) car ce petit troupeau qu'on appelait Vaudois ne prétendait qu'au nom de chrétiens.)
7o Tous les savants qui ont reproduit des fragments de ces divers manuscrits, s'accordent à les donner, sans réserve, pour des manuscrits vaudois. {Raynouard, T. II; Morland, cliap. III. Hahn, p. 560-703, etc.)
8** Les ennemis des Vaudois, qui ont fréquenté leur pays, attestent eux-mêmes l'existence de manuscrits semblables, comme les ayant vus, tenus et lus dans les vallées. (Robengo, memorie istorichi delVintroduttione degVeresie nelle valli. Edit. in-V. p. 20. « Se bene il Perrino n'habbia prodotto qualcke particela la... » dit-il, ce qui suppose que la partie inédite était fort considérable.)
90 Nous savons qu'une des principales occupations des Barbas vaudois, était de recopier ces livres de piété, pour l'instruction de leurs disciples. (Gilles, chap. II, pa^e 15. Bible d'Olivetan, préface.)
iOo Tous ces livres, maintenant répandus en différentes bibliothèques, sont sortis jadis des vallées vaudoises. (Pebboi, p. 57 : note marginale; et dans cette bibliographie les articles Pkeein et Gilles.) Il ne s'en est point trouvé ailleurs. Le synode de Grenoble (1602) ayant fait rechercher tous les manuscrits vaudois et albigeois qui subsistaient encore, ne trouva qnedes manuscrits vaudois. Aucun autre peuple, que je sache, n'en a produit de semblables. — Tout atteste donc que ces manuscrits sont réellement l'ouvrage des Vaudois, et rien n'indique le contraire.
VII. Ges écrits ont-ils été composés dans la langue des vallées vaudoises ? Une circonstance qui n*a jamais été relevée, et dont les Vaudois seuls peuvent rendre témoignage, mais qui n'en est pas moins d'un grand poids dans la question, c'est
■ine tonS coui lui asvenl le pat'iis aeluel des vallifes, {surtoul celui des montagnes (i;,] comprennent très ai^ment et praaqus MU» Étude pféparaloira le langage de ces anciens livres Taudois, que BayDOuard appelle langue romane pnmiliix. Il arrive au eoDtraJre fréquemment que des personnes versdesdans i'idîoniQ des troubadours, sont très ébigu^ de comprendre les tivrei vaodois ; et pour mon oompie, je ne crains pas de TaTouer, il 7 a Eouvent dans les écrits des troubadours des jiassagea que Je ne saorais comprendre sans traduction, tandis qlill n'en est pu ainsi des livres dont nous noua occupons. — L'auteur du Choix lie poésies originalei des Ti-oiAaiiotirs et de la Crmnmaire de la langue romaat, devait certes connaître l'idiome des monuments primitif^ de cette tangue; et cependant, II. Honastier relève avec raison des inexactitudes commises par RxvKorAitD, dans h traduction de ta Nuhla Leycion: aui fers IDD, 1{6, lt7, Ijl, 1S0,191, 196,208, 333,376,381,399, etc... On voudra bien 06 pas m'en vouloir, ai Je me permets d'en relover aussi dans les auteurs modernes.
U. Hehzog, dit à la lin do sa thèse {De origine et prislina ttatu Vald. etc., p. tt ;) u secutus sura adjutorem Gcnevcnscoi, Hahn editoris, lingue valdensiie admodum pcrltum. n Et, dam la première pièce publiée par Iliihu, je trouve les inexactitudes suivantes: p. 560, note 1: alalentamenl, traduit par désir, aigTiUle pttreilletneal. — P. 861, note 1 : Per que... non se debia lèbar, tradnit: aimmeni il ne doit pas preieire, Signifia afin qu'il ne s'élève pas. ~ P. B6Î, note 7: Paure n'intrtn, traduit
(I) Car la partie de eei TilMa qui ait ikleunM i la plaine du M-
Donl, a subi, daD> hq langigs, le) modificBlioni qu' j a introdoito la at. laoge du piemonlaii . — Il paraît qu'il to était dêjii tioei du leD[ii de lu.
vaudoiu,i ce[[e que l'oa parlait aloradaDt nm moatignet ; Sono gui, litri lerlltï a bmik, uno de juali Isngo apprMJo di m» in liegua Valdeie, ojnr dir mtglia iDODlaguara. (tftmgn'e liloHehi diH' iiitrsd. dajf eratù Mtb ■Mtli, p. Ml.) C'est aujourd'hui daoi la DomuaMB de Bobi, de Pral tt II Sodorel, qu'so peut
par: nous y entrons^ signifie pauses y entrons, — P. 563, not. î: Frievols et devols,.. Ce dernier mot traduit par dévot, signifie déciles; le premier n'est pas traduit, il signifie frêles, languis^ sants: et il est difficile de concevoir le sens qu'eût pu lui donner le traducteur. — A la môme page, note 10 : Local es vermsy (il filul lire vernis) e lendenas epeolh ahrivol, (il faut lire abimnol),
— Ces rectifications ont été prises Sur le manuscrit original. La première partie de ce vers a été traduite ainsi : semence de vermine; il faut traduire: lequel est vernis, (brillant au dehors) ; le mot lendenas qu'on a traduit par lente, signifie Vintérieur; la fin du vers, qui n'est pas traduite, signifie poussière abothinable. Il est à remarquer que les passages qui auraient eu quelquefois le plus besoin d'éclaircissements , Sont ceux qu'on a laissés sans traduction. — Même page, note 1 3 : neyes, traduit pÉf même, signifie il y ena. — k la fin de ce vers se trouve le mot abastat; il n'est pas traduit et probablement n'était pas ocympris; il signifie à suffisance ; de là le mot italien abbastanza.
— A la page 564, note 1 : l( scurczis traduit par arrache, signifie s'obscurcit, — Mêtiie page, note 3:... ti colla e lo fia,,., traduit pat se colle et son côté,,, signifie lui coule, et son haleine.,, — P. 565, note 7 : chaczin, traduit par barque, doit se lire chamin et être traduit c^emm. (Chaczin dû reste, ne signifierait pas du tout une barque,) — Même page, note 9 : pereisere, traduit par périront; doit se lire pareisere et être traduit paraîtra, etc.
Je n'irai pas plus loin. J'en suis à peine à la moitié de la première pièce publiée par Hahn, [la BatHia : de la p. 560 à 570.) — Datlii les rares citations de livres vaudois,pour lesquelles M. Herzog n'a pu faire usage des traductions de Raynouard, on pourrait peut-être relever aussi quelques inexactitudes. Ainsi à la p. 8, 1V« citation : les mots cum trey de sostenguis, traduit par sicut très Deos sustines, signifient cUm tribus digittis sustines, — Cette citation est empruntée à la str. 16 du poème Lo Payre Eternal, — A la page 9, troisième citation, le mot ordenament trÂdcrit par eofnmode, serait peut-être plus régulièrement traduit par ordinale, régtdariter, — Page 10, citation première : sencjsa defalhiment, traduit par Hna iHtio, devrait l'être par :
aine inlertnimone. — Même page, dernier yen: al segltfire' sent, trafluit par hominibut ftty'us mundt, signiBerait Ultératonienl, ad seculum prtesailem. N'ayant pu comprendre la induction que M. Heriog donne à la page suivante, p. il, deU première citation qui s'y trouve, je me contenterai de faire observer que lo premier mot p«rçue, traduit psr na»j;devraiirétre par ul; et que le sens général du passage & trait à la régânËrallon. —A la page suivante, dernières citalions: De renoiWlar mt al présent tu t'affi-^za, traduit par in eo est ut reilaum me in presenli, signifie : Ad nunc me rcnovandum te ipsum depiimii. {S'affreeiar, onomatop^ propre a peindre le bruit des ailes d'un oiseau qui B'abat.) — Au vers suivant: que i/o non ritna^a en fecsa, traduit par ne remaneam rétro, doit plutôt àgoifler; ne morar in aeno. — Au vers suivant : de graciot iitamcnl, rendu approiimativemeot par pleine de yi-ùce, ipterta gralim) signiBerait lilléralRmenl : de gracieux maintien, etc.
En voilà aesex, je peuse, paur Taire comprendre (non à propos des ouvrages de MM. Hahn et Herzog, mais, en génâral), que des vues conleslables, ont pu être éraiseB sur ces livres vicDOis, fi tangue romane, que Eajnouard seul, et des haMlanls des valltes vaiidoises, ont pu tenter avec succès de traduire en entier. {Voir, dans l'£c/io des cutUes, T. I, n" !0, la trad. d'an andea poirae vandois, récemment découvert.)
Je crois donc pouvoir dire que : !■> L'idiome dans lequel wnt écrits les andens livres vaadois (du XII< au XIV° tiède), n'était pas la tangue vulgaire de la France, à cette époque (on pent s'en assurer en comparant avec ces livres, les écrits des troubadours contemporains : particuiièremeni ceux do Lyonnais, de la Provence et du Dauphiné. — La place me manque ici pour établir ce parallèle).
i° L'idiome des livres vaudois est nommé langue ronume primitive, par Hajnouard (T. Il), et lingua valdese, o per die megUo montagnera, par Rorengo (p. !0).
Où donc était parlée cette langne montagnarde î — Ll sans dout«,où nqus la trouvons encore en usage après h X1V« siècle. — Or, c'est d'elle que les Vaudois se servireat,
en 1530, pour écrire à OEcolampade (Perrin, p. 211) et à Bucer : (id., p. 213, et pour Toriginal, manuscrit de Dublin, clas. A. Tab. IV, no 13, p. 5). C'est dans cette langue quMls ont exposé aux Réformateurs leurs doctrines et leurs usages. (Même ma* nuscrit dont un passage est cité dans VIsraèl des Alpes, T. I , p. 22 de la note.) Cest encore dans cet idiome que sont rédigés les actes du Synode tenu à Angrogne , en 1532 : (même manuscrit de la p. 118 à p. 125, quoique le style de cette dernière prière reflète déjà plusieurs nuances d'italien.) Cest enfin du même idiome que se servaient les Yaudois des Alpes pour s'écrire les uns aux autres. (Voir Yépitre du Barba, Barthélémy Tertian^ dans Perrin, de la p. 73 à 78. — Ce Barba vivait en 1470, et son langage est encore la langue romane ^primitive, presque sans altération.)
4® En comparant le dialecte actuel des différentes parties de la vallée du Rhône, avec celui des vallées vaudoises , on voit que c'est également ce dernier qui offre le plus d'analogies avec Tanden roman.
5® Je crois pouvoir conclure de ces différentes considérations : 1® qoe, la Nobla leyczon, et les autres ouvrages écrits dans la même langue , appartiennent au peuple qui la parlait ; 2o que cet idiome, nommé langue romane primitive, par Raynouard/ et lingua valdese, par Rorengo, était réellement l'idiome des.^audois; 30 que les livres susdits sont dus, par conséquent, aux yaudois. — Voir au no VU , du chapitre suivant , les consftlé* rations de linguistique, relatives à la différence qui existait au XII* siècle, entre l'idiome des Alpes, et celui du Lyonn^s. '^
Manuscrits bid^fÈ^Ua V -^^
Gilles dit : « Ce peuple vaudois a ea des -pasteùlM^rt « "versés dans la connaissance des jàngues ^ Ap « sainte*t. et très laborieux»., spécialement jpoîfrfràil^cnVe; tant
« qa*ils poaTaient , lei livres de la sàinie E^çriphvrêf IMT IV « sage de leurs disciples.» (chap. I|, p. iQ, al. a.) — G^ei|^ que pourquoi les livres de la Bible, tradulu eri langue ropunai sont en plus nombreuses copies que nul antre onvi^ge oonsaffé dans nos manuscrits vaudois.
.1. BiBLB YAcnoisK DE Lton. {BtbliotJL du pf^loia d^ 4^1 no 60.) Ce manuscrit forme un Yolume petft in-4« sur véUn (parchemin) , renfermant les lY EyangileBY les Actes de9 Apôtres, l'Apocalypse, TEpltre de saint Jnqoes, oeUes da Pierre et de Jean, et enfin celles de saint PauL ^ Parmi ces ^|ecnî^ as trouve VépUre cfwe Loodicéem placée après C9II0 aux fiplogieni, et commençant ainsi : « Paulus , Apoçtols , no donieq ^ per « liomes, mais per Jedu-Xrist, als fres que ion a lan^^: a graczia a vos , et patz de Diu lo paire nostn ed ol ms^f « Jesu-Xrist » G*est une traduction du texte qoi oe ironie dans Fabricius; (Codioes Apocryphorum Novi Te^tem^i, Tl, p. 9ftM
&vb 0MV netrpbif xocl jcuptou ^/aûv Ïfi99ù X(H9T0&**», etc. (1).
Après Tépltre aux Hébreux, qui est la dernière, viennoit te benedicite et le Pater noster^ en latin ; puis ce passage : «r Ado- « rcmus patrem et iilium et spiritum sanctum ires vegadas^ « gracia domini nostri lyesu-Xrist, sit cum omnibus nobis. » Le volume est terminé par six feuillets de passages divers.
Je crois ce manuscrit Tun des plus anciens de tous les manuscrits vaudois : !<> par la forme des lettres qui ne se ressent pas encore du gothique ; 2o par le caractère du langage qui est beaucoup plus rapproché du latin; 30 par l'absence d'ornements ; 4« par la présence de l'épître aux Laodicéens.
II. Un autre manuscrit biblique, en langue romane est encore déposé à Lyon , maiç aux archives de la préfecture. — D'a-
(i) Cette épifte, dit U. E. Rensg, « n'existe qn'en latin. La traduetioo I grecque actuelle jbl été faite au seizième siècle; cependant il est jMrobablfl « qu'il y avait autrefois un original grec. » (Lettre du 9 juillet XW»)
près une lettre de Tarchiviste de cet établissement, ce manascrit aurait été apporté de Nimes à Lyon, il y a queijples années. C'est un petit in-4o écrit sur deux colonnes et plein d'abréviations. Il contient tout le Nouveau Testament, et se termine par un rituel occupant une dixaine de fepi|lets. — Je n'ai pas vu ce manuscrit.
III. Bible vaudoise de Grenoble. (Déposée à la Bibliothèque publique, sôus le n^ 488 du nouveau catal. et 8595 de Tancien.)
Ce manuscrit a 167 millimètres de hauteur, 123 de largeur et 51 d'épaisseur. La couverture est en bois, jadis recouvert de peau rouge, et retenue par deux fermoirs en laiton, dont l'un a disparu. Il est écrit en lettres gothiques (avec quelques ornenvffts à la plumC) et des capitales coloriées en rouge et en bleu), sur deux colonnes, sauf la première page. Tous les feuillets de ce manuscrit sont en parchemin , sauf les 30 derniers, qui sout 4e papier. Il comprend tous les livres du Nouveau Testament; plus 12 chap. des Proverbes; le livre de V Ecdésiaste ; 10 chap. de la Sapience; 15 chap. de V Ecclésiastique ^bX le Cantique des Cantiques. Tous ces livres de l'Ancien Testament sont placés après l'Apocalypse. Les versets ne sont marqués nulle part. Les divisions des chapitres ne correspondent pas toujours à celles de nos Bibles actuelles.
Chacun des livres du Nouveau Testament est précédé d'une petite préface, intitulée Prolic. Vt)ici les premières lignes du Pbolic sobre MAimo. « Abm Mathio bagues predica premiera- « ment en Judea, e volcnt.trapassar a las gencz, fo lo primer « loquai scris levangeli en hebraye..., etc.»
Sur les 30 feuillets de papier, qui terminent le volume , se. trouvent : 1» une liste de passages à lire et à méditer pour chaque dimanche et chaque fête de l'année ; 2© un chapitre intitulé de sanctis; 3o un petit.oommen taire sur les Jbéatitudeil (Math. V, 2-10), intitulé de la oyt berinyranczas scriptas cum breveta; 4» une paraphrase en tableau dél'oraisoii aonîiàicale| et enfin 5o un extrait du XXYIIe chap. du Uvre àes nombres terminant le «volume.
lY. Bible vaudoise db Dublin. (Biblioth. ^ collège de la
TrÏDiU olM|L Tïb. IT, n> IS : «r bibiiath. Usacrii.} Ce aanflscrit omHnttonné par Lelodg dans sa Biblîolheai eacra, T. 1, art. S nyaa \e titre de Bihle italienne. — lia beaucoup ie rap]iortâ avec ta Bible Taudoise de Grenoble, dont il n'est probablement (lu'ane copie : car il coatieat exactement les infmes livres qu'elle avec des préraces eu tête des Evangiles et des (pitres, pareilles aui prolia^ précédeminenl cités. .— Yoiid tes premiâres lignes de la préface A saint Uattbieu dans le manascrit de Dublin : Piologus eancti Jebou SECCNDira TuEim. a Cum Matthio agues premierament predica lavangeli n in Judea, valent trapaesar a las genE, écris premieranrait " layangeli en abraie..., etc. o — On voit qae ces deui eu plaires ne sont pas nécesEairement la reproduction l'un de Tarn La date de celui de Dublin eat indiquée à la Ha du livre l'Apocalypse, en ces termes : Deo gra'a 1513. — Toul le n nuscrit est de la même écriture: trës lisible; sur vélin, in-4°) bien conserva.
V. Bible vimoiSE de Zumca (Bibl. pabl. codex ms. N. T. Valdonhis C. 169). — LelonE a mentionné ce manuscrit en ces termes : <i Novam Tcdtamentum , lingua psdemoDtana VallEnei, " perBarbetum (un Bor^ou un Kai-^f) quemdara, seu minis- <r trum Vollefisem translatum, Codei, in-li; scriptus postaa- " num MC. u {Bibliotheca narra, T. I, p, 3GB-) Ce manuscrit est saf vélin. Je n'aitpas l'indication délajllâe des livns qa'ii renferme. LiwoW de Lelong semble ne mentionner que ceui du Nouveau Teslirfhent. Aucun de ces livres n'a d'introductitm ou de préface, comme ceux des manuscrits de Grenoble et de tiublinj- Voici les premit!% lignes de l'Evangile selon saint -Je^iipHIs l'exemplaire de Zuricb. « Lo filh era al comencsa- « ment, e lo filh era enapres D^ é Dio era lo lllb. Aiczo era
j,*ial co'^iiteiament entres Dio.^as cosasson failas per luy, * * '^i**>sa non e^^faita sencia luy. Cïo que fo fait en luï
- tf wâ|H!t,ifi(a vita era lucz de li orne. E la lucz Inczic en las o leffllltrai^ e laa ten'Aras non cumpreseron lej. » (Evang. selon saïpt JàaK'chap. I, verset 1-S.) *
VI. BiBLB VAUDOisB d'Aïx. ( Indiquée par Lelong, T. I, p. 869.) Renfermant les 4 Evangiles, les 7 Epitres canoniques, les 14 Epitres de saint Paul ; puis les Proverbes de Salomon, TEcclésiaste, le Cantique des cantiques; les dix premiers chap. du livre de la Sapience, et les 15 premiers de TEcclésiastique. — Le manuscrit de Grenoble n'a aussi que 10 cbtp. de la sapience et 15 de TEccIésiastique. — Lelong ajoute sur le manuscrit d'Aix : « Codex spissus in-4o, integer, ia que nihil deest, in membranis la quadringentis annis circiter exaratus; at versio antiquior, a sicut ad me scripsit dom. Tbomasin de Mazangue, dlius sec( natoris Aquensis, pênes quem extat boc exemplar : quod usui Yaidensibus fuisse, multis probari potest argumentis, etc.»
Bemerville de Saint-Quentin , a aussi décrit ce manuscrit, dans le recueil intitulé : Pièces fugitives d'histoire et de littérature, Paris, no4. Ile partie, p. 270. — Alexander Natalis en ps^rle également dans Vindice lièrorum deutero-canonicorum ueteri Testamenti, etc. Mais il parait croire que le codex, mentionné par Remerville, n'est pas le même que celui décrit par Lelong, d'après Tbomas de Mazaugue.
YII. Bible vaudoise de Paris f dite Bible des pauvres. Un beau vol. in-4'' magno vélin, de 37S feuillets, à deux colonnes, initiales bistoriées, or, azur et vermillon : ayant été coupées et enlevées presque partout ; relié en veau olive, h filets d'or, se trouve à la Bibliothèque nationale^ à Paris, sous le no 7268,2.s, Fonds de Colbert, no I6â6.
Ce manuscrit contient: \o laGEitÈSB*— â''rExoDE,qui commence au fol. 30. — 30 les Noit^BBs , av| fol. 52 ; le premier feuillet de ce livre a été enlevé. — 4® Dbutebonoiïe , au fol. 76. — 5« JosuÉ: fol. 97, — 60 Juges: 111.— 7oRuth: 125. — S» le»" Livre des Rois, dont un feuillet a été enlevé: 128.— 9° 2e Liv. Rois: 145. — lOo 3e Liv. Rois: 161. — llo 4^ Liv. Rois; 179.— 120 Tobie : 196. — 130 Judith : 201. — 14o Estheb: 209. —IS*» Job: 216. — 16° Les Psaumes: 232. Les initiales ont^ conser^ yées aux feuillets 232, 241, 248 et 252.— 17<> L'Evangile selon saint Matthieu: 270. — IS* Mabc: 290. — 19» Luo: 3M. rr- 200 Ev. seL saint Jean: 830. —2l« Actes des Apotbbs: 848.—
Jlo L'épltre de eaint Jacques ; 368. — 23" Les deux épltres de saint PiEBHK : 369. La dernière de ces ^pllres est inachevée; la tin du manuscrU a é\é lacérée ât manque complètement.
Voici comment U. Paaliu-Paris s'exprime à l'égard de ce manoBcrii : « Co volume précioui appartenait auparavant à Jucques-Auguste de Thon, dont ta signature se trouve Bur le premier reujilet conservé... Quant au texte, c'est le plus ancien que je connaisse de la traduction tiiiérale des livres E3.ials;(!ette copie remonte A. la première pnrtie du X1II° siècle... L'écriture, l'encre, le dialecte des notes marginales, tout en tait preuve.
a liais il est moins Biséde fixer ta date de ta traduction même. Pourquoi ne remonterait -elle pas au XII' siècle? — Serait-ce cette fameuse traduction faite parte lyonnais EtiennedeHansa, ou d'Ansa,^ la prière de Pierre Valdo, vers 1170; traduction qu'on appela Bible des pauvres, à. cause du uom que tes hérétiques vaudois affectaient? Nous n'en n'avons aucune preuve positive; mais il est à présumer que cette traduction françaiu des livres saints, entreprise pour la première fois, sous les auspices de Pierre Valdo, est la même qui fut censurée par Innocent m, vers l'année 1200, et dont ce paoiife ignorait ta source. Elle est signalée comme un livre de dangereuse lecture par un grand nombre d'écrivains du XIII' siècle, et l'on ne désigne aucun autre contemporain, aaleur d'nne tradoction analogue (1).> — •Je De doute pagiajoute-t-il plus l[dD(t), que le manuscrit T16S>.>. n'ait ét^ exécuté dans le diocèse de Reims on danaeelttl de Sens. »—o Pour reconnaître l'existence de traductions «nté- TieuresdelaBible,entangue vulgaire, dit-il encore (p. 190), il nous fondrait des preuves évidentes, et jusqu'ici nous n'en
Il fraiiaii de la biUolUqua rU rai, leur liiiloirc cl HlJc il« leita illemiadi , sagUii, baUindaii , iulicai , uptgDDls d> Il aime coIImUod; ptr A.|PirLin Fjiia, de l'ictdémîe royale dm imniplioni (t B^lu-Lellni [ coow rrileur-idjoinl de li bibliothèque du roi : Seclion du tmoutcriti. P«ii, Tedian, pUc* du Umrt U, 1S4S. — I. TII, p. ISS el IBI.
(9) M. Ib., p. iW.
avons pas.»— M. Le Roux de Lincy (i), a fait connaître plusieurs traductions partielles qu'il fait remonter au XII« siècle ; mais il convient que les manuscrits connus ne remontent qu'aa siècle suivant (p. 192.) — « Telle est la traduction àeslY livres des Rois , conservée dans la bibliothèque Mazarine, et dans la bibliothèque royale. Les Psaumes des n<x 1152 bis, 278 latin, et 7887 français; V Apocalypse, no 7013, etc. {Ut supra,)
Des échantillons de ces divers manuscrits donneront une idée précise delà langue qui se parlait, en France, du XII« au XIII* siècle.
Premier ééhantWoti : tiré du Psinme XIII t^dixit intipUm in
eordê tuo, etc.
Tiré du MSC 7988 K >. Tiré do MSG. 6818. >
feuiUet S84. feuillet... (S)