TOTALITÉ
inS TOHM
reçus.
(Ponds de collecte pi acés sur la banque) 3777
5806|00*:i 3400|00**n 3318 prélevés sur les impositions des Vaudois.
* Pour Vk écoles. — ** Collectes faites dans les temples. — *** Rentes particolières de l'hôpital. — Ces trois chiffres ne s<Mit qu'approximatifs.
(1) Bdit du 37 février 1816, enregistré au contrôle général du sénat, et à U eonr des comptes, le l«r de mars 1816.
exciter dans son esprit contre les habitants des Vallées, consentit à ce qu'ils reprissent leurs services religieux dans le temple de Saint-Jean , construit en 1807, et fermé en 1814 (1).
 cette époque aussi , fut fait un recensement général de la population vaudoise (2).
L'Europe s'était calmée; Napoléon, vaincu à Waterloo (3), se mourait à Sainte-Hélène (4), où il ajoutait à sa gloire bruyante Faustère dignité de l'exil.
Le progrès social , momentanément suspendu par ces grandes secousses , avait repris sa marche lente mais assurée. '
Les actes d'oppression devinrent plus rares, les lois plus régulières; le règne, jusque-là inégal, d'une civilisation qui semblait encore se chercher, acquit plus de calme à mesure qu'elle prit plus d'extension.
(1) Cette autorisation fut accordée, à condition qu'une muraille serait élevée de'vant le temple, pour en couvrir la vue. On consentit à ce que le mur fût remplacé par une cloison en planches; et celle-ci étant tombée en ruines, on se contenta d'un simple tambour intérieur, masquant la porte d'entrée de l'édifice.
(2) Le 6 février 1816. — En voici les résultats : — catholiques : 4075; protestants 16973 ; population totale : 21050. — D'après un tableau publié par VEcho des Vallées, le 3 mai 1849, la population protestante était à cette époque dernière de 20650.
(3) Le 18 juin 1815.
(4) Il expira le 4 mai 1821.
Peut-être aussi les lumières, en se disséminant, perdaient-elles de leur profondeur. Dans tous les cas, le niveau social se préparait une surface plus uniforme.
Les Vaudois ne prirent aucune part aux événements politiques de 4821, qui amenèrent l'abdication de Victor-Emmanuel IV, en faveur de son frère, Charles Félix ; mais ils adressèrent au nouveau roi une députation de convenance, qui ne fut pas reçue. Il tint à faire connaître la cause de cette sévérité. « Dites-leur, s'écria-t-il , qu'il ne leur manque que d'être catholiques (1). »
C'était leur reconnaître beaucoup de qualités.
Mais le mouvement populaire de 1821 avait re* porté le pouvoir vers la répression. Les protestants domiciliés à Pignerol reçurent l'ordre d'en déloger dans les vingt-quatre heures (2) et ce ne fut que par faveur qu'ils obtinrent d'y demeurer (3). On s'op-
(1) Monastier, T. Il, p. 209. — Ces paroles rappellent un mot de Louis XIV à Lesdiguières : — o Si lu n'étais pas huguenot , je te ferais maréchal de • Franee. — Sire, il suffit que vous m'en jugiez digne. » — La noble délicateste de cette réponse n'a pas besoin de commentaire et ne pourrait ■uUe part être rappelée plus à propos qu'ici.
(3) BiaT, / wUdesi^ p. 265.
3) Sur les représentations des ambassadeurs de Prusse et d'Angleterre.
posait à ce qii^ils eussent une école h tûirin (1); et si l'un d'entre isux venait à mourir hors des Vallées ▼audoises, ses héritiers devaient payer 800 ffâné^ pour soustraire leurs restes aux profanations d'Unb sépulture de voirie, et acqtlérir le droit de les transporter datis un cimetière cloi^ (S).
En i828y une circulaire confidentielle fut adressée aux notaires des provinces de Saïdces et dé PÎgiiëlfâlv afin d'empêcher qu'ils reçussent aucuh acte qui Attrait pour objet de faire pasëer à un Yaudois dei pcd^ priétés situées en dehors des ahcienuiBS limites (3).
On apporta aussi plus de sévérité dans l'intéHtt<>tion des tnariages mixtes (4) , où contractéis à dés degrés trop rapprochés (S).
Les canons du papisme prenaient la haute main; le passé avait momentanément reconquis l'avenir.
(1) BiET, ValdeH p. 324.
(2) Id. p. 326.
(3) Cette circulaire est du 26 noTembre 1828. — Un arrêt de la chambre des comptes , du 26 juillet 1837 , reproduisit cette défense. ~ La cir^ calaire du 16 d'août 1837 en fit part aux notaires.
(4) Le'ttres du eommandant de Pig^nerol du 6 février et du 90 man iSSS. — Rapport du gouverneur de Pignerol sur ce sujet en 1848, etc.
(5) Circulaire du pré{i|i de Pigoerol au modérateur et aux minlttres dt l'Eglise vaudoise, pour leur interdire de bénir des mariages entre eoaaÎBS germains. (Ce dernier terme manque de précision.) — La pièce est du 19 juUlet 1835.
£n 1833 on défendit, sous peine de deux à cinq ans de prison, d'introduire en Piémont des livres , des gravures, ou quoi que ce fût, de contraire aux principes de la religion catholique, de la morale ou de la monarchie (1).
Puis le gouverneur de Pignerol reçut des instructions secrètes, afin qu1l surveillât les tendances trop libérales de quelques habitants des Vallées (2).
Mais ce gouverneur était alors un illustre écrivain (3), dont les pensées généreuses servirent mieux le gouvernement , que ne l'eussent fait d'excessives rigueurs.
Ayant fait venir auprès de lui les personnes qui lui
(1) Cette défense est du 20 mai 1833.
(9) Cm instructions sont du 12 novembre 1834. — On trouve dans d'autres instructions datées du 17 janvier 1835 : « Je dois vous parler à cette « oecasi<m d'un ouvrage historique sur les Yaudois, qui vient d'être publié
• à Paris.... On y a observé, entre autres choses, une tendance très mar- « qnée à faire servir le christianisme d'instrument à cette chimère de la
• perfectibilité politique des hommes, etc.... > — Cet ouvrage fut mis à l'index , et l'auteur obligé de s'expatrier. — Par ordonnance royale du 16 aoât 1840, il put rentrer pendant trois mois dans sa patrie ; plus tard la proscription qui pesait sur lui fut tout à fait levée ; et enfin l'autorintioa de compulser les archives d'Etat, pour l'histoire qu'il avait entreprise, lai fut accordée comme par une sorte de compensation pour les préeédentes rigueurs.
(3) Âtberlo NoUa : écrivain dramatique distingué. — liC roi de Prusse lui aeeorda la décoration de l'Aigle, pour la manière impartiale et humaine doot il avait administré les Yaudois. (Biar, Valdesi, p. 269, note 2.)
étaient particalièremeDt déffignées, ii s'attactia d'abord à les convaincre de l'intérêt qa*fl leur portait, et ne leur présenta qu'à ce titre les cônséib qui lui avaient été Suggérés par Une sollicitude moins bienveillante.
L'extension de l'influence des Tandois, ou mteoe de leurs possessions, paraissait surtoiit préocbbper leurs adversaires (i). De nombreuses tentatives de t)rosélytisme furent alors exercées (ï).
(i) Céttit lortout l'iifloeBee de la BibU,qielei Vtndoip porUifMt «m eux, qui était redoutée. En 1896, an eoToi de BiblM étant Tenn et CSenère à la destination des yallées TauiJbises, le goaTwnraaenl piéwMitrii le les laissa parvenir aux pasteurs qu'à condition qu'on éçriimit anr oliaqie Tolnme : défendu de donner, de vendre ou de prélor aux èaihoUfwêi. (Le Magaein méthoditlef pour l'année 1833, p. 23. ) •— Voir aussi Bbet , Fe^ dm, p. 380.
(S) Parmi les personnes enlevées, ou induites à quitter leurs parente pour se retirer dans un établissement catholique, se trouvait , en 1841, une jeune fille aveugle, dernière descendante du grand Amawl. — t Les plus t grands avantages sont offerts à un Yaudois qui change de religion ; et si t UD catholique romain se fait protestant, il est condamné à one prison t perpétuelle.
• Tout journal religieux qui, d'un pays étranger, serait adreseé 1 on
• Yaudois, est retenu à la poste.
• Le Yaudois qui serait couTaincu d'avoir prêté sa Bible à on eatlMK
• lique romain, serait puni de la prison. » {Arehif>e8 du chrietianitme, T. K, seconde série, p. 45.) — Yoir aussi But, Valdeti, p. S35 et S93.
A la même époque, une bulle pontificale, approuvée par ordomanae royale, autorisa rétablissement d'une mission permanente dans les Vallées.
• La bulle porte que cet établissement sera composé ai» moine de hait religieux, ayant un supérieur et uu économe, avec une prébende de 16,000 fr. par année. Leur vocation sera d'être prédicateurs missionnaires, partoat
En 4841, une intimation particulière fut adressée aux protestants qui possédaient des biens hors des anciennes limites, pour qu'ils eussent à s'en défaire dans un temps déterminé (i).
Les intéressés adressèrent une requête au gouvernement; et par une décision du sénat de Turin, ils forent autorisés à conserver ceux de ces biens qui avaient été acquis avant le 17 avril 1831 , époque ob Charles- Albert était monté sur le trône.
Une nouvelle requête fut présentée , au nom des propriétaires que la dépossession atteignait encore; is représentaient que les anciennes limites étaient devenues trop étroites, par l'accroissement de la population , et demandaient à conserver les biens acquis au delà. Mais on n'eut point égard à cette demande,
où ils en seront requis par les évêques , et surtout parmi les protestants des Vallées. » (Lettres des Tallées Taudoises : du 18 novembre 1848.) Cet établissement fut mis sous l'invocatioa de Saint-Maurice et Lazare. Il prit le nom de Prieuré de la sacrée religion , et fut construit aux port^ de La Tour, c Durant la construction de ce couvent et de sa vaste église, le
• peaple des Vallées , inquiet, soucieux , ne pouvait penser sans émotion
• aux intentions qu'elle annonçait. » (Monastier, ï. II, p* 315.) ->- Jusques id néanmoins, les religieux qui y résident ont fait preuve de beaucoup de réserve et de tolérance. — La dédicace de cet édifice eut lieu le 33 septembre 1844. — J'en parlerai plus loin , à cause des circonstances rassurrantes qui se produisirent alors pour les Vandois et du caractère tout diffirent qu'en reçut cette cérémonie.
(1) Deux ans pour les terres d'une étendue de deux journaux , quatre ans poor les <JkHnaines plus vastes.
et le ministre de Tintérieur maintint la décision du sénat (1). ^
La Table vaudoise réclama, et obtint alors, Tauto- î risation de dresser une statistique spéciale de la population des Vallées, pour montrer qu'dle était restreinte en des limites insuflBsantes. Sur ses représentations motivées , les propriétaires des biens acquis eo dehors de ces limiteâ, depuis 1831, furent autorisés individuellement à les conserver, mais à la suite d'une demande et d'une permission particulières (2).
Depuis lors, les voies sages et libérales, dans lesquelles s'avançait le gouvernement de Charles-Albert, toujours au niveau des progrès de la civilisation et des besoins de son peuple, firent disparaître sans se-
(1) La requête est da 10 janTÎer 184S , et la réponse du S3 féTrier. — On fit, à cette époque, aux Yaudois des propositions d'émigration , qu'ils n'acceptèrent pas. (Birt, Yaldeiif p. 396, 297.) — Et le gouTernement luiinèiM donna des instructions secrètes à ses agents , au sujet des mariages mixtes et des acquisitions des Yaudois, pour qu'ils fussent laissés en paix malgré les sollicitations contraires du parti catholique. {Echo dêt Vatteet, deuxième année, p. 143, citation du livre de M. Bert.)
(3) Ces différents adoucissements furent dus en grande partie aux représentations du gouvernement britannique à la cour de Turin. — Lord Aberdeen, entre autres, s'intéressa vivement aux Yaudois. (Voir Report of th» Vaudoit eommittee year 1843, et l'imprimé chez Murray en 1845, p. 16, al. 3.) — Sir Allen s'employa aussi beaucoup en leur faveur. (Bbet, Fs/desi , p. 361.)
ces vestiges, de plus en plus déplacés^ d'un is avenir.
aux vues généreuses et persévérantes de cet monarque, que son règne dut, plus tard, de * être cité comme exemple à Tappui de cette
vérité : à savoir, que les réformes prévien- 5 révolutions.