‹ L'Italie antique (origines et croyances)Chapitre 23 sur 51 · JANUS · texte numérisé non relu

JANUS

seul je t'ouvre un accès vers le dieu que tu cherches.

— Mais pourquoi, lors de tes kalendes,échanget-on des souhaits et des propos joyeux } — S'appuyant sur le bâton que tient sa main droite : « Tout commencement, dit-il, renferme un présage. C'est la première parole qu'il faut écouter ; c'est le premier oiseau que consulte l'augure. — Et pourquoi cette palme, ces figues ridées, ce miel blanc offert dans un vase blanc '^ — Pour la même raison ; c'est un présage heureux que la douceur du miel et des fruits. — J'ai compris, mais quel besoin d'y joindre des pièces de monnaie ) -- Kh ! quoi, dit Janusen riant, connais-tu si mal ton siècle ? Crois-tu l'argent moins doux que le miel > A grand'peine, sous le règne de Saturne, voyais-je un homme à qui le gain ne fût doux ! En ce tempslà pourtant on couchait sur la dure, le consul quittait sa charrue pour dicter des lois. On ne pouvait posséder sans crime une lame d'argent. Mais avec la fortune s'est accrue la rage d'amasser. Plus on a, plus on veut. Plus le malade a bu, plus il veut boire. Et tu me demandes si une pièce de monnaie est un auspice bienvenu > J'étais content jadis de vieux as que Ton offrait : aujourd'hui un métal plus riche a remplacé l'antique airain ; l'or est d'un meilleurprésage. Nous autres dieux, bien que nous approuvions les vieux us, nous nous trouvons bien tout de même en des temples dorés. Un peu de majesté ne messied pas aux dieux. Soyons de notre temps ; la vieille mode est louable sans doute, mais la nouvelle a du bon )).

« D'un ton soumis, je repris : (( Mon instruction est déjà fort avancée ; qu'est-ce, maintenant, que ce navire au revers de cette monnaie, et celte tête sur l'autre côté ^ — Dans la tête, tu aurais reconnu mon double profil si le frottement n'avait effacé le contour ; reste le bateau, c'est la nef du dieu portefaux. Saturne, chassé du ciel, avait lonj^tenips erré par le monde quand il débarqua sur les rives

du fleuve toscan. Je le reçus alors, et la postérité reconnaissante, en souvenir de l'hôte divin, grava un vaisseau sur ma monnaie. La contrée prit le nom de Saturnia, et encore de Latium, parce quelle avait caché un dieu. Oui, oui, j'habitais déjà les bords que rasent les eaux calmes du Tibre sablonneux. Là, où est maintenant Rome, verdoyait une forêt que la hache n'avait pas touchée ; la merveille du monde nourrissait quelques bœufs. J'avais pour citadelle une colline qui a gardé mon nom, le Janicule. Je régnais alors. Dans ce tempslà, la terre nous était hospitalière, les dieux vivaient parmi les hommes. Point de châtiments, alors ; la justice n'avait rien à dire à des justes ; l'estime de soi-même et non pas la crainte, tel était le seul guide des peuples ; de la guerre, je n'avais nul souci, veillant sur la paix et sur les portes ; et, montrant sa clé, voilà, dit-il, mes armes ! — Eh ! bien, maintenant, pourquoi te cacher pendant la paix, et ne paraître qu'au signal des combats > — Afin que le retour soit libre au peuple parti pour les combats, ma porte demeure ouverte largement, a la paix, je la ferme, pour que la guerre n'en puisse plus sortir. Il dit, et relevant la tête, de ses deux visages il regarda le monde partout pacifié. » (La frontière du Rhin venait alors d'être franchie et conquise par Germanicus).

Bien que notablement abrégé, ce dialogue piquant et clair nous offre, ce semble, une assez fidèle image, un peu rajeunie, un peu affinée sans doute, du vénérable Janus, qui n*a vraiment qu'un tort, c'est de se croire plus ancien que Saturne ; il est vrai que ses souvenirs sont ici un peu confus, et qu'il s'attribue autant de part qu'au dieu portefaux dans les vagues délices et les vertus faciles de l'Age d'or, véritable temps d'anarchie où l'homme obscur vivait à sa guise et de peu, prenant ce qu'il pouvait, jusqu'au jour où il était pillé et massacré par le fort, temps d'innocence où le crime était

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Le culte de Diane était iraillems inimmm à ln\iM les Ausoniens. Déesse sabinc, iraiin'"» N'iiimii, rlli^ était également invoiiuée, rhc/. Iv, Aiii iim ••.. ,t deux lieues de ('apoiic, sur Ir. inmii Tiiiil.!. nii s'élève aujourd'hui réf^lisc. Sau Aiij^rliMJi I'ihmim ■. Dans toute la région int':Mii'''liMiM\ «,ii Li mImhi • chez les Mcrniqucs, dan'i ]ty. l,or. .-m i<' , 'l'AnuKMf et de Corne, lieu céléhrc pai !;« 1.' .nii' '1* '■-.> . > "» nouillers et de ses hôtics, '.].'■/ I' '. l'i'i' ., 'I' im» m Tusculum, sur les pcnt':-. \.t,\ .*': . '\' lA Ijm'I* '/lu. le plus ccléhre ^\*:, ■/•/. '-.;irr.*'j;rif ' J.U\.* • * i*--ih' n>' t,i dar. ^ !e =t^:;M;r pr:rfj.f:f':': . I,:r; . ','.; A.-.» i..f mt

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du Heuve toscan. Je le reçus alors, et la postérité reconûaissanie, en souvenir de l'hôte divin, grava un vaisseau sur ma monnaie. La contrée prit le nom de Saturnia, et encore de Laiium, parce qu elle avait caché un dieu. Oui, oui, j'habitais déjà les bords que rasent les eaux calmes du Tibre sablonneux. Là, où est maintenant Rome, verdoyait une forêt que la hache n'avait pas touchée ; la merveille du monde nourrissait quelques bœufs. J'avais pour citadelle une colline qui a gardé mon nom, le Janicule* Je régnais alors. Dans ce tempslà, la terre nous était hospitalière, les dieux vivaient parmi les hommes. Point de châtiments, alors ; la justice n'avait rien à dire à des justes ; l'estime de soi-même et non pas la crainte, tel était le seul guide des peuples ; de la guerre, je n'avais nul souci, veillant sur la paix et sur les portes ; et, montrant sa clé, voilà, dit il, mes armes î —Eh l bien, maintenant, pourquoi te cacher pendant la paix, et ne paraître qu'au signal des combats > — Afin que le retour soit libre au peuple parti pour les combats, ma porte demeure ouverte largement, â la paix, je la ferme, pour que la guerre n'eu puisse plus sortir. 11 dit, et relevant la tête, de ses deux visages il regarda le monde partout pacifié. » (La frontière du Rhin venait alors d'être franchie et conquise par Germanicus).

Bien que nolablement abrégé* ce dialogue piquant et clair nous offre, ce semble, une assez fidèle image, un peu rajeunie, un peu aHmée sans doute, du vénérable Janus, qui n'a vraiment qu'un tort» c'est de se croire plus ancien que Saturne ; il est vrai que ses souvenirs sont ici un peu confus, et qu'il s'attribue autant de part qu'au dieu portefaux dans les vagues délices et les vertus faciles de l'Age d'or, véritable temps d*anarchie où Fliomme obscur vivait à sa guise et de peu, prenant ce qu*il pouvait, jusqu'au jour où il était pillé et massacré par le fort, temps d'innocence où le crime était

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