I. Cfr. Edouard Payen, Régltmtntation du travail
2B6 Chapitre xiv
sabilité individuelle, Tamour-propre du bon ouvrier, l'ardeur à bien faire, toutes ces qualités sont appelées à s'émousser.
Le législateur met Touvrier sous une tutelle de plus en plus étroite au moment même où il prétend avoir fait pour son instruction et son indépendance intellectuelle et morale les sacrifices les plus larges et les plus heureux. Il y a ici une contradiction flagrante qui est une condamnation de l'une et l'autre prétentions.
Pour notre compte, nous sommes convaincus qu'avec les moyens dont disposent maintenant les ouvriers pour s'éclairer et pour- faire triompher leurs réclamations, l'intervention de la loi est inutile et ne peut que paralyser l'essor industriel et commercial.
Les conclusions de M. Payen contre la tendance à la réglementation outrancière du travail que démontrent depuis quelques années les pouvoirs publics en France, peuvent fort bien s'appliquer à l'Italie oii la mauvaise besogne aurait encore de plus déplorables conséquences.
La nation sera ainsi amenée à recueillir les fruits abondants de son énergie et de sa vaillance. Elle a prouvé en ces derniers cinquante ans qu'elle avait les enthousiasmes sympathiques de la jeunesse qui a confiance en son avenir. Tout porte à croire qu'elle n'est pas exposée à de cruelles désillusions.
Le peuple, qui, après avoir fait son unité politique, ne s'est pas contenté de ^conquérir son indépendance économique, mais a voulu à l'occasion de la guerre de Tripolitaine affirmer son unité morale, est digne de notre plus sincère admiration. Il a le droit de demander à la sœur latine aînée, qu'il aime même quand il la boude, de lui tendre loyalement la main pour marcher avec elle, de pair, dans le large chemin de la paix et du progrè'3, où il y a de la place pour tous, et où la France a toujours prouvé qu'elle voulait aller de l'avant, sans jalousie, sans méfiance envers les peuples qui veulent comme elle le triomphe de la cause latine.
Table des Matières
Avant-propos v
Bibliographie x
Chapitre premier. — Un peu d'histoire économique de ritalie moderne. — La crise douanière de 1887. — L'essor industrieL — Initiatives et capitaux allemands.
— L'ouvrier italien. — Les conditions actuelles de l'industrie jugées par les Italiens. — La raréfaction de l'argent. — Psychologie de l'industriel italien .... i
Chapitre II. — La sériciculture. — Le plus grand marché de cocons de l'Italie. — Ce que représente la soie pour l'Italie. — La décadence de la sériciculture. — L'espoir d'un réveil de l'Italie méridionale. — Une visite à la station séricicole de Padoue. — Ascoli et l'industrie du grainage 29
Chapitre III. — La soie. — Une visite à la Condition de Milan. — Une filature moderne en Lombardie. — Les progrès d'uneindustrie qui ne prospère pas. — L'industrie du moulinage. — Côme et la soierie italienne. 52
Chapitre IV. — Le coton et la laine. — Brillant et rapide développement de l'industrie cotonnière en Italie. — Les causes de cet essor et celles de la crise actuelle. — ■' L'Institut cotonnier. — La laine. — Bielle et ses vallées.
— Le commerce des laines. — La filature et le tissage. -jS
Chapitre V. — Ni fer ni houille, — La création d'une industrie artificielle, — Les progrès de la sidérurgie italienne.— Le trust sidérurgique et la crise. — L'industrie mécanique italienne. — Une visiteaux aciéries deTerni. 97
Chapitre VI. — L'automobile. — Les débuts et le développement de la nouvelle industrie. — La F. LA. T. — Les services publics automobiles en Italie. — La S. P. A.
— Les industries auxiliaires. — Les pneumatiques. — Pirelli et Michelin. — Bibendum et la solution de la question ouvrière 114