CHAPITRE XXII
d'une forme mortelle (i). Chez tous les peuples de Ja langue osque , le dieu cruel qui préside aux combats étoit adoré sous le nom de Mamers (a) , dont les Romains firent depuis Marors ou Mars. Ce fut probablement de chez les Sabins que Numa transporta dans Rome les chastes rites de Vesta (5), ceux de Neriene, déesse de la force (4) , de la prévoyante Vacuna (5) , de
( I ) Sabini eilam rcgem suumprimum Sancum , sive, ui aîiqui appellant, sanctum, retulerunt in deos, August. de CwiL Dei , XVIII , ig.
(2) Varro, L, L, IV; 10. Festus^in Mamers,
(3) Varro. /. c. Ovid. Fast. Ni , a6o et seq. Le culte symbolique de Vesta , qui reprësdntoit le feu ou la terre , passa pour avoir été emprunté d'Albe, après que les poètes l'eurent confondu avec les fables troyenues. V. Lips. de Vesta , c. 2.
(4) Nerio , swe Nerienes Sabinum verbum est} eoque significaturvirtusetfortitudo, Gell. XIII, aa; c'est ce
, qui fit que Neriene fut toujours donnée pour compagne à Mars. Gn. Gell. Annal. III ^ et Licinius Imbrex in fab. Neœra, ap, Gell. /. c. exlibris sacerdotum. P. R. Plaut. Trucul. 2, 6, 34; Martian. Gapell. I, 3.
(5) Vacuna apud Sabinos plurimum colitur. Vêtus interpres Horat. I, Ep. la, 49« Ovide {Fasi. VI, 307) parle du culte antique de cette déesse, diversement appelée Diane , Cérës , Vénus, ou la Victoire. Varron croyoit qu'elle étoit Minerve , ( I Rer, Diy, ). Le bois sacré de cette déesse, et son temple appelé, pour sa grande vétusté,
Larunda(i)^ de Matuta (i), de Feronia (3)> de Minerve (4) et de beaucoup d'autres divinités bienfaisantes (5). Les Osques saluoient Jupiter, le père du jour, sous le nom de Lucetius (6),
par Horace , F'acunœ putrefanum , étoient situés dans rintérieur du pays , près deRieti(Plîa. III, 12).
(1) Varr. L, L, IV, 10 in fin.
(2) Mairem Maiutam antiqui ob bonitatem appella-' bant, Paul. in Ep,'Fesii.
(3) Yarro, /. c. La déesse Féronîe, honorée chez les Étrusques et chez les Voisques , avoît un temple célèbre commun aux Sabîns et aux Latins (Dionys. III , 32). Féronie , déesse de la Liberté , selon Yarron ( ap, Senr. YIII, 564), devint la protectrice des affranchis ( Lir. XXII , I ; Serv. I , c. ) : d'autres la confondoîent avec Proserpine , et dans les Gloses dlsidore elle est appelée Dca agrorum.
(4) Minetva à Sabinis. Yarr. L, L, IV, lo,
(5) Des divinités et des rites des Sabîns furent certainement transportés à Rome des son origine , et par le ministère de Titus Tatius (Tacit. I, 54)* Les expiations s*appeloient Februa d'un mot sabin. Yarro , L. L. Y, 3 ; Ovid. Fast, II, 16-26; Censorin. 2. T. Tatius, selon Denys , éleva des temples et des autels au Soleil , à la Lune , à Rhéa , à Vesta , et à d'autres dieux dont on ne sauroit aisément transporter les noms dans la langue grecque : Kéù IbJiêiç S-têlç #» ;^«Affro i^ttirtTf E'A^t Ji yXi^T^ii rm Ô0/t«r«» II , 5o.
(6) Sanè lingua Osca Lucetius est Jupiter die tus, à luce quam prœslare dicitur hominibus, Ipse est nos-tra lingua Diespiter , id est diei pater. Serv. IX , 670.
GHAPITEB XXII. 4?
célébré au même ûtre dans les vers des Saliens ( i ) • Jupiter^ surnommé Anxur (a), Marica, pro^ tectrice de Minturne (3) ^ Delventius , défendeur du Cassin (4) j le dieu Vulturnus (5) , rap^ pellent d'autres divinités propices des Voisques et des peuples voisins. Véjovis (6) étoit adoré de presque tous les anciens Latins , et entre autres spécialement révéré à Préneste ^ sous le titre
(i) Macrob» S ai, I, i5.
(2) Jupiter^ Anxurus , adore sous la forme de Jupiter 'en€Bint(Sery. VU, 799,61 vêtus in terp. Horat. Sat.Wy 1 ). Anxur étoit le nom Yolsque de la Tille qui par la suite fut appelée Terradne.
(3) Marica, njmpfaedu Latium , dont parlent avec un respect particulier Virgile 1 Horace , Lucain, Martial, Claudien, etc. j recevoit un culte spécial chez les Min-* tumiens , aux environs du fleuve Liris. Sur le temple et le bois sacré qui étoient dans cette Ttlle en grande vénération y vojee Strab. Y, p. 161 • Cest par imitation des fables grecques qu'on la disoit être la même que Vénus , ou la magicienne Circé. Serv. VIT , 47* I^ctant. DiV* Jnstii. I y 21.
(4) TertulL m jipohg* 24* . (5) Varr. X. L. VI , 3. La déesse Pelina étoit honorée par les Frentanes et d'autres peuples voisins^ comme le témoignent les inscriptions ( Murât. Cl. f , p. 449 5 Cl. V, p. 367 ). S. Pelino est aujourd'hui le grand patron des Péligniens. ^
(6) Gell. Y , 12; Orid. Fasi, III , 437-438.
émment de Jupiter empereur (i). Les Rutules^ leurs voisins (2), et les Gabiens avoient une vénération particulière pour Junon (3) , et un mois de l'année fut consacré à cette déesse par les peuples de Laurente , d' Aricie ^ de Lanuvium , de Tivoli et de Préneste (4). Les Albains, les Anciens, les Tusculans, les Laurentios, les FalLsques, les Sabins, les Eques, les Herniques » les Peligniens, consacrèrent également un mois au dieu Mars (5) ; et ils furent depuis imités par les Romains^ qui lui firent ouvrir Tannée. Une lance fixée en terre fut l'emblème de Mars , le dieu des forts , selon un rite très ancien dès Sabins (6). La Junon Salvatrice, de Lanuvium ,
(1) Liv. VI, 209.
(2) Virg. VII, 419; Plîn. XXXV, 10.
(3) Virg. VII, 682; Sil. XII , 53^ Le» restes da fameux temple de Junon ont été découverts parmi les ruines de Gabies. Voy. Visconti, Monum. Gabini,
(4) Ovid. FasL VI , 59-63.
(5) Ovid. Fast, III , 85-ioo ; Varr. ap. Gensorin. 22 : Martium mensem à Marte nominalum , quod gens la^ iina hellicosa.
(6) Plutarch. in Romul. Clem. Alex. Protrepticon , p. 44* -ZVam et ab origine rerum pro diis immortalibus hastascoluere, Justin. XLIII, 3. Par allusion à cet ancien rite, chaque général romain, partant pour l'armée, devoit , dans je sanctuaire de Mars , agiter la lance du