CHAPITRE XXII
comme ceux du Mont-Sorate (i), de Sinuessa et de Pouzxoles (a) , regardés comme desgoufires i nfernaux , fouroissoient partout des explications extraordinaires aux pieuses fourberies des inter* prêtes y toujours empressés de propager et de maintenir chez les peuples un sentiment quelconque de terreur , le principal soutien de toutes les superstitions. Ainsi la nature entière prit un caractère vénérable et sacré ; etdans lemondephysique combiné avec le monde religieux , chaque objet se trouvoit enchaîné à une succession graduelle de divinités» depuis la simple Hamadryade * jusqu'au tout-puissant arbitre du tonnerre.
L'usage où furent les Romains d'accueillir dans leur cité naissante la plupart des dieux adorés chez les peuples leurs voisins» a jeté beaucoup de lumière sur l'antique mythologie du Latium. Le fond du système théologique étoit partout le même ; mais chaque peuple eut des
(1) PHn. II , 93 ; Serv. XI , 785 ; Conf. Varr. ap. Plin. XXI 9 2 ; Senec. Quœst. nat. VI , a8.
(2) On peut croire que la mofette de Pouzzoles est celle même de la Ceimeuse grotte du Chien , près le lac d'Agnano. Mais chacun sait que l'Italie est pleine de semblables mofettes, d'exhalaisons marécageuses, et de sources chaudes, dont les plus notables sont celles de Yiterbe , du mont Ceryoli dans le Yolterran , et de Latera dans le duché de Castro.
divinités domestiques et locales ^ dont le culte étolt borné comme le territoire sur lequel se répandoient leurs bienfaits (i). Parmi elles, Maiusy dans l'étroite circonscription de Tusculum, étoit regardé comme légal de Jupiter (a). Toutes les autres cités révéroient, comme Préneste , des dieux protecteurs du pays (3) , Visidianus dans Fenceinte de Narni, Valentia à Otricolî (4), Virbius à AricJe (5). C'est ainsi que les Sabins , si* connus par leur caractère religieux, vénéroîent dans Sabus ou Sancus un de leurs dieux les plus anciens qui , tel que THercule (6) des Grecs, avoit d'abord été revêtu
( I ) Dît enim lopici , id est locales, ad(dias regiones nuFUfuam iranseunt. Serv. YII, 47%
(2) Macrob. Sat. I, 12.
(3) Dii indigetes, Serv. VU , 678.
(4) Tertull. in jipolog. 24'
(5) Virbius , héros indigène , que les fables postérieures changent en Hippoljte , avoit un culte particn^ lier dans le temple de Diane oii d'autres fables des plus étranges introduisirent certains rites barbares de la Scjthie. (Virg. VII, 761-778; Ovid. Met. XV, 542 te^i. -, Pausan.II, 27* Add. Gapmartin àe Ch^rxjfj ^ maison de camp, dt Horace , T. II, pag. 117 seq. )
(6) Varro. L. L. IV, 10; Sanctum à Saèina Ungua , ei Herculem à Grœca. Propert. IV , 10, in fin; Ovid, FasL VI, 213-217. Ce dieu avoit trois noms, Sancus, Fidius , et Sem« : nomina trinafero ; sic voluere Cure^