‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 160 sur 283 · CHAPITRE XXJI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXJI

étude que. de chercher a soulever le voile allégorique et mystique dont ils étoieut couverts* Tout le ciel, selon la croyance des Toscans, ëloit divisé en seize parties ou régions (i) , dont chacune renfermoit ses dieux propres , qui s'y trou voient rangés suivant leur grade. Tout nous démontre Tinfluence que dans ce pays les mœurs exercèrent sur les choses religieuses. Tant de dieux figurés sur des bulles d'or, des bracelets, des colliers richement ornés annoncent d'ailleurs une nation qui brilloit par son luxe, ainsi que par son opulence.

Néanmoins , si Von veut observer attentivement l'ensemble et les traits essentiels de notre ancienne mythologie , on lui trouvera ce carac-' tère d'austérité et de gravité qui distingua les premiers peuples de l'Italie. Leurs dieux, bien

tères exactement gravées dans Dempster, de Etrur. Reg, et in Mus. Kirker. Mais il est surtout à remarquer, pour l'histoire de la nation , que les noms de ces divinités étrus* ques ne ressemblent en rien à ceux des divinités de la Lydie si connues, comme ilf/f( Rhea ou Bellone ], Anaitis ( Diane ), etc.

(i) Cœhtm in XVI partes dis^iserunt Etrusci, Cicer. de Divin. Il, i8; Plin. II, 54* Cette division, qui appartenoit essentiellement à la science fulgurale , est rapportée par Martian Capella , qui établit sur ce modèle sa division du ciel , de nupU Philol, I , |5 , p. 57-64*

loin d être comme ceux de la Grèce ^ implacables dans leur courroux , souillés par robscénité , les yices et les forfaits , étoient doués de toutes les qualités bienfaisantes^ et appeloient les hommages par les vertus dont ils donnoient Texem* pie, et par leur bonté à Tégard des mortels (i). Us présidoieut à l'agriculture^ aux droits sacrés de la propriété , à la propagation des hommes , à l'union conjugale et à toutes les saintes lois de la véracité , de la justice et de l'honneur. Enfin ils étoient, sous mille formes et sous mille dénominations, les gardiens et les protecteurs de la félicité des États ; et véritablement on ne pourront citer jusqu'ici aucune production des arts chez les Toscans , qui ait mis sous les yeux quelqu'une de ces représentations mythologiques lascives , qui , chez les Grecs, soigneux de consacrer les faiblesses de leurs divinités , exercèrent si librement la main des artistes et l'imagination des poètes au préjudice certain de la morale et des mœurs ; car il n'est que trop vain

(i) Denys d'Haï icarnasse fat forcé d« reconnoltre cette différence caractéristique entre la mythologie des peuples d'Italie et cell^ des Grecs; maïs, en sabtil interprète, il supposa que Bomulus avoit laissé la partie repréhensible et obscène de la mythologie grecque , pour ne prendre que ce qu'elle renfermoit de plus religieux et de plus saint. Il, 18-19.

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