CHAPITRE XXIII. li
1er dans notre âme leur triste souvenir. Ainsi nous ne sommes pas même humains ^ tandis que nous nous vantons d être sensibles.
La manière la plus ancienne étoit d'ensevelir les morts loin des habitations ; l'on entouroit le cadavre de larges pierres plates ou de grandes briques , ou bien on le plaçoit dans un cercueil. Ce ne fut que plus tard que fut adoptée la méthode plus honorable de brûler les corps et d'en recueillir les cendres dans des vases ou de petites urnes quadrangulaires , que l'on renfermoit soigneusement dans des chambres taillées dans le roc vif, et quelquefois avec des ornements d'architecture, de peinture et de bas-reliefs travaillés avec élégance (i). Le nom du mort , celui de sa
Itilie qu'en Grèce. Dionys. V, 17; Conf. Cicer. de Legi^ bus , Il , 24.
(1) Voy. les Tombeaux de Tarquinie, PI. LI, LU, LUI , et la figure d'autres tombeaux de famflle, dans le Mus. étr. Tom. m, PI. i-io ; dans Dempster, Tom. Il Pl.LXXXII ; voyez aussi , sur nos Monuments , le plan et rélévation d'un hypogée découvert à Chiusi en i8i8, PI. LXI. On trouve un grand nombre de tombeaux creusés dans le roc, de forme et de construction différentes , dans le voisinage de Viterbe , à Falazi et àCiviU- Castellana. Les plus remarquables sont ceux qui se voient à Gastel-d'Asso , disUnt d'environ six milles de Viterbe. Voy. Bibliotheca italiana , Tom. VI, p^g. 260. —Voy. Éclaircissements 9 n. VIII.
Il6 PREMIÈRE PARTIE.
mère , de son père , avec leur âge , s'inscriyoieat communëmeDt sur les monuments funëraires( i ) ; et ces monuments , différant entre eux selon les temps et la condition des personnes , nous donnent f par leur simplicité ou leur magnificence , une juste idée des progrès du luxe et de rinégalité des £Drtunes. Quelle distance d'un simple vase de terre cuite aux grands et prodigieux sépulcres de Tarquinie (2) !
Les Étrusques (3) , les Ombriens (4) f commençoient leur jour civil à la sixième heure , c'est-à-dire à midi ^ tandis que c étoit du milieu de la nuit que le commençoient les Romains. Ces derniers empruntèrent des Étrusques la division du mois , et d après eux appelèrent ides le jour qui le partage en deux portions ; cette dénomination étoit aussi usitée chez les Sabins (5). Le défaut d'unité politique, chez les Italiens , occasionna dans les premiers temps la grande di-
(1) Voy.Pl.XXXïII,XLIII.
(2) Les riches mettoient certainement beaucoup de luxe , de parfums et d'aromates dans les embaumements ; ce dont j'ai pu m'assurer par la qualité des cendres observée dans quelques sépulcres de Tarquinie.
(3) Serv. VI , 535.
(4) Varro, ^p. Macrob. Sai, 1 , 3 ; et GcU. III , a; Plin. II , 77 j Censorin. 23.
(5) Varro , Z*. L. V, 4; Macrob. S ne. f, 1 5.