CHAPITRE xxin. ii
s'en servoit pour accroître la gaité de leurs orgies (i). Ainsi les temps de la mollesse et du luxe sontf souvent aussi les temps de la corruption la plus raiSinée , vérité humiliante , que Ton répète toujours inutilement à des hommes dont les vices sont étayés par lescharmes de l'habitude .
Au milieu de cette dépravation tardive , mais générale des mœurs ^ on ne peut néanmoins qu'approuver les soins religieux que l'on mettbit à rendre les derniers devoirs aux morts.' Un monument sépulcral, du meilleur style toscan, exprime, dans une série de trente-sept petites figures , le ièle affectueux avec lequel les moribonds étoient assistés par leurs parents et par leurs amis (2) . Une femme languissante est étendue sur son lit; plusieurs femmes sont à son coté, Tune d'entre elles lui présente un petit enfant comme pour en recevoir le dernier baiser j
(1) Liv. IX, 4^^ > Strab. V, p. 178; Nie. Damaâc. ap, Athen. IV, i3; Silius fait ainsi (XI, 5i-54) le tableau d*azi festin de Capoue :
Quin etiant exhilanro Tnrù conpwia code Mas olim , et miseere epulis spectacula dira Cerumtumferro ; sœpe et super ipsa cadenntm Poéuîa, respersis non parco sanguine mensis.
(2) Cippe sépulcral ches le comte Staffa à Pérouse. \oj.Mtts. étr. Tom. III, in fin. PL ao-211. On trouve, PI. a3 , un autre monument semblable.
Il4 PREMIÈRE PARTIE.
ua esclave soutient la tête de la mourante pour Taider dans cette triste fonction. Au pied du lit se tient un personnage qu'à sa toge on pourroit prendre pour un prêtre. Trois assistants portent le lituuSj instrument religieux propre aux augures et aux aruspices (i). Plusieurs des assistants s'arrachent les cheveux en »gne de chagrin et de désespoir ; à Tentour on voit des hommes et des femmes qui se regardent les uns les autres avec l'expression de la plus vive douleur , et qui s'apprêtent à célébrer un sacrifice. Quelle scène fut jamais plus attendrissante ? On trouve éparses, en Toscane et dans toute l'Italie^ une quantité d'urnes et de vases cinéraires^ qui tous démontrent la touchante sollicitude avec laquelle on assistoit les derniers moments de la vie , et le respect religieux qu'on apportoit a la célébration des obsèques» Nos pères regardoient comme un devoir sacré ce qui n'est plus pour nous qu'une froide cérémonie. Remplis de vénération pour les défunts ) ils lesaccompagnoient en exprimant leurs pieux regrets , ils les honoroient de leurs ofirandes ; ils récitoient leurs louanges (2), et nous, nous les fuyons, nous évitons avec soin les lieux qui pourroient réveil-
(i) Bulenger. de Sortib, I, 7.
(2) L'usage des discours funèbres é toit plus ancien en